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Dossier : Coronavirus

"On sert à quelque chose" : ces entreprises qui modifient leur activité pour lutter contre le coronavirus

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Par , France Bleu Berry

Les initiatives solidaires fourmillent en ces temps de crise sanitaire. Dans l'Indre, plusieurs entreprises ont réorienté leurs activités pour fabriquer des masques, du gel et des objets permettant de lutter contre la propagation du Covid-19.

Après les masques médicaux, les personnels soignants manque désormais de gel hydro-alcoolique.
Après les masques médicaux, les personnels soignants manque désormais de gel hydro-alcoolique. © Radio France - Valentin Belleville

Face à la crise, ils n'ont pas voulu rester inactifs. Plusieurs chefs d'entreprise du Berry, en cessation d'activité suite au confinement, ont décidé de modifier leur production habituelle pour concevoir des masques, des solutions hydroalcooliques ou encore des plaques en plexiglas pour protéger les commerçants dans leurs boutiques. 

Chez Pier Augé, "on ne fait que des solutions hydroalcooliques depuis une semaine"

L'entreprise de cosmétiques basée à Châteauroux a entièrement bouleversé s sa production depuis une semaine. "On ne fait plus que des solutions hydroalcooliques", explique Christine Vallin, la directrice. "Au départ pour nos clients, puis pour les pharmacies, ensuite pour plusieurs entreprises du bâtiment qui reprennent le travail. Et l'ARS, l'Agence régionale de santé, doit prendre une livraison d'ici ce week-end." L'ARS distribuera ces flacons aux soignants libéraux, médecins, infirmiers et aide-soignants.

Pier Augé a fabriqué 1000 litres de solution hydroalcoolique cette semaine, "et nous devons en faire le même volume la semaine prochaine", indique la directrice. Mais un problème va se poser : "On va manquer de flacons. Ceux que nous commandons habituellement viennent du nord de l'Italie [la région touchée de plein fouet par l'épidémie, ndlr]... Pour l'instant, on tient en recyclant les flacons de nos stocks", détaille Christine Vallin. Mais ce stock n'est pas extensible et l'entreprise va devoir trouver une solution. 

Au Blanc, le tapissier se reconvertit en fabricant de masques personnalisés

Jamy Portillon est tapisser-décorateur au Blanc. Mais depuis plusieurs jours, il s'est reconverti en fabricant de masques : "Je me suis dit : j'ai ce qu'il faut. J'ai tous les outils, j'ai du tissu, du molleton, et mon atelier est complètement disponible. Je me fais aider par mes filles qui tracent et coupent  le tissu et les élastiques, et moi, je suis à la couture."

Il s'est lancé d'abord pour répondre à un ami ambulancier qui manquait de masques. Rapidement, les demandes ont afflué. Aujourd'hui, Jamy Portillon en est à "plusieurs centaines" de masques... personnalisés ! "Avec les logos de mes copains." Et la liste est longue, très longue !

"J'en ai fait pour mon copain ambulancier, pour le marché des halles du Blanc, pour la ville du Blanc, pour mon comptable, un ami agriculteur, l'association des commerçants du Blanc, un copain qui a une entreprise de peinture... Il y a aussi la gendarmerie, les pompiers, ma dentiste, mon transporteur - je lui ai fait un petit camion dessus - et même la sous-préfète !

Le masque "France Bleu Berry" personnalisé ! - Aucun(e)
Le masque "France Bleu Berry" personnalisé ! - Jamy Portillon

Jamy a aussi eu des demandes plus folkloriques : "J'ai fait l'OM, parce que j'ai deux copains qui sont fans, j'ai la Berrichonne, j'ai aussi un copain qui adore le Ricard, donc j'ai fait le logo Ricard... Ce sont des clins d'oeil, mais quelque part on est tous traumatisés. C'est un défouloir", explique Jamy Portillon. "Et puis tant qu'à être confiné, autant servir à quelque chose. Le soir, quand on rentre, on a l'impression de servir à quelque chose." Les masques de Jamy ne sont pas homologués, rappelle-t-il, "mais ils sont quand même filtrants, puisqu'il y a trois couches dedans". 

Autour de Châteauroux, plusieurs entreprises se regroupent pour fabriquer des masques à grande échelle

Un imprimeur, un sellier-bourrelier, un concepteur d'escaliers : à Châteauroux, trois chefs d'entreprise se sont associés autour de la page Facebook "Masques Solidaire 36". "La première journée, on a sorti 50 masques qu'on a distribué à la police, à la clinique Saint-François et à la Poste", détaille Valentin Halfon, directeur d'HV Concept, concepteur d'escaliers. Avec Nicolas Salzard (Berry Sellerie) et Ronan Bergot (imprimerie Laserphot), ils ont pu mettre en commun leurs moyens de production. En parallèle, ils ont lancé un appel aux "petites mains", des gens prêts à faire office de couturiers. "Des personnes âgées, moins âgées des associations, j'ai même une association du 51 qui fabrique des costumes pour des spectacles qui nous a contactés", explique Valentin Halfon. 

"On leur dispatche des cagettes avec des kits "prêts à fabriquer" et une fois les masques prêts, on vient les récupérer."

Et ce jeudi, les membres de "Masques solidaire 36" ont pu compter sur un énorme coup de pouce. "On a eu un appel de l'armée de terre, la BSMAT de Neuvy-Pailloux près d'Issoudun, prêts à faire tout le débit de tissu, entre 1000 et 3000 masques en 24-48h." Une aide précieuse qui va permettre de fabriquer un très grand nombre de masques. "Là, on va distribuer notre première tournée à l'hôpital, aux corps d'Etat, il y a aussi les ambulanciers, les livreurs, le funéraire, le commerce... Tout le monde sera servi d'ici la fin de semaine", promet Valentin Halfon. Pour faire une demande, rendez-vous sur la page Facebook du groupe.

A Bommiers, C3M fabrique des vitres de protection pour les commerçants

Entre Châteauroux et Lignières, l'entreprise C3M, spécialisée dans la serrurerie-métallurgie, tourne en sous-régime depuis le début du confinement. "Les entreprises étant quasiment toutes à l'arrêt, elles ont gelé les commandes, alors on est un peu à l'arrêt", explique Isaura Da Silva, qui gère la communication "et un peu tout le reste" de C3M. Il faut dire que l'entreprise est en chômage partiel, comme beaucoup d'autres. 

Et depuis plusieurs jours, C3M propose aux commerçants et officines de les équiper avec des vitres en polycarbonate ; des protections pour éviter les projections et les contacts avec les clients. "On a pensé à tous ces commerces ouverts pendant le confinement, les pharmacies, les boulangers, les bouchers...

"Il y a de la demande, il y a un vrai besoin"

Et les commandes affluent. "On a équipé deux boulangeries à Déols et Châteauroux, on est en cours de fabrication pour quatre autres boulangeries, on a équipé la pharmacie Equinoxe à Châteauroux, la pharmacie Ira à Saint-Marcel, la mairie de Vouillon et d'Ambrault, le dépôt de pain, la boucherie et la maison médicale d'Ambrault... On vient d'avoir une commande pour la mairie de Prissac, deux devis pour des pharmacies notamment à Niherne..."

C3M est aussi en discussions avec une banque, et deux enseignes de grandes surfaces, certaines n'étant pas équipées de ces vitres de protection pour leurs caissiers. 

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