Économie – Social

Saint-Etienne : la mairie et les restaurateurs veulent sauver les cinémas

Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire dimanche 31 janvier 2016 à 19:58

Les commerçants de Jean Jaurès veulent sauver l'Alhambra
Les commerçants de Jean Jaurès veulent sauver l'Alhambra © Radio France - Mathilde Montagnon

Depuis plusieurs mois le Camion rouge et l'Alhambra souffrent d'une baisse de la fréquentation. Aujourd'hui la crainte c'est qu'un des deux établissements ne ferme. La mairie de Saint-Étienne s'active en coulisses. Place Jean-Jaurès, certains restaurateurs réfléchissent à une reprise de l'Alhambra.

À la mairie, les élus se disent en colère, comme spectateurs d'un désastre annoncé. La bonne santé des cinémas en centre-ville fait partie de la politique d'attractivité que veut mener le maire. Des spectateurs à l'Alhambra, ce sont aussi des consommateurs, avant ou après le film, dans les cafés ou restaurants de la place Jean-Jaurès. Un rôle de locomotive pour le quartier. Même chose pour le Camion Rouge à Chavanelle. Et quand les salles obscures ne font pas le plein, les restaurateurs souffrent aussi, par ricochets.

Le problème pour la municipalité c'est que les cinémas appartiennent au privé et qu'elle a peu de prise sur ce qui s'y passe. Alors des rendez-vous sont prévus dans les prochains jours avec la gérante du Camion Rouge et de l'Alhambra mais également avec des représentants de Gaumont. La ville envisage aussi de contacter le CNC, le centre national du cinéma. Pour peser sur tous les leviers. Et ils ne sont pas nombreux. 

Certains commerçants de la place Jean-Jaurès envisagent de reprendre l'Alhambra

Du côté des restaurateurs et des cafetiers de la place Jean-Jaurès, le discours est unanime autour de la place : quand le cinéma tousse, les bars et les restaurants s'enrhument également. Dans une pizzeria, un serveur explique que "c'est surtout le soir que c'est visible : avant, à 22h30 et minuit, des clients arrivaient pour manger, après avoir vu un film. Cinq à six tables en moyenne qui aujourd'hui n'existent plus". Au Bistrot du Boucher, le patron David Habib parle d'une perte de 20%. Alors il lance une idée : celle d'un regroupement des commerçants de la place pour créer une "association pour essayer de reprendre ce cinéma. Parce que le problème c'est que pour le moment les investisseurs ne veulent pas venir. Et que nous, le cinéma, c'est un peu notre gagne-pain. Donc voir si tous les commerçants de la place on peut trouver une solution". L'idée d'une Scop, d'un regroupement de commerçants, pour sauver le cinéma est lancée. Mais c'est encore très flou. Et le temps presse.

Reportage de Mathilde Montagnon

Partager sur :