Économie – Social

SNCF : préavis de grève des cheminots pour le 10 mars

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 3 mars 2015 à 14:27 Mis à jour le mardi 3 mars 2015 à 17:53

Rassemblement de la CGT-Cheminots à Marseille, en 2014
Rassemblement de la CGT-Cheminots à Marseille, en 2014 © MaxPPP

La CGT-cheminots a annoncé lundi avoir déposé un préavis de grève pour la journée du mardi 10 mars. Le syndicat proteste à nouveau contre la réforme ferroviaire.

La CGT, premier syndicat à la SNCF, appelle les cheminots à la grève le mardi 10 mars pour réaffirmer son hostilité à la réforme ferroviaire engagée depuis le 1er janvier par le groupe, et selon le syndicat menée "à la hussarde". Le préavis de grève, que la direction de la SNCF confirme avoir reçu mardi matin, couvre la période du lundi 9 mars 19h au mercredi 11 à 08h .  

Mouvement non reconductible

Ce mardi 10 mars, le comité central d'entreprise sera consulté sur la mise en oeuvre de la réforme votée l'été dernier. Contrairement à la grève d'une douzaine de jours menée en juin dernier à l'initiative de la CGT-Cheminots et SUD-rail, contre le projet de réforme, le mouvement n'est cette fois pas reconductible et seule la CGT a déposé un préavis . La SNCF "rappelle qu'il lui incombe de mettre en oeuvre la loi dans le respect du calendrier défini par le parlement et le gouvernement" . Elle devrait communiquer dimanche soir son plan de transports , au vu du nombre de grévistes qui doivent se déclarer au plus tard 48 heures avant le début de la grève.   

Suppressions de postes ?

La réforme, dont le premier effet est de regrouper désormais les 149.000 salariés de la SNCF et les 1.500 employés de Réseau Ferré de France (RFF), doit permettre au nouveau groupe d'être plus concurrentiel et efficace, selon la SNCF. Mais pour la CGT-Cheminots, il n'en prend pas le chemin. Selon le syndicat, cette réforme, qui n'a pas résolu le problème de l'endettement du secteur, entraîne "une recherche effrénée d'économies pour auto-financer la réforme" , dont "les cheminots et les usagers paient le prix" .

S'appuyant sur une expertise remise la semaine dernière au CCE, la CGT-Cheminots pronostique "une purge d'emplois" dans les années à venir. Cette étude fait état d'une projection de près de 9.000 suppressions d'emplois supplémentaires d'ici 2020 , "une prévision super-noire" contestée samedi par le président de la SNCF Guillaume Pepy. Celui-ci a annoncé qu'en 2015 la SNCF serait "dans le Top 3 des entreprises françaises qui embauchent" , avec "pas moins de 9.000" recrutements prévus au sein du groupe, filiales compris. Malgré tout, plus d'un millier de postes doivent disparaître en 2015 au sein du groupe public (hors filiales), après 25.000 suppressions entre 2003 et 2013 via le non-remplacement de tous les départs en retraite.