Économie – Social

Strasbourg : les commerçants ambulants refusent d'être mis à l'écart pendant le marché de Noël

Par Romane Porcon et Olivia Cohen, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass dimanche 6 novembre 2016 à 10:25

A Strasbourg, les commerçants ambulants, une centaine en tout, se sont rassemblés ce samedi. Cette année, Etat d'urgence oblige, leur activité sera restreinte pendant le marché de Noël.
A Strasbourg, les commerçants ambulants, une centaine en tout, se sont rassemblés ce samedi. Cette année, Etat d'urgence oblige, leur activité sera restreinte pendant le marché de Noël. © Radio France - Romane Porcon

A Strasbourg, plus de cent commerçants ambulants ont fait part de leur colère ce samedi. Cette année, Etat d'urgence oblige, leur activité sera restreinte : fermeture des étalages à midi en semaine et interdiction d'exercer le dimanche sur la place Kléber. Pour protester, ils ont lancé une pétition.

En nous éloignant du centre-ville, on tue notre métier ! C'est le message d'une centaine de commerçants ambulants rassemblés place Kléber à Strasbourg ce samedi. Ces vendeurs non-sédentaires font le gros de leur chiffre d'affaires pendant le marché de Noël mais cette année, Etat d'urgence oblige, leur activité sera restreinte : fermeture des étalages à midi en semaine et interdiction d'exercer le dimanche sur la place Kléber.

Boumédienne Séqual, co-président du syndicat des Marchés de France pour le Bas-Rhin, est amer, cela fait des années que la mairie tente de les bannir du centre-ville :

"Il faut se battre pour conserver nos emplois et nos places"

Ce qui est malheureux, c'est qu'on est obligé de se battre pour pouvoir travailler. On est toute l'année dans le centre, pourquoi nous évincer au moment de Noël ? Cette année, notre chiffre d'affaires va être divisé par dix !

Ces commerçants ambulants ont rendez-vous ce lundi à 15h avec le maire de Strasbourg Roland Ries. - Radio France
Ces commerçants ambulants ont rendez-vous ce lundi à 15h avec le maire de Strasbourg Roland Ries. © Radio France - Romane Porcon

Même son de cloche pour Jacques d'Auria, président bas-rhinois du syndicat des Marchés de France. Selon lui, le métier n'a cessé de se dégrader :

"Au fur et à mesure, on a été chassé de toutes les places du centre-ville."

On a été éliminé de toutes les places du centre, on n'a plus rien au moment des fêtes, on a fini par atterrir place Broglie et tous les ans, on doit batailler pour garder nos places et nos emplois !

Maintenir un marché dans le centre-ville en décembre, c'est l'objet d'une pétition. Les commerçants ont déjà recueillis près de 3.000 signatures. Sophie fait partie des signataires, cette Strasbourgeoise va au marché une fois par semaine, elle redoute la fermeture du marché dès 12h :

Plus le marché reste tard, mieux c'est pour nous ! Un marché, ça met de la vie, c'est vrai qu'on a beaucoup de commerces qui sont des chaînes... C'est bien aussi d'avoir le choix, de pouvoir choisir ses produits avec des gens qui aiment leur métier, qui vivent de ça... J'espère qu'ils vont obtenir gain de cause !

Ces commerçants ont rendez-vous ce lundi avec le maire de Strasbourg Roland Ries à 15h.

Le coup de gueule des commerçants non-sédentaires à Strasbourg - par Romane Porcon