Économie – Social

Sécu : les infirmiers libéraux et les kinés dans le viseur de la Cour des comptes

Par Julien Baldacchino, France Bleu mardi 15 septembre 2015 à 10:40

Les kinés, notamment, sont dans le viseur de la Cour des comptes
Les kinés, notamment, sont dans le viseur de la Cour des comptes © Max PPP

La Cour des comptes présente ce mardi son rapport annuel sur la sécurité sociale. Avec un déficit de 12,8 milliards d'euros en 2014, la Sécu voit son retour à l'équilibre s'éloigner un peu plus. Elle préconise notamment une hausse des contrôles des kinésithérapeutes et des infirmiers libéraux.

Dix milliards d'euros : c'est ce qu'a coûté à l'Assurance maladie, en 2014, l'activité des infirmiers libéraux et des kinésithérapeutes. Selon la Cour des comptes, qui rend son rapport annuel sur la Sécurité sociale ce mardi, ces deux professions, pour lesquelles les dépenses ont augmenté rapidement (+6% sur un an) ne sont pas assez surveillées.

Vers un plafonnement des dépenses des kinés et des infirmiers ?

Selon les informations de France Info, il n'y a quasiment pas de contrôles sur les infirmiers libéraux : en 2013, seules 87 procédures de contrôle ont été engagées envers des infirmiers libéraux. Pourtant, c'est une profession où les risques de fraudes, notamment via des indemnités kilométriques gonflées, sont nombreux. Même chose pour les séances de kiné facturées à la sécurité sociale alors qu'elles n'ont pas été effectuées.

Les magistrats préconisent donc de renforcer les contrôles, et de s'inspirer des normes en vigueur en Allemagne : les dépenses pour ces deux professions y sont plafonnées. Si l'enveloppe est dépassée, les tarifs des actes de soins doivent alors être revus à la baisse. 

Le retour à l'équilibre pas avant 2018, voire 2021

La situation de la sécurité sociale est alarmante, selon la Cour des comptes : avec un déficit du régime de base et du fonds de solidarité vieillesse à 12,8 milliards d'euros en 2014, il n'y a eu par rapport à 2013 une réduction que de 3,2 milliards, un chiffre "limité" selon les magistrats. Au terme de cette treizième année consécutive dans le rouge, le retour à l'équilibre, originellement anticipé pour 2017, n'aurait finalement pas lieu avant 2018, voire même 2021.

Parmi les autres cas problématiques selon la Cour des comptes, celui des maternités dont beaucoup sont dans une situation financière fragile, et pour lesquelles elle préconise "une recomposition ordonnée". Et les dépenses liées à l'insuffisance rénale chronique terminale, qui a coûté à la Sécu 3,8 milliards d'euros en 2013 : selon les juges de la Cour des comptes, il serait possible de trouver 900 millions d'euros d'économies dans ce secteur.