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Économie - Social
Dossier : Mouvement de grève contre la réforme des retraites

Retraites : les syndicats se préparent à une semaine cruciale en Charente et Charente-Maritime

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Par , France Bleu La Rochelle

Diffusion de tracts, présence sur les marchés et les grandes surfaces... les syndicats n'ont pas chômé ce week-end dans les deux Charentes pour mobiliser en vue des manifestations de mardi. Dans les gares, c'est le calme plat : pas de trains et des voyageurs qui s'organisent.

Entourée de ses enfants, Cécile Baduel distribue des tracts sous une pluie battante, sur le marché Saint-Palais de Saintes. "Le but c'est d'établir un rapport de force qui dure."
Entourée de ses enfants, Cécile Baduel distribue des tracts sous une pluie battante, sur le marché Saint-Palais de Saintes. "Le but c'est d'établir un rapport de force qui dure." © Radio France - julien fleury

Saintes, France

Le mouvement contre la réforme des retraites va connaître une semaine cruciale. En attendant la présentation de ses pistes par le premier ministre mercredi, les syndicats CGT, FO, Solidaires et FSU appellent à une nouvelle journée de manifestations ce mardi. Alors qu'on a compté au moins 800.000 personnes dans les rues jeudi dernier, l'objectif est de faire encore mieux pour faire plier le gouvernement. Les syndicats ont donc passé le week-end à mobiliser : diffusion de tracts sur les marchés, dans les grandes surfaces... Exemple à Saintes.

Entourée de ses enfants sous une pluie battante, Cécile Baduel, enseignante et syndicaliste Force ouvrière, distribue des tracts sur le marché Saint-Palais de Saintes. Les vêtements trempés, mais le cœur au chaud : "Ce qui est encourageant, c'est que beaucoup de gens nous répondent qu'ils comptent déjà venir mardi."

"Unis, on peut faire reculer Macron"

Pas d'agressivité, c'est vrai, chez les visiteurs du marché, et même des encouragements, comme  Comme ceux d'Alain, retraité : "Macron est en train de nous supprimer tous les acquis. Mais si on est uni, je pense qu'on peut le faire reculer." Alain sera donc dans la rue ce mardi, lui qui a déjà participé la semaine dernière au cortège parisien : "ça réconforte, parce que quand on se voit aussi nombreux, on se dit que ça va peut-être bouger."

Une trentaine de militants se sont retrouvés dimanche matin au palais de justice. L'objectif est de s'y réunir chaque matin, tant que la réforme des retraites n'est pas abandonnée. - Radio France
Une trentaine de militants se sont retrouvés dimanche matin au palais de justice. L'objectif est de s'y réunir chaque matin, tant que la réforme des retraites n'est pas abandonnée. © Radio France - julien fleury

Faire plier le gouvernement, c'est aussi l'espoir de Michel Deshayes, cheminot retraité, et pilier de la CGT saintaise : "et même si le gouvernement retire sa réforme des retraites, il se pourrait que la grève se poursuive. Parce qu'il y a tellement de revendications qui se discutent dans les assemblées générales, qu'il est possible que le mouvement se poursuive bien au-delà."

"Une grève, ça coûte cher !"

En attendant, la grève se poursuit dans différents secteurs, à la SNCF, à l'Education nationale, ou chez les électriciens et gaziers.  Mais pas facile de faire grève sur la durée. Sur le marché Saint-Palais, Julien s'arrête quelques instants pour prendre un tract. Solidaire du mouvement :  "on en peut plus... on ne peut plus vivre. Tout augmente sauf les salaires."

Ce n'est pas pour autant que cet intérimaire pourra participer à la manifestation de mardi : "ça va dépendre de mes missions. J'ai absolument besoin de travailler en ce moment, parce que le chômage, ça paie pas, déplore Julien. C'est là-dessus que le gouvernement tient les gens : une grève, ça coûte cher !"

