Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Semaine de l'industrie : à la découverte du Moulin de Sarralbe

dimanche 26 mars 2017 à 4:48 Par Marie Rouarch, France Bleu Lorraine Nord

La 7e édition de la semaine de l'industrie, c'est jusqu'au 26 mars. Objectif : changer notre regard sur les métiers de l'industrie, découvrir ou redécouvrir des secteurs d'activité méconnus. Comme la meunerie, par exemple. Nous partons à la découverte du Moulin de Sarralbe.

Le Moulin de Sarralbe est géré par la même famille depuis 1862
Le Moulin de Sarralbe est géré par la même famille depuis 1862 © Radio France - Marie Rouarch

Sarralbe, France

Chaque année, la semaine de l'industrie est l'occasion de découvrir ou redécouvrir des secteurs d'activité économique parfois méconnus. À l'image de la meunerie, un maillon de la chaîne de fabrication du pain assez méconnu, coincé entre l'agriculture qui produit le blé et le boulanger qui transforme la farine en pain. En France, 450 moulins, de tailles très variées, sont toujours en activité, pour fournir en farine les milliers d'artisans-boulangers répartis sur l'ensemble du territoire. En Moselle, ils sont quatre, dont le Moulin de Sarralbe.

"On retrouve trace d'un moulin à cet endroit, sur la Sarre, à Sarralbe, quasiment depuis le 13e siècle, mais il est dans ma famille depuis 1862, explique Thierry Dubach, le patron du Moulin de Sarralbe. Je suis la sixième génération à exercer cette activité à cet endroit".

La meunerie, une entreprise moderne

Une activité qui, en 155 ans, a évidemment beaucoup évolué. Si nous avons, pour certains, en tête, l'image du meunier d'Alphonse Daudet, la réalité est bien différente. "Aujourd'hui, les moulins sont devenus de véritables entreprises industrielles, déclare Thierry Dubach, même s'il en existe de toutes les tailles. Quand on est meunier, on est d'abord un dirigeant d'entreprise, on a à gérer les problèmes de production, le personnel, la commercialisation, le marketing, qui est devenu très important dans ces métiers, donc toutes les facettes d'une entreprise moderne".

Il poursuit : "Les gens sont toujours surpris quand ils visitent un moulin moderne, c'est très très automatisé. Dans le moulin, sur la vingtaine de salariés que nous avons, vous ne verrez que 2 à 3 personnes, c'est vous dire le niveau d'automatisation auquel nous sommes parvenus. La majorité de nos collaborateurs sont sur la route finalement, puisque la logistique utilise beaucoup des moyens humains de l'entreprise, les livreurs, les commerciaux, les boulangers conseils, etc."

7 500 tonnes de farine par an

Le Moulin de Sarralbe reçoit environ 10 000 tonnes de blé par an, des blés de variétés différentes, "car on n'écrase jamais un seul blé à la fois, fait remarquer Thierry Dubach, on réalise des assemblages un peu à l'image de ce que font les vignerons". Des blés locaux dans la mesure du possible, sauf quand, comme cette année, la récolte a été mauvaise en quantité et en qualité. L'entreprise a donc dû aller s'approvisionner jusqu'en Rhône-Alpes.

La qualité des stocks est systématiquement testée via notamment test de panification. Dans le process de fabrication, le blé est nettoyé, moulu puis ensaché. Au final, 7 500 tonnes de farine sont produites chaque année à Sarralbe, ce qui équivaut à l'écrasement de deux semi-remorques de blé chaque jour, pour fournir 120 clients artisans-boulangers en Moselle et dans le Bas-Rhin, et quelques petits industriels régionaux.

Ce sont les cylindres de ces machines des années 70 qui ont remplacé la meule pour écraser le blé - Radio France
Ce sont les cylindres de ces machines des années 70 qui ont remplacé la meule pour écraser le blé © Radio France - Marie Rouarch

Le Moulin de Sarralbe réalise un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros par an, ce qui en fait "une entreprise de taille moyenne, un moulin régional", selon son dirigeant, Thierry Dubach. "Nous écrasons 10 fois plus de blé que les trois autres moulins mosellans, plutôt locaux, et 10 fois moins que les grands moulins d'envergure nationale", décrypte-t-il.

Huit farines différentes et une cinquantaine de références

Le Moulin de Sarralbe est divisé en trois espaces, pour le nettoyage, sur quatre niveaux, avec différentes machines spécialisées pour retirer la paille, les cailloux, les grains cassés, etc., puis la mouture et enfin le conditionnement. Il produit huit farines différentes, label rouge, farines panifiables de base, farines pâtissières, etc.

Et puis, à partir de ces farines, des assemblages sont réalisés pour la préparation des pains spéciaux. Un domaine dans lequel "la créativité des meuniers et des boulangers est illimitée", relève Thierry Dubach. Et assez curieusement, ce métier très ancien n'en reste pas moins soumis aux phénomènes de mode : "il y a eu la mode des cranberries, maintenant c'est le quinoa, ces graines qu'on incorpore à la farine pour répondre aux demandes des consommateurs", précise Thierry Dubach.

Enfin, l'entreprise a une seconde activité, la fabrication d'alimentation animale, dans une usine basée à Keskastel, dans le Bas-Rhin.