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Économie – Social

Saint-Vaast-La-Hougue : un ostréiculteur n'embauche plus que des Polonais, faute de candidats français

mardi 5 mars 2019 à 17:07 Par Elodie Rabelle, France Bleu Cotentin

Sur la zone d'activité de Saint-Vaast-La-Hougue, on a du mal à trouver de la main d'oeuvre française. Les gérants d'entreprise se sentent démunis. Face à ce manque de candidats, une solution : se tourner vers les boîtes d'intérim étrangères.

Des jeunes intérimaires Plonais, à l'ouvrage dans une exploitation ostréicole
Des jeunes intérimaires Plonais, à l'ouvrage dans une exploitation ostréicole © Radio France - Elodie Rabelle

Saint-Vaast-la-Hougue, France

Trop exigeante, trop laxiste, sans réelle volonté de travailler : la main d'œuvre française n'a pas la cote dans cette exploitation ostréicole de Saint-Vaast-La-Hougue (Manche). Denis Lejeune est ostréiculteur depuis plus de trente ans, il n'a jamais connu pareil écœurement : 

"Je suis écœuré, on voit les jeunes qu'on connait traîner dehors, travailler un peu, puis démissionner en nous disant qu'ils gagnent mieux à rester chez eux plutôt que d'aller travailler. Y'a encore 10 ans, ce n'était pas comme ça."

Embaucher des jeunes locaux, Denis Lejeune a essayé, sans grand succès : "On en a vu, ils arrivent, ils signent le contrat, ils travaillent un quart d'heure et après ils s'arrêtent et ne reviennent plus. C'est trop dur, qu'ils disent", souffle le gérant qui a repris en 2008 la boite de son père et qui prépare sa fille à prendre le relais. 

La solution : les boites d'interim basées à l'étranger 

C'est un secret de polichinelle sur la zone d'activité. Quand la main d'œuvre française manque ou qu'elle ne convient pas, mieux vaut se tourner vers les travailleurs étrangers. Denis Lejeune a reçu ce qu'il appelle "un tuyau" d'un ami de la même branche et glisse : "C'est quelque-chose qui se fait même ailleurs dans l'ostréiculture, les maraîchers du coin embauchent des Sénégalais". 

En octobre dernier, il fait donc appel à une boîte d'intérim basée en Pologne. Depuis, trois jeunes Polonais sont à l'ouvrage. Pour Denis, le changement est radical :

"On voit la différence, et ça fait plaisir. Les jeunes sont là, ils veulent travailler, ils ont le sourire. Faut dire qu'ici, ils sont payés trois fois plus cher qu'en Pologne". 

Marta fait partie de ces jeunes de l'Est fraîchement arrivés. Elle ne comprend pas l'attitude des jeunes Français : 

"Ici, le travail c'est facile... bien payé... c'est vraiment bien. Mais voilà, les Français, ils disent tout le temps qu'ils sont très fatigués." 

Contacté, un ancien employé avec 20 ans de carrière derrière lui confirme : "Des intérimaires français, on en vu de belles avec eux. Ils venaient en chemise, ne voulaient toucher à rien. Y'en a même qui sont partis au bout d'une demi-heure !" 

Les deux derniers jeunes ayant quitté la boîte se défendent de trouver le travail trop fatiguant.  Selon, nos informations, ils travaillent toujours dans le même secteur.