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Économie – Social

Revenu universel : "Le financement pourrait coûter de 80 à 400 milliards d'euros"

jeudi 2 mars 2017 à 13:11 Par Fany Boucaud et France Bleu Besançon, France Bleu Besançon

L’économiste Denis Clerc, fondateur et désormais conseiller de la rédaction de la revue "Alternatives Economiques" estime que le revenu universel est "une bonne idée", mais sera très difficile à mettre en place en France.

Le revenu universel (ou "de base") agite le débat présidentiel.
Le revenu universel (ou "de base") agite le débat présidentiel. © Maxppp - Jean-Luc Flémal

Besançon, France

A la course à la présidentielle, certaines mesures font débat comme le revenu universel. Denis Clerc, notre invité ce jeudi matin, revient sur cette proposition qui consiste à verser un revenu à tout le monde - certains élus disent à partir de 18 ans - d'autres toute la vie. "Il n'y aura donc plus de stigmatisations pour les personnes qui ont besoin d'une aide sociale." Actuellement, demander ou réclamer le RSA, les gens froncent les sourcils, ils disent que ce sont des feignants, assistanat etc... Là, il n'y aura plus d'assistanat puisque tout le monde l'aura."

Promesse de campagne ?

"Oui, c'est bien sûr un arguments de campagne, estime Denis Clerc, mais le plus difficile, c'est de le financer." L'économiste explique que si chaque français reçoit 100 euros par mois, de la naissance à la mort, ça fait 80 milliards d'euros. C'est deux fois le montant des allocations familiales et trois fois le montant des aides sociales. C'est bien plus que l'impôt sur le revenu.

Mais avec 100 euros par mois, on ne vit pas décemment. Si on verse 500 euros de la naissance à la mort, chaque mois à tous les Français, ça fera donc 400 milliards d'euros."

Alors le vrai problème pour l'économiste, ce sera donc le financement. "Est-ce que l'on va supprimer des domaines de la protection sociale" s'interroge-t-il, "l'assurance maladie ou l'assurance vieillesse? Est ce que l'on va ponctionner les retraites, mettre des impôts supplémentaires ?" Pour Denis Clerc, tant que l'on ne sait pas tout ça et bien on n'a pas vue le mauvais côté de la proposition.

Facile à mettre en place ?

Non répond l'économiste. Il explique que ça suppose une série de réformes extrêmement importantes. Mais Benoit Hamon et les élus qui proposent le revenu universel sont beaucoup plus prudents. Ils disent que ça se fera par étapes. Une première étape très modeste. Benoit Hamon propose d'abord le revenu universel aux jeunes entre 18 et 25 ans. "Tout simplement parce que ces jeunes là n'ont pas le droit au RSA" affirme Denis Clerc "et bon nombre sont dans de grandes difficultés. Donc on va en quelque sorte, expérimenter."

Expérimentation en Gironde

Avec la fondation Jean-Jaurès, une expérimentation est en train de se mettre en place sur le département de la Gironde. Comme ça se passe actuellement en Finlande. On tente l'expérience sur un nombre limité de personnes, tirées au sort. "Donc si ça marche, on l'étendra à un peu plus de personnes, pour un montant faible" confirme l'économiste "et puis ensuite, progressivement, on montrera les étapes au fur et à mesure que les possibilités financières le permettront."

Le cas de l'Alaska

L'Alaska consacre une partie de ses ressources pétrolières à indemniser les gens qui vivent sur le territoire depuis au moins cinq ans. C'est en moyenne l'équivalent de 150 euros par mois. Ça marche, selon Denis Clerc, mais parce qu'ils ont une ressource qui leur permette de le faire.

Ça marche en Alaska, car ce sont les revenus du pétrole qui permettent de le financer. Mais nous en France, on a pas de pétrole !"

Donc il n'est pas certain que les expérimentations, donc celle de la Gironde, puisse se réaliser selon l'économiste. "Mais on verra bien !" comme le dit Denis Clerc. C'est une idée intéressante, selon lui, qui suscite beaucoup d'attente mais dont on n'est pas sûr qu'elle soit viable.