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Dossier : La réforme des retraites

Retraites : pourquoi la grève continue malgré le retrait provisoire de l'âge pivot

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Malgré les annonces du Premier ministre, qui a retiré provisoirement samedi l'âge pivot du projet de loi de réforme sur les retraites, la grève se poursuit dans les transports, mais aussi dans certains services publics. On vous explique pourquoi.

Dans le métro parisien, les rares rames qui circulent sont encore prises d'assaut.
Dans le métro parisien, les rares rames qui circulent sont encore prises d'assaut. © AFP - Martin Bureau

Le retrait provisoire de l'âge pivot de la réforme des retraites, acté samedi, a ouvert la voie à des discussions entre le gouvernement et les syndicats dits "réformistes". Mais les syndicats "contestataires",  opposés à toute réforme, ne lâchent rien et appellent à poursuivre le mouvement. Certains corps de métiers comme les avocats ou les enseignants poursuivent également le mouvement, alors que les cheminots de la CFDT et de l'Unsa poursuivent aussi la grève, malgré les positions de leur direction.
Des journées de grève interprofessionnelles sont prévues ce mardi et mercredi, et jeudi, des manifestations sont prévues partout en France.

Parce que les revendications de certains métiers ne sont pas satisfaites 

La grève se poursuit aussi dans les secteurs où les professionnels s'inquiètent particulièrement des conséquences de la réforme sur leurs pensions : c'est le cas des enseignants, des avocats, ou encore des conducteurs de la SNCF. 

Les cheminots veulent conserver leurs pensions actuelles

Si l'Unsa ferroviaire, réformiste, a salué le retrait provisoire de l'âge pivot, son secrétaire général, Didier Mathis, a souligné ce lundi sur franceinfo que ses "revendications propres ne sont toujours pas abouties". "Nous demandons depuis quatre mois la même chose, c’est-à-dire que l'ensemble des cheminots à statut conservent le calcul sur les six derniers mois et ne soient pas intégrés dans la réforme du calcul par points", a-t-il dit. L'Unsa ferroviaire appelle donc à la poursuite du mouvement et espère "un geste fort du gouvernement". 

Les cheminots de la CFDT en veulent également plus. "C'est une belle victoire d'étape pour toute la CFDT, mais pour les cheminots, évidemment, ce n'est pas suffisant parce qu'il nous faut apporter des garanties sur les pensions, notamment sur le niveau des pensions", a déclaré ce lundi sur franceinfo Rémi Aufrère Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminot. Il souhaite que les minimums de pensions soient "identiques au régime actuel". La CFDT cheminots appelle donc ses agents à rester mobilisés ce mardi, jour d'une rencontre avec la direction de la SNCF, dans le cadre de ces négociations sur les retraites.

Les profs veulent des garanties sur leurs augmentations de salaire 

Ce lundi, les négociations se sont ouvertes au ministère de l'Éducation pour trouver un accord sur la revalorisation des salaires des enseignants. dans la soirée, le ministère leur a garanti une enveloppe de 500 millions d'euros pour des augmentations de salaires dès 2021. Le gouvernement avait, très tôt, reconnu qu'avec la réforme des retraites, les enseignants allaient voir leurs pensions diminuer en raison du changement du mode de calcul. L'exécutif a donc promis, en compensation, des revalorisations salariales. Les syndicats de profs ont appellé à se mobiliser mardi, mercredi et jeudi, alors que les négociations au ministère doivent durer toute la semaine.

Les avocats, toujours opposés au système par points, font reporter le procès Preynat

Les avocats, qui veulent conserver leur caisse autonome de retraite, poursuivent leur mouvement de grève partout en France. Ce lundi, ils ont notamment fait reporter de 24h le procès du père Preynat, dont l'ouverture est très attendue. Les représentants des avocats ont rencontré ce lundi la ministre de la Justice Nicole Belloubet et le secrétaire d'Etat chargé des Retraites Laurent Pietraszewski. À la sortie de cette réunion, la présidente du Conseil national des barreaux Christiane Féral-Schuhl, a déclaré n'avoir reçu "aucune nouvelle proposition", mais "senti que nos interlocuteurs étaient très préoccupés par la situation de crise". "Nous avons exigé que des garanties soient apportées sur l'autonomie de notre régime (...), pour que les avocats ne perdent pas un euro. Des propositions vont être formulées par écrit dans la semaine", a-t-elle précisé. De nombreux barreaux ont voté la reconduction de la grève pour une semaine.

