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Économie – Social

Romans-sur-Isère, ville pionnière contre la pauvreté

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Par , France Bleu Drôme Ardèche

Romans-sur-Isère (Drôme) recevait lundi 22 octobre la visite du délégué interministériel Olivier Noblecourt, venu pour observer la mise en place réussie d'un dispositif de lutte contre la pauvreté des jeunes sur le territoire.

Olivier Noblecourt (à gauche) est venu féliciter Marie-Hélène Thoraval (au centre) pour son action
Olivier Noblecourt (à gauche) est venu féliciter Marie-Hélène Thoraval (au centre) pour son action © Radio France - Alexandre Berthaud

Romans-sur-Isère, France

Si la DAT (Dotation d'Action Territoriale) est un succès, Romans-sur-Isère pourra se vanter d'avoir été une ville pionnière. La ville drômoise a mis en place le dispositif en juillet et il commence déjà à porter ses fruits et faire des émules. La preuve, la visite du délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, Olivier Noblecourt, lundi 22 octobre. On vous présente la DAT en quelques questions.

Qu'est ce que la DAT ?

C'est un dispositif crée par la Fondation "Break Poverty", qui vise à faire financer à des entreprises des actions de lutte contre la pauvreté des jeunes sur un territoire. Il s'agit d'une allocation pouvant aller jusqu'à 2% du résultat net de l'entreprise, en sachant qu'elle bénéficie d'avantage fiscaux : l'entreprise profite d'une réduction en impôt de 60% du montant du don.

Pourquoi Romans-sur-Isère ?

La Fondation "Break Poverty" cherchait une ville pilote, Romans s'est portée volontaire par la voix de sa maire Marie-Hélène Thoraval. Elle a réuni 21 entreprises, 15 ont accepté de financer des projets, chacune choisissant lesquels elle voulait soutenir. La Fondation a aidé à coordonner l'action de la municipalité, des entreprises et des associations mettant en oeuvre les projets. 

Les chefs d'entreprise de Romans-sur-Isère ont donné leur retour d'expérience à Olivier Noblecourt - Radio France
Les chefs d'entreprise de Romans-sur-Isère ont donné leur retour d'expérience à Olivier Noblecourt © Radio France - Alexandre Berthaud

Qu'est ce qui est mis en place à Romans ?

Six projets, trois existants (en gras) et trois en cours de création, ont été retenus. Chaque entreprise en soutient un ou plusieurs. 

  • Les clubs « Coup de pouce »: Ce dispositif permet à des élèves de cours préparatoire qui rencontrent des difficultés de lecture et d’écriture, de bénéficier, ainsi que leur famille, d’un accompagnement sur mesure et gratuit. Grâce à la DAT, il va être étendu et bénéficier à quatre écoles supplémentaires. 
  • Le Lab’Elles : Ce dispositif permet d’accompagner des jeunes filles vivant dans un quartier prioritaire de la ville, afin de les intégrer dans des parcours de formation et d’insertion. La DAT va permettre d’augmenter le nombre de ces jeunes filles.
  • L’Epicerie sociale et pédagogique : cette structure, qui apporte une aide alimentaire ponctuelle, notamment à des familles monoparentales, en contrepartie d’un engagement dans un projet personnel, va elle aussi recevoir une aide substantielle pour développer ses activités.
  • La Digitale Académie : Ce dispositif s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le décrochage post-bac. Il s’agit de l’ouverture d’un « campus » permettant l’accès aux études supérieures à 30 jeunes qui ne peuvent pas aller à l’université. 
  • Les plombiers du numérique : Il s’agit-là de la création d’une école de formation aux métiers de la fibre, adaptée aux jeunes en situation de décrochage scolaire.
  • Proxité : Cette association organise le parrainage de jeunes en difficulté par des salariés d’entreprise afin de les aider dans leur scolarité et leur insertion professionnelle. Le parrainage d’une cinquantaine de jeunes est prévu dès la première année.

Pourquoi ça marche ?

C'était la question principale d'Olivier Noblecourt lors de sa visite : les chefs d'entreprises lui ont répondu plusieurs choses. D'abord ils ont été rassurés de voir que tout était bien géré, encadré par la Fondation, que leur investissement ne serait pas "gâché". Ensuite grâce à des rapports fréquents, ils peuvent suivre l'évolution des projets qu'ils soutiennent et donc mesurer leur action. Enfin ils ont souligné le rôle clé de la maire et de son dynamisme, savoir qu'ils étaient plusieurs dans le projet les a immédiatement rassuré.

Après quelques semaines, 220 000 euros ont déjà été récoltés. En prenant en compte la participation municipale près d'un million d'euros pourraient être levés sur trois ans, afin d'aider 1000 jeunes en difficulté.

Le modèle de Romans va-t-il être copié ?

C'est ce qu'espère Olivier Noblecourt : "essaimer" ce genre de projet pour lutter contre la pauvreté de manière locale. S'il est bien conscient qu'on ne peut pas imposer le modèle partout, il espère que l'exemple de Romans-sur-Isère fera des émules. "Ce qui est essentiel c'est que les élus locaux et les entreprises locales décident de travailler ensemble". Pour inciter les élus à prendre l'initiative, Olivier Noblecourt indique qu'en France quatre milliards d'euros seront investis sur les politiques publiques et locales dans les prochaines années.