A Saintes, des gilets jaunes viennent prêter main-forte pour distribuer des tracts et mobiliser en vue des manifestations de mardi sur les retraites. - Radio France
A Saintes, des gilets jaunes viennent prêter main-forte pour distribuer des tracts et mobiliser en vue des manifestations de mardi sur les retraites. © Radio France - julien fleury

"Etablir un rapport de force qui dure"

Christelle et Denis en savent quelque chose. Déjà deux jours de grève la semaine dernière pour ce couple d'enseignants dans un collège saintais. Ils seront au travail ce lundi, pour mieux repartir dans le mouvement par la suite. "On s'organise avec l'ensemble des collègues, explique Christelle. Certains font grève en début de semaine, d'autres en fin de semaine. Et puis on fera des sacrifices." Denis précise : "quand on fait grève, on perd un trentième de son salaire. Et nous les enseignants, si on fait grève une heure, on perd la journée."

Pourtant il faut durer, encourage Cécile Baduel, enseignante saintaise et syndicaliste Force ouvrière : "Il faut établir des caisses de grève pour tenir financièrement. On sait très bien que ce n'est pas en un jour qu'on va gagner. Donc le but c'est d'établir un rapport de force qui dure pour faire céder le gouvernement."

"Mon train est supprimé, on ne m'a pas prévenue"

Le hall de la gare de La Rochelle, ce dimanche. Les portes pour accéder aux quais sont fermées et le lieu quasi désert, si ce n'est les voyageurs à la recherche d'une solution. - Radio France
Le hall de la gare de La Rochelle, ce dimanche. Les portes pour accéder aux quais sont fermées et le lieu quasi désert, si ce n'est les voyageurs à la recherche d'une solution. © Radio France - julien fleury

La grève sur les retraites est toujours très suivie à la SNCF. A La Rochelle, pratiquement aucun train depuis jeudi. Et un seul aller-retour en TGV pour la capitale, en tout et pour tout ce lundi. Marine débarque à la gare avec sa valise. Cette étudiante rochelaise suit ses études à Bordeaux et elle découvre que son train est annulé : "on ne m'a même pas prévenue. Je regarde à la borne depuis tout à l'heure, tous les trains sont supprimés. Là, je sais pas du tout comment faire" murmure cette étudiante paniquée.

Même galère pour Guillaume, jeune militaire : "j'étais censé retourner à Saint-Maixent-l'Ecole, mais du coup le train est annulé. Donc heureusement que j'ai une famille qui habite ici pour pouvoir m'emmener, parce qu'ils nous mettent un peu dans la merde !"

Le covoiturage en remplacement

Benoît lui avait anticipé. Cet osthéopathe se partage entre Paris et La Rochelle. Et pour rentrer à la capitale, il devait prendre un train en fin de soirée ce dimanche. Finalement ce sera le covoiturage. "Il n'y a pas de train. Donc je prends blablacar. Il faut toujours prévoir avec la SNCF de toutes façons. Je comprends qu'il faille rouspéter, je suis d'accord avec eux, mais c'est toujours les mêmes qui en pâtissent, donc c'est fatiguant."

Les panneaux d'affichage de la gare de LA rochelle sont entièrement vides en ce dimanche. A coté, sur un panneau, la liste des autocars de substitution qui rouleront le lendemain. - Radio France
Les panneaux d'affichage de la gare de LA rochelle sont entièrement vides en ce dimanche. A coté, sur un panneau, la liste des autocars de substitution qui rouleront le lendemain. © Radio France - julien fleury

Alain lui a encore un peu de temps pour réfléchir. Il est attendu à la Défense ce mardi pour un salon professionnel : "partir encore, c'est une chose, mais revenir c'est encore un questionnement. Pas de train. Pas de bus. Donc il reste la voiture. Suspense... C'est dur, on ne travaille pas tous dans le public. On n'a pas la sécurité du travail" peste Alain qui aurait préféré que les syndicats attendent les propositions du gouvernement sur les retraites pour manifester.

"J'aimerais passer mes oraux tranquillement"

Après un passage au guichet d'information de la gare, Marine, l'étudiante bordelaise a fini par trouver une solution : "je vais devoir prendre un autocar qui part à 6h04 ce lundi matin. J'aimerais bien passer mes oraux tranquillement, parce que je me suis entraînée depuis des semaines. Mais là, ça paraît plutôt compromis !" Et ce n'est pas fini. Certains cheminots se disent prêts à pousser la grève jusqu'à Noël s'il le faut.

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