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Soixante emplois menacés dans la fonderie historique de Boëssé-le-Sec

Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine mardi 29 novembre 2016 à 19:47

L'usine emploie actuellement 120 personnes
L'usine emploie actuellement 120 personnes - (Capture d'écran - Site Internet de M-Lego)

Le groupe Auréa envisage de diminuer ses effectifs de moitié dans son usine M-Lego de Boëssé-le-Sec, dans le Nord Sarthe. La raison officielle de cette décision ? Un différend avec les services de l’Etat.

L’information a pris tout le monde de court, à commencer par les employés de cette usine fondée à la fin du 19ème siècle. « La nouvelle a fait l'effet d'une douche froide », résume le secrétaire du comité d'entreprise qui affiche son incompréhension, alors que la fonderie ne semble pas en difficulté et que « les carnets de commandes sont corrects ». Le maire de Boëssé-le-Sec se dit, lui aussi, très surpris. Il n'avait entendu parler de rien. L'élu interprète cette annonce comme un chantage à l'emploi. Le groupe Aurea, propriétaire de fonderie M-Lego possède en effet depuis peu l'ancienne usine MBM de Voivres-les-Le-Mans. Site contaminé notamment au mercure. Ses dirigeants estiment que les services de l'Etat sont trop tatillons en ce qui concerne la dépollution du site. « Ils nous terrorisent », lâche même l'un d'entre eux.

« On ne peut plus faire d’industrie en Sarthe ! »

Les dirigeants d’Auréa se disent très en colère. Ils envisagent de déménager une partie de leur activité ailleurs en France. « C’est la première fois qu’une chose pareille m’arrive ! », s’insurge Joël Picard, le PDG d’Auréa qui possède onze usines en France. « Je n’admets pas qu’une mauvaise interprétation des lois environnementales françaises puisse servir à enquiquiner les gens au-delà du possible ! » Le dirigeant conteste faire du chantage à l’emploi. « Je ne veux pas avoir les mêmes soucis à Boëssé-le-Sec. J’avais prévenu : je préfère partir ! », explique Joël Picard. « Nous n’abandonnons pas la totalité des emplois », précise le PDG. « On ira faire de l’industrie ailleurs en France. On ne peut plus faire d’industrie en Sarthe ! », tranche le dirigeant.

Dans le journal Le Maine Libre, daté du vendredi 25 novembre, la préfète de la Sarthe défend l’action des services de l’Etat. Corine Orzechowski estime « être dans le plein exercice de ses responsabilités en regardant de près la gestion des déchets très dangereux puisque mercuriels ou souillés au mercure ». Les 120 salariés de la fonderie M-Lego attendent maintenant des informations officielles et des explications. Une réunion doit avoir dans l’usine de Boëssé-le-Sec lieu la semaine prochaine.

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