Économie – Social

Stages : certains étudiants périgourdins proposent aux patrons d'être hors-la-loi !

Par Mila Ta Ninga, France Bleu Périgord mercredi 19 février 2014 à 6:00

Proposition de loi sur les stages
Proposition de loi sur les stages © Radio France - Mila Ta ninga

C'est ce mercredi que la commission des affaires sociales de l'Assemblée vote la proposition de loi socialiste sur les stages. Entre autres, il sera dorénavant possible d'être stagiaire et d'avoir des congés pour des stages de plus de deux mois. Une mesure qui semble difficile à mettre en place, quand déjà certains stagiaires acceptent de ne pas se faire payer pour pouvoir valider leur année.

Pas facile de trouver un stage quand on est étudiant. A l'IUT de Périgueux, ils sont nombreux en première et deuxième année à ne pas encore savoir où ils vont passer leurs quelques semaines de stage. Entre les non-réponses et les réponses négatives, certains sont prêts à tout pour valider leur année. Quitte à ne pas être rémunéré comme la loi le prévoit.

" J'ai proposé de ne pas être rémunéré pour vraiment avoir ce stage là "

Une fois qu'on a trouvé son stage, comme Julie, on est capable d'accepter plusieurs contraintes, et même parfois d'être hors-la-loi. Cette jeune fille de 20 ans travaille aujourd'hui dans une école maternelle et est également aide à domicile. L'an dernier, elle a validé ses 12 semaines de stages dans une crèche.

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Les stages doivent pourtant être rémunérés à partir de deux mois. C'est la loi quoi le dit.

"La gratification minimale est fixée à 2,875 € par heure de stage, soit 436,05 € pour un temps complet correspondant à 35 heures hebdomadaires (temps légal du travail). Dans certaines branches professionnelles, le montant de l'indemnité de stage est fixé par convention de branche ou accord professionnel étendu. L'employeur doit le vérifier dans la convention collective".

Eva en stage dans le cabinet d'architecte du couple Andron - Radio France
Eva en stage dans le cabinet d'architecte du couple Andron © Radio France - Mila Ta ninga
Pas facile d'accueillir des stagiaires dans le Périgord

Surtout si on est architecte : ce n'est pas Eric Andron, qui officie dans le centre-ville de Périgueux, qui dira le contraire.

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Et puis payer plus de 400 € de rémunération pour un stagiaire, ce n'est visiblement pas si évident que ça pour les architectes périgourdins.

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Pourtant, cet amoureux de son métier aime à transmettre ce qu'il appelle "la culture de l'architecture", perdue, selon ses calculs, depuis une trentaine d'années.

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La modification de la loi sur les stages est la traduction d'un des engagements de François Hollande. Elle est faite pour encadrer "les stages pour empêcher les abus ". Selon un rapport de septembre 2012 du Conseil économique, social et environnemental, en France, il y aurait 1,6 million de stagiaires professionnels par an, contre 600.000 en 2006.

La loi doit être votée ce mercredi par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale.

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La nouvelle proposition de loi sur les stagiaires