Économie – Social

Sylvain Crucerey (FDSEA 70) : "On n'est pas prêts à mourir sans se défendre face à Lactalis"

Par Hajera Mohammad, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu Besançon mardi 30 août 2016 à 8:52

Opération d'agriculteurs contre les produits Lactalis à Louvroil dans le Nord
Opération d'agriculteurs contre les produits Lactalis à Louvroil dans le Nord © Maxppp -

Les agriculteurs de Haute-Saône ont suivi l'appel à la mobilisation lancé dans toute la France par la FNSEA, le principal syndicat agricole. Une trentaine d'entre eux ont déversé du fumier, la nuit dernière, devant l'usine Lactalis de Loulans-Verchamp en Haute-Saône.

Sylvain Crucerey, président de la FDSEA de Haute-Saône, l'assure : les producteurs de lait ne vont rien lâcher. " On était une trentaine cette nuit à déverser du fumier devant l'usine Lactalis de Loulans-Verchamp et on va revenir à la charge. Un commando d'agriculteurs est déjà prêt à repartir ce matin" explique le responsable syndical, invité ce matin sur France Bleu Montbéliard.

Reprise des négociations avec Lactalis

Sur les 800 producteurs de lait en Haute-Saône, 250 produisent pour Lactalis,"mais tous les autres groupes laitiers s'alignent sur les prix du numéro un mondial". Le groupe Lactalis a proposé une hausse de 15 euros du prix de la tonne de lait mais c'est trop insuffisant pour les syndicats. "Ça nous donnerait une tonne à 280 euros alors que ça nous coûte 340 euros pour la produire" précise Sylvain Crucerey. Les dirigeants de Lactalis et les syndicats reprennent les négociations ce mardi à Laval, en Mayenne, où le siège de l'entreprise est implanté.

C'est la mort de nos territoires, si on n'obtient rien..."

Pour Sylvain Crucerey, ces discussions n'aboutiront que si Lactalis propose "un prix de vente minimum de 300 euros pour la tonne de lait. On va se battre coûte que coûte, les agriculteurs sont à bout. Si on n'obtient rien, ce sera la mort de nos territoires."  Ceux qui tiennent aujourd'hui y parviennent grâce aux salaires des femmes et des conjointes. "Certains d'entre nous ne s'octroient plus de salaires, ce sont elles qui font vivre les foyers" explique le président de la FDSEA 70. "On a des échéances qui arrivent, si on a plus d'argent pour les payer, on aura plus qu'une seule solution : vendre les animaux et quitter la profession."

Sylvain Crucerey (FDSEA 70) : "On est pas prêts à mourir sans se défendre face à Lactalis"

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