Économie – Social

Situation tendue chez Fram à Toulouse, un an après la reprise par LBO France

Par Vanessa Marguet, France Bleu Toulouse et France Bleu mardi 29 novembre 2016 à 6:00

Le fonds LBO France, qui détient Karavel Promovacances, avait repris 429 CDI sur 507 l'an dernier
Le fonds LBO France, qui détient Karavel Promovacances, avait repris 429 CDI sur 507 l'an dernier © Radio France - Vanessa Marguet

La colère monte chez Fram, en pleines négociations annuelles obligatoires. Un an après la reprise du voyagiste toulousain par LBO France, les syndicats dénoncent un "chantage à l'emploi". La nouvelle direction demande aux salariés de renoncer à plusieurs avantages et à voir leurs salaires baisser.

La situation est tendue chez Fram un an après la reprise du voyagiste toulousain par le fonds LBO France, qui détient Karavel-Promovacances. L'intersyndicale CGT-FO-CFDT a organisé un débrayage jeudi 24 novembre pour mettre la pression sur la direction, avant la tenue d'une nouvelle réunion ce mardi au siège du voyagiste, dans le cadre des négociations annuelles obligatoires.

Remise en cause des tickets resto et baisse de salaire

Le voyagiste est toujours criblé de dettes et les ventes n'ont pas suffisamment repris pour limiter les pertes. La nouvelle direction a donc décidé de réduire les coûts en dénonçant certains accords qui existaient depuis plusieurs années dans l'entreprise historique de Toulouse. Le délégué CGT Laye Simakha explique que la prise en charge de la mutuelle santé va ainsi être réduite, il n'y aura plus de tickets restaurant et plus de prise en charge des 3 jours de carence en cas de maladie.

Mais le point qui a le plus de mal à passer, c'est la baisse de salaire. La direction propose une réorganisation du temps de travail, qui va se traduire par une perte de 10% environ par salarié chaque mois, selon les syndicats.

Cela représente une perte en moyenne de 150 euros, c'est un chariot de course par mois, c'est énorme ! - Thouraya Ferchichi, délégué CFDT

La direction estime, elle, que la baisse est moins importante que ça, plutôt de l'ordre de 5.6% et que les syndicats ont refusé le mécanisme de compensation qui leur était proposé. Mais à la CFDT comme à la CGT, les délégués syndicaux parlent de "chantage à l'emploi", car ils estiment que la direction demande aux seuls salariés de faire des efforts pour limiter la casse, mais ne remet pas en cause sa stratégie. Or "il n'y a a pas de stratégie claire" déplore le délégué CGT Laye Simakha. Il dénonce aussi un manque de transparence sur les chiffres et rappelle qu'au moment de la reprise de Fram, LBO France s'était engagé à donner trois ans au voyagiste pour remonter la pente.

Bras de fer

La direction de son côté explique que Fram perd 1.4 millions d'euros par mois depuis 5 ans et met en avant le fait que l'année a été difficile avec la faillite d'Air Méditerranée et les attentats qui ont pesé sur les voyages. Elle affirme qu'elle a proposé des solutions, que les syndicats ont refusé.

Globalement, l'ambiance est pesante chez Fram. La CGT estime qu'il y a eu beaucoup de départs et de ruptures conventionnelles ces derniers mois. Une ancienne salariée Michèle Przybysz qui est partie il y a moins d'un an avec le plan de sauvegarde de l'emploi estime qu'aujourd'hui, elle est "mieux dehors que dedans", vu le contexte tendu et elle dit nourrir des craintes pour ses collègues et l'avenir de Fram. Il y a un an, 78 personnes avaient été licenciées. Le fonds LBO France avait gardé 429 CDI sur 507 et injecté 10 millions d'euros dans l'entreprise Fram.

Certaines agences Fram comme celle de la rue Lapeyrouse à Toulouse ont été fermées - Radio France
Certaines agences Fram comme celle de la rue Lapeyrouse à Toulouse ont été fermées © Radio France - Vanessa Marguet

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