Parce que les assemblées générales locales ne sont pas toujours d'accord avec la direction de leur syndicat 

Dans les transports, les fédérations de l'Unsa et de la CFDT sont parfois grévistes malgré l'appui de leurs centrales à la réforme à points. C'est le cas à la SNCF en raison de revendications sectorielles, comme on l'a vu plus haut.

Même scénario à la RATP : à l'Unsa, les agents de l'Unsa RATP ont reconduit ce lundi, lors de leur assemblée générale, la grève jusqu'à au moins jeudi. Le syndicat est majoritaire dans la régie des transports parisiens.

Parce que les syndicats contestataires veulent toujours le retrait total du projet

Les syndicats qui font partie de l'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse) réclament toujours, eux, le retrait total du projet de réforme de retraites par points. Ils appellent donc à poursuivre le mouvement avec des actions interprofessionnelles ce mardi, mercredi et jeudi, avec un appel à manifester partout en France ce jeudi 16 janvier, pour la sixième fois depuis le début du conflit le 5 décembre.

La fédération CGT des ports et des docks appelle à une nouvelle opération "ports morts" pendant 72h, à partir de mardi. La fédération appelle à "poursuivre le combat" pour obtenir le retrait du projet de réforme. Le syndicat appelle tous les travailleurs du secteur à un nouvel arrêt de travail de mardi à jeudi, mais aussi à l'installation de piquets de grève lundi et vendredi devant les directions des sept grands ports maritimes : Dunkerque, Le Havre, Rouen, Nantes-Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux et Marseille. "Pour une profession dont l'espérance de vie est écourtée de sept à huit ans par rapport à la moyenne nationale, travailler plus longtemps est inacceptable", a estimé Tony Hautbois, le secrétaire général du syndicat.

La CGT banque de France appelle, pour sa part, à bloquer les deux plus gros centres fiduciaires du pays, là où sont stockés et mis en circulation les billets. Il n'y a "aucun risque de pénurie" de billets à craindre, a assuré la Banque de France.

Parce que les syndicats sont prudents devant la concertation à venir

Avec la conférence sur le financement du système des retraites, les syndicats craignent aussi que le précédent de l'assurance chômage se répète. En septembre 2018,  le gouvernement avait demandé aux syndicats et au patronat de négocier les nouvelles règles de l'assurance chômage. Mais syndicats et organisations patronales n'ont pas réussi à se mettre d'accord. Le gouvernement a donc imposé ses règles, et mis en place une réforme des règles de l'assurance chômage décriée par tous les syndicats. 

Dans sa lettre aux syndicats adressée samedi, Édouard Philippe prévient qu'en cas d'échec de la conférence de financement, autrement dit si les partenaires sociaux n'arrivent pas à se mettre d'accord, il "prendra ses responsabilités", c'est-à-dire que l'État reprendra la main

Ce qui fait craindre le pire aux plus réfractaires à la réforme."En fixant des objectifs d'économie aux partenaires sociaux, il refait le coup de l'assurance chômage. Au final, c'est le gouvernement qui décidera, y compris par ordonnances, comme le stipule le courrier", a réagi la CGT samedi après le courrier envoyé par le Premier ministre. "Moi j'ai le sentiment qu'on est en train de nous refaire le mauvais scénario de l'assurance chômage", critique aussi le numéro un de FO, Yves Veyrier. 

De son côté, la CFDT a accepté de s'engager dans le processus. Mais "On nous fera pas deux fois le coup de l'assurance chômage", avait lancé le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger en décembre, alors qu'Édouard Philippe avait proposé de confier la gouvernance du futur système de retraites aux partenaires sociaux.

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