Économie – Social

RETOUR SUR INFO : Neopost continue de relocaliser sa production au Lude

Par Julien Jean, France Bleu Maine vendredi 15 janvier 2016 à 13:38

Fin 2014, Neopost annonçait son intention de rapatrier dans son usine du Lude une partie de son activité, délocalisée en Malaisie quelques années auparavant. Pari gagné. Huit emplois ont été créés sur le site sarthois où devrait être relocalisée prochainement une seconde chaine de production.

C'est une belle histoire qui pourrait inspirer de nombreux chefs d'entreprises ayant fait le choix de délocaliser leur production dans des pays où la main d’œuvre est à bas coût. Il y a un peu plus d'un an, fin 2014, Neopost annonçait son intention de rapatrier dans son usine du Lude une partie de son activité, qui avait été transférée début 2000 en Malaisie. Cette démarche à contre-courant du numéro 2 mondial des machines à affranchir est aujourd'hui un succès. L'OMMF, la machine haut de gamme de Neopost, est à nouveau un produit "made in France"

Que ce soit au niveau des coûts ou de qualité, le challenge a été relevé. C'est une réussite !

Philippe Jan, le directeur industriel de Neopost arbore un large sourire : "Les résultats qualitatifs sont encourageants, les volumes de production sont au rendez-vous et en terme de coût produit, on atteint quasiment les objectifs qu'on s'était fixés. C'est bien". Le pari était pourtant osé "il fallait qu'on soit au moins au même prix que ce qu'on faisait en Malaisie et ça n'était pas gagné d'avance". Bref, pas de compromis sur la rentabilité. C'est pourquoi tout a été analysé et calculé avant de lancer l'opération, rappelle Philippe Jan : "On avait peu de doutes sur la faisabilité technique de ce projet mais l'analyse économique était néanmoins indispensable pour le valider". Coûts de transport, disponibilité des fournisseurs, masse salariale, productivité, achats des matières premières et bien d'autres éléments ont été soigneusement comparés. Car l'enjeu est essentiel sur ce difficile marché des machines à affranchir. Le volume des courriers postaux étant en baisse de 5% par an, la concurrence est féroce et chaque euro compte. "Notre chiffre d'affaires est stable, environ 30 millions d'euros par an mais on doit être inventif au niveau production".        

Philippe Jan, le directeur industriel de Neopost et l'OMMF, machine à affranchir - Aucun(e)
Philippe Jan, le directeur industriel de Neopost et l'OMMF, machine à affranchir

Huit emplois créés en 2015

Une fois le feu vert obtenu, tous les salariés se sont alors mobilisés. Des dirigeants aux ouvriers, des ingénieurs de la Recherche et Développement aux commerciaux, sans oublier les cadres du l'équipe achats ou les opérateurs du service expédition, "chacun s'est impliqué pour mener à bien ce projet. Un travail d'équipe formidable qui a été la clé de ce succès" souligne Philippe Jan. Et le résultat est là : huit personnes ont été embauchées en 2015 sur le site ludois qui compte actuellement 259 salariés. "Ça c'est la vraie récompense" se félicite une ouvrière. Nathalie ne la contredira pas. A 47 ans, après avoir "pas mal galéré", elle a rejoint Neopost en intérim fin 2014 avant de signer son CDI en juillet dernier. "_Au départ, j'étais coiffeuse. Puis j'ai fait des ménages, de l'entretien, des petits boulots"  entrecoupés de périodes de chômage."Mais là, j'ai gagné_" comme elle dit en rigolant  "et j'espère bien rester jusqu'à la retraite. Je suis contente... très contente".

Depuis la fermeture de Candia, c'est difficile sur Le Lude. Alors on fait notre maximum pour que ça marche dans notre usine.

Au delà des murs de l'entreprise, cette relocalisation a été importante pour toute la ville du Lude et ses commerçants. Depuis la fermeture définitive de Candia en juin 2014, le bassin d'emploi est sinistré. "On a subi un traumatisme avec Candia donc c'est pour ça qu'on fait tout ce qu'on peut pour garder nos usines" explique Nathalie. "Rien n'est jamais acquis. Je crois que tout le monde ici est de mon avis et on fait notre maximum pour que ça marche !". Et ça marche. Depuis le retour de la chaine de production de l'OMFF, la direction de Neopost observe une plus grande implication des salariés. Les ouvriers s'appliquent et s'investissent dans l'usine qui produit près de 50 000 machines par an. "C'est normal. Quand on reçoit, on a envie de donner !".

Nathalie, l'une des 8 nouvelles salariés de Neopost - Radio France
Nathalie, l'une des 8 nouvelles salariés de Neopost © Radio France - Julien JEAN

Cette nouvelle dynamique est presque un "cadeau" pour Marie-Paule Fregona. Secrétaire du CE, elle travaille chez Neopost depuis 38 ans. "J'ai tout connu, les bons moments et les mauvais". Elle garde en mémoire la délocalisation et le plan social de 2004. "120 postes avaient été supprimés. Aujourd'hui, on a tourné la page mais à l'époque ça a été difficile...". Elle n'imaginait pas alors que la situation puisse s'inverser et que l'usine du Lude embauche à nouveau. "Mais on s'est battu pour maintenir l'activité. C'est aussi pour ça que les salariés tiennent beaucoup à leur entreprise".

    Une seconde relocalisation à l'étude

L'expérience ayant été concluante, Neopost envisage de relocaliser une seconde chaine de production sur son site ludois. "Il s'agit d'une balance dynamique d'une de nos machines à affranchir" annonce Philippe Jan. "On est en pleine phase d'analyse. La décision devrait être prise dans les prochains jours. On est vraiment dans la dernière ligne droite de ce transfert". Et si le projet aboutit, 5 à 6 personnes devraient être recrutées. La belle histoire continue.