Économie – Social

Retraites complémentaires : la CGT et FO quittent la négociation, accord de principe avec les autres syndicats

Par Julien Baldacchino et Thibaut Lehut, France Bleu vendredi 16 octobre 2015 à 11:24 Mis à jour le vendredi 16 octobre 2015 à 19:01

Les partenaires sociaux lors de la précédente négociation, en juin dernier
Les partenaires sociaux lors de la précédente négociation, en juin dernier © Maxppp

Ce vendredi, le Medef et les syndicats étaient réunis, pour la sixième fois depuis début 2015, pour tenter de limiter le déficit des régimes de retraite complémentaire. Si la CGT et FO ont refusé les propositions du Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont donné leur accord de principe.

"S'il n'y a pas d'accord, on continue de creuser et de puiser dans les réserves et on va à la catastrophe", selon Pascale Coton de la CFTC. La représentante syndicale fait partie des responsables qui s'étaient remis autour d'une table, ce vendredi pour la sixième fois depuis le début de l'année, pour tenter de trouver une solution à la crise qui touche les retraites complémentaires. Une nouvelle phase de négociations qui a en partie tourné court, puisque la CGT et FO ont décidé d'y mettre un terme en refusant les propositions émises par le patronat. La CFDT, la CFE-CGC et la CFTC ont de leur côté choisi d'examiner ces propositions, avant d'annoncer qu'elles avaient convenu d'un "accord de principe" avec le Medef.

Le patronat concède une hausse des cotisations

L'objectif de ce nouveau tour de négociations entre les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC) et le patronat (Medef, CGPME, UPA) était de trouver un accord sur la façon de renflouer les caisses, largement déficitaires, des régimes de retraites complémentaires des cadres, l'Agirc, et de l'ensemble des salariés du privé, l'Arrco. Car ces caisses, dont les déficits cumulés se sont creusés à 3 milliards d'euros en 2014, ont commencé à puiser sur leurs réserves. Et celles-ci seront épuisées, si rien n'est fait, dès 2017 pour l'Agirc et en 2027 pour l'Arrco.

Selon les informations du Figaro, le patronat a finalement accepté le principe d'une hausse de ses cotisations aux retraites complémentaires. Une avancée significative, alors que jusqu'à présent, les organisations de patrons plaidaient pour un report de l'âge de départ en retraite, "seule solution pour sauver l'avenir des deux régimes" selon Pierre Gattaz, le président du Medef.

Système de bonus-malus

Mais il reste un point d'achoppement entre syndicats et patronat : la contrepartie de ces hausses de cotisations. Le Medef souhaite la mise en place dès 2019 d'un système de bonus-malus. Un système qui inciterait les salariés à travailler plus longtemps pour aider le régime à se maintenir à l'équilibre. 

Concrètement, comment cela fonctionnerait-il ? Un salarié qui partirait à 62 ans, soit l'âge actuel du taux plein, verrait sa complémentaire amputée de 15% la première année, 12% la deuxième, et 10% la troisième. S'il continue à travailler jusqu'à 63 ans, ce malus serait annulé. Et inversement, plus il travaille longtemps, plus le bonus (sur la première année) : 10% de complémentaire en plus pour ceux qui travaillent un an de plus, 20% pour trois ans et 30% pour quatre ans.

Pas plus de 10% d'abattement pour les syndicats

Une proposition revue à la baisse par le Medef, qui préconisait auparavant un malus allant jusqu'à 25%. Il n'en était pas question pour les syndicats, qui jugent cet abattement "punitif au point d'empêcher les gens de partir", selon Jean-Louis Malys de la CFDT. Parmi les organisations présentes, la CFTC a revu ses propositions à la hausse, acceptant un abattement jusqu'à 10% pendant un ou deux ans, pas plus. 

La concession faite par le patronat ce matin laissait espérer une issue positive. Mais Philippe Pihet (FO) avait prévenu en arrivant au siège du Medef, en expliquant qu'il "n'est pas question de se précipiter sur un accord trop déséquilibré". Du côté de la CGT, les responsables syndicaux avaient, avant même d'entamer les négociations, assuré que rien ne pressait : "S'il n'y a pas d'accord on peut se retrouver d'ici à la fin de l'année ou en 2016. Il n'y a pas de couperet", avait expliqué Eric Aubin. En début de soirée, la CFE-CGC a annoncé de son côté qu'un accord de principe avait été convenu entre elle, le Medef, la CFDT et la CFTC. Accord dont les modalités n'ont pas encore été précisées.

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