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Sarthe : menaces de grève à Laborizon, la société qui dépiste la Covid-19

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Par , France Bleu Maine

En charge de la majorité des dépistages de la Covid-19 en Sarthe, les laboratoires Laborizon Maine-Anjou font face à un important surcroît de de travail depuis le mois d'avril. Les salariés, qui se disent épuisés, menacent de faire grève. Des négociations s'ouvrent ce vendredi.

Un des laboratoires de Laborizon Maine-Anjou, avenue Jean Jaures, au Mans
Un des laboratoires de Laborizon Maine-Anjou, avenue Jean Jaures, au Mans © Radio France - Ruddy Guilmin

Des journées à rallonge, des heures supplémentaires en pagaille, des semaines de six jours... Entre les analyses traditionnelles, qui ont repris de plus belle depuis le déconfinement, et l'activité dépistage de la Covid-19 assurée à l'échelle du département, les 300 salariés de Laborizon Maine-Anjou se disent aujourd'hui "fatigués", "à bout", "sur la brèche en permanence". Et ce malgré les quelques embauches supplémentaires et les renforts (infirmières libérales, étudiants en santé, pompiers, protection civile...) auxquels le dispositif Covid permet de faire appel.

Une flexibilité à durée indéterminée

En première ligne : les infirmiers chargés des prélèvements en laboratoire, dans les centres de dépistages et parfois même au domicile des personnes (cas suspectés ou cas contact). Sans oublier lors des campagnes spécifiques menées à la demande de l'Agence Régionale de Santé (ARS) ou d'entreprises pour aller sur un cluster, tester en urgence 200 personnes dans un camp scout ou 2 000 salariés et prestataires avant les 24 Heures moto. 

"Il faut assurer ces demandes souvent faites à la dernière minutes, du jour au lendemain, voire le jour même, raconte Caroline, infirmière au sein de l'entreprise depuis neuf ans, donc les ressources humaines nous appellent pour savoir si on peut y aller, il faut parfois laisser tomber ce qu'on est en train de faire, dégager trois heures sur un autre travail... Et ce sont forcément des changements de planning et d'emploi du temps incessants." Une flexibilité imposée, qui "impacte clairement notre vie personnelle", regrettent les infirmiers que nous avons pu rencontrer. Certains employés dépensent aussi "une grande partie de leur salaire" en frais de garde d'enfants afin de s'adapter aux horaires à rallonge, souligne Pascal Chataigner, délégué CFDT.

Une prime de 250 €

Si la situation exceptionnelle exige bien sûr de s'adapter, les salariés craignent de ne pas voir le bout du tunnel de sitôt : "Les prélèvements vont continuer encore plusieurs mois, il faut absolument qu'on trouve une  organisation pérenne parce que là, ce n'est plus possible. On sent vraiment que l'équipe est à bout", estime Caroline. Ils déplorent également "le manque de reconnaissance" de leur direction, qui n'a versé qu'une prime de 250 € au mois d'août. "On a mis beaucoup de choses de côté pour aller au front et rien, à part un vague mot de remerciement !", peste un infirmier.

"On a mis beaucoup de choses de côté pour aller au front et rien, aucune reconnaissance ! - Un infirmier

Pour Pascal Chataigner, cette surcharge de travail pointées du doigt par les infirmiers retombe aujourd'hui sur tous les employés, notamment les administratifs chargés de la gestion des dossiers ou encore les techniciens qui effectuent les analyses. Mais cette crise sanitaire a surtout exacerbé des problèmes soulevés depuis longtemps au sein de l'entreprise : la gestion des plannings et les rémunérations au ras des pâquerettes (1 350 € en moyenne pour un infirmier).

"Ce qu'on attend, résume le délégué syndical, c'est une stabilisation des plannings, une visibilité sur du moyen terme contre deux semaines seulement à l'heure actuelle et une reconnaissance salariale à hauteur de 200 € net par mois. Et si la direction n'accède pas à nos demandes, on ira jusqu'à la grève." Les infirmiers avaient d'ailleurs prévu de "déposer la blouse" ce jeudi pour se faire entendre. Un mouvement "ajourné" après l'annonce de la direction : une première réunion de négociation est prévue ce vendredi à 17 h 30 au siège de Laborizon, au Pôle santé sud du Mans.

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