Économie – Social

Subventions gelées : les maires mayennais en colère contre le gouvernement Macron

Par Fabien Burgaud, France Bleu Mayenne lundi 13 novembre 2017 à 17:44

Michel Angot, au centre, entouré des maires mayennais et des parlementaires de tous bords politiques
Michel Angot, au centre, entouré des maires mayennais et des parlementaires de tous bords politiques © Radio France - Fabien Burgaud

Le gouvernement Hollande leur avait promis des subventions, l'équipe Macron les gèle pour le moment. Une trentaine de maire mayennais et les parlementaires de tous bords politiques s'alarment contre cette "catastrophe économique".

La passation de pouvoir a du mal à passer pour une trentaine d'élus et parlementaires mayennais. Sous François Hollande, on leur promet 3 millions d'euros de subventions grâce aux contrats de ruralité et les crédits Territoire à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV). Ils ont investi la moitié dans des projets, comme convenu. Sauf que sous Emmanuel Macron, les subventions "ont été réaffectées". "Les mairies brûlent et le gouvernement regarde ailleurs" ose le député UDI Yannick Favennec.

Des maires parlent de démissions

"Nous sommes en colère mais aussi déçus", commence Michel Angot, le président de Mayenne Communauté. Il n'arrive pas à comprendre. Comment en quelques mois, les gouvernement successifs ont pu se contredire en mettant en danger les finances des communes mayennaises ? "Je n'ai jamais vu ça, explique-t-il. Je conçois parfaitement que l'Etat souhaite rapidement redresser les comptes de la nation. Nous en sommes tous convaincus. Sauf que quand on a pris des engagements pendant des cérémonies de signature, quand on a travaillé avec les services pendant des mois pour établir ces programmes... 500 000 euros, 1 million, ce sont des sommes importantes !".

Michel Angot, maire de Mayenne, soupçonne Bercy d'avoir voulu faire des économies, malgré les promesses de ses anciens locataires."On avait fait des débats et des répartitions pour toutes les communes. Nous n'acceptons pas que la parole de l'Etat ne soit pas respectée. En plus je n'apprécie pas la méthode : on ne nous dit pas 'y'a pas de crédits', on nous dit qu'on a pas respecté les formes or c'est impensable car nous avons signé et fait des délibérations après. La méthode est grossière et inacceptable".

C'est un coup d'arrêt politique et économique alors que l'on promet d'accélérer la transition écologique. Guillaume Garot, député PS de la Mayenne.

Pour les maires de petites communes, le coup est dur. Beaucoup comptaient sur ces subventions, comme Eric Transon, le maire de St-Germain-d'Anxure. "On a signé un contrat de ruralité avec l'Etat pour des panneaux photovoltaïques. On nous a promis 9 000 euros, puis 5 300 euros, puis plus rien. Les panneaux sont déjà posés. C'est 5000 euros de dépensés, en moins pour la commune. On sait que les habitants ont du mal à faire confiance à la politique, à l'Etat. Si nous non plus les élus de petites communes, on ne leur fait plus confiance en haut, ça pose une question éthique", constate-t-il.

"On met la commune dans le rouge pour des années"

Même abattement à Contest. La maire Marie-Madeleine Foubert est atterée. "On s'est lancés dans la dynamique du développement durable. On est partis sur un projet d'1,2 million d'euros : extension d'un accueil de loisirs, extension de la salle des fêtes et restauration scolaire. On attendait presque 30% de l'Etat, soit 362 000 euros, en vain. Et c'est surtout un manque de confiance de la part du gouvernement. Ça nous donne juste envie de démissionner. On va déclarer le marché pour insuffisance financière. Si on continue, on sera mis sous tutelle. Et je ne peux pas faire un emprunt de 700 000 euros ! Nous sommes une commune de 915 habitants. Ce n'est pas tenable. On met la commune en rouge pour des années et des années", déplore-t-elle.

En réponse, les élus mayennais vont envoyer un courrier au Premier ministre avant de se rendre "en nombre" au congrès des maires de France la semaine prochaine à Paris. Après les doléances, Michel Angot conclut, sèchement : "Il semblerait que nous aurions de nouveau une enveloppe pour le contrat de ruralité en 2018 ! Si la parole de l'Etat veut encore dire quelque chose".