Économie – Social

RSI : "Les critiques sont totalement injustifiées" vice-directeur de l'organisme

Par Régis Hervé et Tudi Crequer, France Bleu Breizh Izel lundi 23 février 2015 à 8:04

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RSI © RSI - RSI

Le RSI (Régime Social des Indépendants) cristallise le mécontentent de millions d'artisans, de commerçants et de professions libérales. Le RSI n'est pas adapté selon eux à l'activité réelle des entreprises et les taux de cotisation sont tels que beaucoup sont contraints de mettre la clé sous la porte. Le directeur adjoint du RSI Bretagne a répondu aux critiques ce lundi sur France Bleu Breizh Izel

Ce lundi matin sur France Bleu Breizh Izel : Philippe Lochet, le directeur adjoint du RSI Bretagne. 

RSI (Régime Social des Indépendants)  correspond à la Sécurité Sociale obligatoire de 3 millions d'artisans, de commerçants et de professions libérales. Mais depuis quelques mois, ces trois lettres sont synonymes de colère pour ces adhérents. Les cotisations sont jugées beaucoup trop élevées, les appels de charges injustifiés, dysfonctionnements, remboursements aléatoires, manque de transparence. Le RSI traverse une véritable crise de confiance : 

Régis Hervé, France Bleu Breizh Izel : M. Lochet, vous le savez les réunions d'informations pour savoir comment quiiter le RSI se mulitplie. A Brest, la première, a fait salle comble il y a un mois. Une autre est programmée à Pont l'Abbé le 9 mars. On sent beaucoup de détresse et de colère dans les témoignages. Est-ce que vous comprenez cette détresse ?

Philippe Lochet, vice directeur du RSI Bretagne : Oui, on peut la comprendre. Le RSI a effectivement connu des difficultés dans le cadre du recouvrement des cotisations mais elles sont désormais derrière nous. Le RSI est effectivement conscient des difficultés de tous ordres auxquels sont confrontées les chefs d'entreprises des TPE et des PME, mais pour autant notre régime il est stable. Il est stable parce-que les difficultés elles sont derrière nous. Les relations sont normalisées depuis 2013. Nous avons des analyses de la MECSS qui pointe qu’effectivement, en plein cœur de la crise en 2014, le RSI avait mis des dispositifs d'urgence qui ne sont plus en place aujourd'hui.

"Les difficultés sont derrière nous"

RH : Les parlementaires se sont aussi saisis du dossier. Il y a 15 jours, plus d'une centaine de députés de l'opposition a adressé un courrier au président de l'assemblée nationale et réclame une mission d'information pour dresser un état des lieux du RSI. Visiblement cela ne va pas mieux depuis quelques mois...

PL : Oui, j'ai bien noté la demande de mission d'information qui a été adressé au président de l'assemblée nationale. Moi je leur répond que la porte du RSI Bretagne est totalement ouverte. Ils pourront constater que le RSI est à l'écoute de ses assurés, ça se traduit par de nombreux délais de paiements pour les cotisants en difficultés. En Bretagne, ça représente 11.500 délais de paiements qui ont été accordé aux travailleurs indépendants pour 48 millions d'euros d'engagés. Au national, c'est 300 000 délais de paiements. Pour les cotisants en difficultés, nous venons en aide. Alors, il y a peut-être un manque d'information de notre part, mais 1238 travailleurs indépendants ont bénéficié d'une aide. Cette somme là représente 3 millions d'euros. Et puis il faut savoir qu'il y a un an, lors des inondations, 168 travailleurs indépendants ont bénéficié d'une aide immédiate.

RH : Est-ce que vous trouvez injustes les critiques qui vont sont adressées ?

PL : Ah, complètement. Elles sont injustes. On va pas se voiler la face, le RSI a connu réellement des difficultés mais elles sont derrière nous....

"Les critiques sont complètement injustes"

RH : Derrière nous, pas vraiment selon les chefs d'entreprise qu'on a entendu sur France Bleu Breizh Izel ce matin.

PL : Oui mais pour autant, et ça on le sait moins, le RSI est aussi force de propositions pour les travailleurs indépendants. Parce-que le RSI est quand même administré par des travailleurs indépendants, des commerçants, des artisans élus. Et le président du RSI Bretagne, Philippe Magrin, préside une commission qui propose aux pouvoirs publics des améliorations aux travailleurs indépendants. On peut noter que dans ce cadre, il y a une baisse de la cotisation minimale maladie qui est intervenu depuis trois ans. Elle est désormais à 1103 euros, soit une diminution de quasiment 600 euros.

RH : On ne va pas faire le détail des cotisations. Une question toute simpleM. Lochet. Est-ce qu’on peut quitter le RSI ?

PL : Non.

RH : Visiblement certains l’ont fait…

PL : Non, aucun M. Hervé. Aucun n’a quitté le RSI.

"Nous n'avon aucun désaffilié au RSI."

RH : Il y a aujourd’hui une polémique là-dessus. Vous avez une situation de monopole...

PL : Ah non, nous sommes un régime légal de sécurité social comme une caisse primaire d’assurance maladie, comme une caisse d’allocation familiale.

RH : Beaucoup de chefs d’entrepris nous ont pourtant affirmé qu’ils avaient quitté le RSI pour aller s’assurer en Grande Bretagne par exemple.

PL : Il y a des demandes de contestataires. Je les appelle des contestataires, des gens qui veulent effectivement quitter le RSI en général. Mais ils ne peuvent pas le faire. Aujourd’hui nous avons des demandes mais nous n’avons aucun désaffiliés au RSI Bretagne parce-que à tous ceux qui nous demande une désaffiliation, nous confirmons l’affiliation et nous leur ouvrons la porte devant les juridictions compétentes pour statuer au fond. Je préciserai quand même parce-que vous avez cité la réunion de Brest il y a un peu plus d’un mois...

RH : ...et celle de Pont l’Abbé dans quelques jours...

PL : Exactement. L’organisateur de Brest faisait écho qu’il payait moins de cotisations maladie qu’au RSI avec son contrat privé. Ça c’est totalement faux.