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Dossier : Coronavirus Covid-19

L'économie est plus dégradée en Auvergne-Rhône-Alpes que dans le reste du pays, selon l'Insee

La région Auvergne-Rhône-Alpes, avec son secteur touristique très important, est plus touchée que le reste de la France par la crise économique liée au Covid-19. Décryptage des indicateurs avec Stéphan Challier, chef du service diffusion de l'Insee qui vient de publier sa note de conjoncture.

L'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques
L'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques © Maxppp - Alexandre Marchi

L'Insee vient de publier sa note de conjoncture pour l'emploi et l'activité économique de 2020 qui montre que la région Auvergne-Rhône-Alpes souffre plus que le reste du pays, notamment au moment du deuxième confinement. Pour ce qui est des indicateurs, si l'emploi recule, le niveau de chômage et la défaillance des entreprises n'augmentent pas. Des chiffres en "trompe l'œil", selon Stéphan Challier, chef du service diffusion de l'Insee Auvergne-Rhône-Alpes, invité de France Bleu Isère ce lundi 12 avril.

Nicolas Crozel : Avec vous, on va prendre la température de notre région puisque vous venez de publier une note de conjoncture pour l'emploi et l'activité économique. Et ce qu'on retient, c'est que notre région souffre un peu plus que le reste du pays, notamment lors du deuxième confinement, comment ça s'explique ?

Stéphan Challier - Effectivement on a publié une note de conjoncture vendredi dernier qui démontre que le recul de l'emploi salarié dans notre région est un peu plus élevé qu'au niveau national. Cela tient essentiellement à la structure de l'emploi. Nous avons beaucoup d'emplois en fin d'année qui ont beaucoup souffert de la pandémie : le tourisme hivernal a été très, très lourdement frappé par l'arrêt de l'activité économique. Et notre région en a plus souffert que d'autres régions. La fermeture des remontées mécaniques, notamment, peut expliquer ce recul. En un an, il est supérieur au niveau national, mais ce n'est pas un gouffre non plus.

Si on regarde les autres départements, on imagine que la Savoie où il y a davantage de stations de ski est plus touchée que l'Isère, mais comment ça se passe dans la partie montagne de l'Isère ?

Tout à fait, on a eu une évolution de l'emploi qui est conforme à la structure de l'emploi de l'Isère, notamment le tertiaire marchand où se trouvent l'hébergement et la restauration qui souffrent énormément au quatrième trimestre, comme en Savoie et en Haute-Savoie. On a une perte de 14 % de l'emploi dans ses activités-là au quatrième trimestre. En revanche, on a aussi des activités qui sont prépondérantes en Isère, je pense particulièrement à l'industrie, on est en recul de l'emploi aussi dans l'industrie

Mais quand on regarde les chiffres du chômage, on a l'impression qu'ils sont plutôt en baisse. C'est une baisse en trompe l'œil, selon vous ?

Oui, c'est une baisse "technique" ou en trompe l'œil. Il y a trois critères pour être chômeur : il faut ne pas avoir travaillé pendant la période de référence, le deuxième c'est être immédiatement disponible pour prendre un emploi et le troisième c'est être en recherche active d'emploi. On voit bien que, pendant cette période, il est difficile de se déplacer, et la recherche active d'emploi est donc difficile. Donc, on a une baisse de chômage, mais ce n'est pas grâce à une hausse de l'activité, c'est en fait une baisse des critères pour être au chômage. 

Cela veut dire qu'il y a des gens sans emploi qui ne rentrent plus dans les radars ?

Ils rentrent dans les radars, mais ils ne rentrent pas dans les critères du chômage du Bureau international du travail (BIT) sur les demandeurs d'emploi, ils sont dans ce que l'on appelle le "halo" du chômage, ça reste de la catégorie "active", mais ce n'est pas de l'emploi.

Que peut-on dire sur la santé des entreprises ? Est-ce qu'il y a eu beaucoup de faillites cette année ? 

Là aussi, sur ce sujet-là, on est sur un sujet un peu en trompe l'œil. On a d'un côté les créations d'entreprises qui continuent de se porter comme elles se sont comportées auparavant sur une tendance lourde, malgré un creux lors du premier confinement. Il y a toujours des créations d'entreprises et je rappelle que deux tiers de ces créations sont des auto-entrepreneurs. On crée davantage son emploi que l'on crée son entreprise. Et puis comme vous le signaliez, pour les défaillances d'entreprises il y a une baisse en continu mais qui est en trompe l'œil pour deux raisons : les aides attribuées par l'Etat ont permis aux entreprises de perdurer et parce que le traitement des dossiers de défaillance s'est lui-même ralenti. Donc, ce sont deux facteurs conjugués qui conduisent à ce que les défaillances diminuent mais sans pour autant traduire une réalité économique. 

Cela veut dire qu'on va payer plus tard la facture de la crise sanitaire ?

On le verra quand, à la fois, l'activité des entreprises va reprendre, ainsi que les traitements administratifs des dossiers. 

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