Économie – Social

Rungis : manifestation des salariés de LIDL

Par Virginie Pironon, France Bleu Paris jeudi 12 octobre 2017 à 17:30

100 à 150 personnes ont manifesté devant le bâtiment de Lidl à Rungis
100 à 150 personnes ont manifesté devant le bâtiment de Lidl à Rungis © Radio France - Virginie Pironon

Cadences infernales, pressions incessantes de la hiérarchie, travail dissimulé, la parole se libère parmi les employés de LIDL suite à l'enquête de l’émission Cash Investigation. Ce jeudi, entre 100 et 150 salariés environ ont manifesté leur colère devant le siège opérationnel du groupe.

« Lidl esclavage ! » ou « harcèlement, ça suffit ! ». Depuis la diffusion, fin septembre, du magazine de Cash Investigation sur France 2, les langues se délient chez Lidl.

A 24 ans, après 3 années passées dans l’entreprise comme caissière, Claire est en arrêt de travail pour dépression. Un matin, à force de cadences infernales, la jeune caissière fait une crise d’épilepsie. « Dès 7 heures, explique-t-elle, il fallait porter des charges lourdes, il fallait être speed, sinon on ne tient pas le rendement. Et vers 9h30, le magasin venait d’ouvrir, j’étais rouge écarlate, en nage, et je me suis effondrée par terre. »

Souvent, les salariés n’arrivent à pas terminer le travail dans le temps imparti, ce qui aboutit à des situations intenables. « Ou ils vont courir et speeder pour travailler vite et ils vont se faire mal, ou ils ‘débadgent’, et vont travailler gratuitement » explique Zoulikha, chef adjointe de magasin à Aubervilliers.

« Moins de pression et de meilleures conditions de travail, c’est tout ce qu’on demande, martèle Fatiah Iraki, responsable de magasin dans les Hauts-de-Seine et déléguée UNSA. Qu’ils arrêtent de mettre la pression sur les cadres, que les cadres arrêtent de nous mettre la pression à nous chefs de magasin, et que les chefs de magasin ne mettent plus de pression sur les caissières et les employés libre-service. C’est inadmissible.»

Après les révélations de Cash investigation, un comité d’entreprise extraordinaire doit avoir lieu jeudi 19 octobre. Les conditions de travail devraient être au centre des discussions.