Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Retour sur les initiatives solidaires deux mois après le violent épisode de grêle en Drôme Ardèche

-
Par , France Bleu Drôme Ardèche

L'orage de grêle du 15 juin dernier a ravagé de nombreuses récoltes dans la Drôme et en Ardèche. Cela a suscité un élan de solidarité, avec des initiatives qui ont plus ou moins marché.

Les impacts de la grêle sont visibles sur les fruits
Les impacts de la grêle sont visibles sur les fruits © Radio France - Stéphane Maggiolini

Drôme, France

Le 15 juin dernier, l'orage de grêle a ravagé de nombreuses cultures dans la Drôme et en Ardèche. Le montant des pertes est estimé à 70 millions d'euros pour les agriculteurs drômois et à 12 millions d'euros pour les ardéchois. 

Plusieurs initiatives ont été lancées pour venir en aide aux agriculteurs sinistrés. Des drômois ont crée un groupe sur Facebook "Solid Agri 26". Il comptait environ 2 200 membres quelques jours après l'orage. Deux mois plus tard, ils sont désormais près de 3 500, dont une trentaine d'exploitants. 

Plusieurs tonnes de fruits grêlés vendus 

L'objectif est de mettre en relation des producteurs sinistrés avec des consommateurs afin que ces derniers achètent les fruits grêlés. Les adresses des agriculteurs qui se sont manifestés figurent sur la page Facebook. 

Le groupe "Solid Agri 26" met en relation les agriculteurs sinistrés et les consommateurs  - Aucun(e)
Le groupe "Solid Agri 26" met en relation les agriculteurs sinistrés et les consommateurs - Capture écran

Une belle initiative pour le président du syndicat agricole, FDSEA de la Drôme, Grégory Charbon. "Mais cela ne compense malheureusement pas intégralement les pertes subies. Certains fruits étaient trop abîmés, ceux qui n'étaient pas mûrs étaient immangeables, ils ont directement pourri. Enfin, il fallait consommer rapidement les fruits sauvés"

Des permanences juridiques 

Alexandra et Laura ne travaillent pas dans le secteur agricole mais ces deux drômoises sont très investies dans le groupe "Solid Agri 26" depuis sa création. Alexandra est avocate fiscaliste. Elle a tenu, courant juillet, une permanence juridique à Châteauneuf-sur-Isère, pour aider les agriculteurs sinistrés dans leurs démarches. Une dizaine d'entre eux ont fait le déplacement. "Et j'ai reçu une dizaine de dossiers en plus. Nous allons en organiser une autre au mois de septembre".

Des stands éphémères 

Laura, conseillère de vente dans un magasin du centre-ville de Valence, est devenue la porte-parole de "Solid agri 26". Elle a contacté plusieurs magasins pour leur demander si des producteurs sinistrés pouvaient installer un stand éphémère dans le but de vendre leur production abîmée. "Le responsable du magasin "le day by day" à Valence m'a dit oui tout de suite. Pareil pour le magasin décathlon. Je ne pourrai pas vous donner de chiffres exacts mais plusieurs tonnes de fruits abîmés ont été vendus". 

"J'estime avoir évité le pire grâce à la solidarité des gens" 

Aurélien Esprit, arboriculteurs à Pont-de-l'Isère a lui aussi sollicité de grandes enseignes. "J'ai pu m'installer devant Boulanger, Leroy Merlin et Marques Avenue à Valence et Romans pour y vendre mes abricots touchés par la grêle. Les gens pouvaient me verser la somme qu'ils souhaitaient. Et généralement, ils payaient 10 euros pour une cagette de 8 kilos, c'est-à-dire le même prix que si je les avais vendus en gros. Les gens ont adoré cette opération pour éviter au maximum le gaspillage". Le jeune arboriculteur a pu écouler entre deux et trois tonnes d'abricots. C'est peu comparé à ses pertes qui s'élèvent à 60 tonnes. Mais il préfère voir le verre à moitié plein : "J'estime avoir évité le pire grâce à la solidarité des gens". 

Le groupe "Solid Agri 26" a été crée dans l'urgence à la fin du mois de juin pour venir en aide aux agriculteurs sinistrés mais les administrateurs souhaitent le faire durer, évoluer. "Nous voulons que les consommateurs prennent l'habitude d'acheter chez les producteurs près de chez eux, en limitant au maximum les intermédiaires et que cette initiative se propage au-delà de la Drôme Adèche", explique Laura. 

"Les gens étaient très mobilisés au début, puis ça s'est essoufflé" 

Il faut pour cela faire connaître ces producteurs. Alexandra et Laura organisent ce mardi et ce mercredi, des visites sur les exploitations sinistrées. Celles des agriculteurs membres du Groupe Facebook."Nous faisons des vidéos de présentation pour que les gens puissent voir qui est qui et puis découvrir ce qu'ils ont à côté de chez eux. Ils étaient très mobilisés au début, puis ça s'est essoufflé", souligne Alexandra. "Cela nous permettra de remettre du contenu sur la page Facebook". 

Les cagnottes ont plus ou moins bien fonctionné

Aurélien Esprit a aussi lancé une cagnotte sur le site Leetchi pour financer des filets anti-grêle. "Elle a très bien marché puisque j'ai récolté environ 6.000 euros mais sur un projet à plus de 280.000 euros soit 200.000 euros de ma poche si on enlève les subventions".

La chambre d'agriculture de la Drôme a aussi lancé une campagne de financement participatif " Second souffle / grêle 2019", sur le site mimosa.com. Mais elle n'a pas rencontré le même succès. Elle a recueilli environ 2.000 euros, à partager ensuite entre les sinistrés.
Selon son président, Jean-Pierre Royannez l'explication est simple : la cagnotte a été lancée trop tard. "L'orage a touché  l'Isère, la Savoie et l'Ardèche et la Drôme. Donc il y a eu une volonté de prendre en compte les quatre départements dans la collecte de fond. Il faut se mettre d'accord pour que ça puisse se mettre en route. Du coup elle a été lancée qu'à la fin juillet". 

La chambre d'agriculture de la Drôme a par ailleurs obtenu un don de 150.000 euros de la part d'entreprises. Le département verse 200.000 euros. "Nous allons relancer la semaine prochaine, les agglomérations et les entreprises qui nous ont fait des promesses" déclare Jean-Pierre Royannez. 

Nous allons cibler les agriculteurs qui ont le plus de besoins. C'est contreproductif de donner 50 euros à tous".

Une réunion sera ensuite organisée début septembre pour faire les comptes et répartir les sommes récoltées. "Nous allons cibler les agriculteurs qui ont le plus de besoins. C'est contreproductif de donner 50 euros à tous". 

Un questionnaire a été envoyé à près de 1.000 agriculteurs drômois installés dans la zone la plus touchée par la grêle, afin de déterminer leurs besoins.  

"Nous attendons toujours les mesures exceptionnelles promises"

Pour Grégory Chardon le président de la FDSEA de la Drôme on ne peut pas compter seulement sur cet élan de générosité. "Nous attendons toujours les mesures exceptionnelles promises par le ministre de l'agriculture Didier Guillaume, en juin. J'espère qu'il y aura des annonces fortes à la rentrée afin d'accompagner au mieux les agriculteurs qui sont dans une très grande détresse aujourd'hui"

D'autant plus que les agriculteurs ont dû faire face à un second orage le 7 juillet dernier. Celui-ci a engendré 30 millions d'euros de pertes agricoles. Cela revient à 100 millions d'euros, si on les comptabilise avec celles du 15 juin. Le chiffre d'affaires agricole de la Drôme s'élève à 780 millions d'euros.