Économie – Social

Taxis, enseignants, fonctionnaires : retour sur la première grande journée de grève de l'année

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 26 janvier 2016 à 16:35

Manifestation à Rennes le 26 janvier 2016
Manifestation à Rennes le 26 janvier 2016 © Maxppp

Des milliers de personnes à travers la France se sont mobilisées ce mardi pour diverses causes : pouvoir d'achat, emploi, service public. Un mouvement qui est resté mesuré étant donné le nombre de branches appelées à la grève, et marqué par des incidents avec les taxis parisiens.

La première journée de mobilisation générale de cette année 2016 a rassemblé dans les rues plusieurs milliers de personnes, notamment en région. À Paris, ce mardi aura avant tout été marqué par la grève des taxis et leur manifestation qui a dégénéré. 

Manifestations fournies en région

Côté fonction publique (5,6 millions d'agents), certaines manifestations ont rassemblé des milliers de personnes sur les 110 à 120 cortèges prévus en France. Les fonctionnaires manifestaient contre le gel, depuis 2010, du point d'indice (4,63 euros) qui sert à calculer leurs salaires. Ils ont perdu entre "8 et 10%" de leur pouvoir d'achat en cinq ans, selon FO et la CGT, à l'origine de l'appel à la mobilisation avec Solidaires. "Près de 30% des agents des finances publiques étaient en grève", selon les tout premiers chiffres remontant des départements, a indiqué Solidaires. 

Ils étaient des milliers à Paris mais aussi à Marseille, où 3.600 fonctionnaires ont manifesté dans le centre tandis qu'ils étaient plus d'un millier à Nice parmi lesquels des enseignants venus dire "non à la réforme du collège" et des personnels hospitaliers s'opposant à la "loi santé". A Rouen, entre 2.000 et 3.000 personnes étaient rassemblées. Ils étaient 1.000 au Mans, et environ le même nombre à Metz. A Strasbourg, 500 à 600 personnes ont manifesté derrière des banderoles proclamant "Profs : de plus en plus de travail pour un salaire dérisoire". 

La ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu a répété mardi que les fonctionnaires ne devaient pas s'attendre à une "grosse augmentation du point d'indice" lors de la négociation salariale prévue en février, tout en assurant "entendre" leurs revendications. 

Les enseignants du collège les plus fortement mobilisés

La grève dans l'Education nationale était surtout suivie par les professeurs du collège, pour lesquels les revendications salariales se doublent d'un mécontentement contre la réforme du collège, qui entre en vigueur à la rentrée. Le ministère de l'Education a annoncé un taux de grévistes de 22,32% au collège, 12,24% dans le primaire et 3,66% parmi le personnel non enseignant. Les chiffres du ministère sont nettement inférieurs aux estimations données sur Twitter par le SNES, car selon le premier syndicat du secondaire, plus de 50% des professeurs des collèges censés faire cours étaient en grève. 

Les taxis dérapent et obtiennent une médiation

En grève contre la concurrence "déloyale" des VTC, les taxis ont eux aussi manifesté mardi dans plusieurs villes et notamment en région parisienne, où des violences ont éclaté. Le Premier ministre les a condamnées, mais a également reçu une délégation à Matignon. À l'issue de cette réunion, Manuel Valls a promis de nommer un médiateur pour mener une concertation sur la situation de ce secteur, mais également de contrôler davantage l'activité des VTC.

Les voix plus discrètes

Parmi ceux qui se sont moins fait remarquer ce mardi, les contrôleurs aériens. Comme prévu, 20% des vols avaient été annulés par précaution. Mais il n'y a eu aucune annulation à chaud selon le porte-parole des aéroports de Paris. A Lille-Lesquin, un tiers des vols ont été annulés. De son côté, easyJet a annulé 35 vols essentiellement nationaux. Les contrôleurs se mobilisaient contre les réduction d'effectifs et plus globalement l'austérité.

"Hirsch vole le repos des héros" déploraient de leur côté plus d'une centaine de manifestants rassemblés sous cette banderole, devant le ministère de la Santé, pour protester contre la réforme du temps de travail dans les hôpitaux franciliens. A la mi-journée, le taux de mobilisation (grévistes et personnels assignés) était de 5,39% à l'AP-HP, a précisé l'institution.