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Dossier : Coronavirus Covid-19

Télétravail : une douzaine d'entreprises béarnaises rappelées à l'ordre par l'Inspection du travail

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Par , France Bleu Béarn Bigorre

Certaines entreprises, qui avaient consenti au télétravail pendant le premier confinement, s'y refusent aujourd'hui. Le gouvernement demande pourtant qu'il soit mis en place à chaque fois qu'il est possible. Mais entre recommandation et obligation, la règle n'est pas toujours claire.

Aurélien et Mathilda ont préféré continuer de venir travailler à l'agence car ils n'ont pas apprécié le télétravail pendant le premier confinement.
Aurélien et Mathilda ont préféré continuer de venir travailler à l'agence car ils n'ont pas apprécié le télétravail pendant le premier confinement. © Radio France - Manon Claverie

Derrière les portes fermées de nombreuses compagnies d'assurances, agences immobilières, d'intérim ou organismes de formation professionnelle palois, des salariés et employeurs, installés derrière leur bureau, sont au travail. Pourtant, leur activité n'est pas incompatible avec le télétravail. "C'est vrai que c'est assez simple, reconnaît Aurélien, patron d'une compagnie d'assurance. Il suffit de brancher notre ordinateur chez nous, nous connecter à internet et nous pouvons accéder à tous nos logiciels pour travailler." 

Tant que nous pourrons faire, en respectant les gestes barrière, du travail en agence, je le privilégierai. Mais j'ai laissé le choix à mes salariés.

Mais il garde un mauvais souvenir du premier confinement. "Je me levais et ne faisais que travailler de 8 heures à 20 heures. Tant que nous pourrons faire, en respectant les gestes barrière, du travail en agence, je le privilégierai. Mais j'ai laissé le choix à mes salariés : l'un a décidé de travailler de chez lui, l'autre de venir en agence. Nous y avons chacun notre bureau." Mathilda, salariée de l'entreprise, reconnaît qu'elle préférait "garder un rythme"

Dans cette agence d'intérim on demande aux salariées de continuer de venir travailler pour recevoir les clients, ce qui est autorisé. Mais une partie de l'activité pourrait être faite en télétravail.
Dans cette agence d'intérim on demande aux salariées de continuer de venir travailler pour recevoir les clients, ce qui est autorisé. Mais une partie de l'activité pourrait être faite en télétravail. © Radio France - Manon Claverie

On nous a demandé de venir pour continuer de recevoir nos clients et montrer que nous sommes actifs sur le marché de l'emploi, présents.

Quelques mètres plus loin, les trois salariées d'une agence d'intérim n'ont pas eu le choix. "Certains postes, notamment au siège, sont passés en télétravail. Mais en agence on nous a demandé de venir pour continuer de recevoir nos clients et montrer que nous sommes actifs sur le marché de l'emploi, présents, explique Élise. Après, vu le peu d'activité que nous avons par rapport à d'habitude, nous pourrions très bien nous relayer ici et faire toute la partie administrative depuis chez nous", remarque-t-elle, avant d'ajouter que continuer de venir travailler leur va bien, à ses collègues et elle, et qu'elles disposent de gel hydroalcoolique et de masques. Douze entreprises déjà rappelées à l'ordre risquent la mise en demeure

Douze entreprises déjà rappelées à l'ordre dans le département, elles risquent la mise en demeure

Ce ne sont pas les seules entreprises rebutées par le télétravail. L'antenne départementale de la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) a envoyé ces dix derniers jours une douzaine de "lettres d'observation" pour rappeler aux employeurs la règle en matière de télétravail. À des entreprises du secteur de l'industrie, surtout, pour lesquelles l'Inspection du travail remarque que le télétravail est difficile à faire adopter, même pour les activités de bureau. S'il n'est officiellement qu'une recommandation du gouvernement pendant cette crise sanitaire, garantir la santé et la sécurité des salariés est une obligation pour l'employeur, inscrite dans le Code du travail. C'est pourquoi la Direccte peut, après un premier rappel à l'ordre, mettre en demeure une société qui se refuserait toujours à instaurer le télétravail. 

Les organisations syndicales veulent encadrer le télétravail, le Medef refuse toute contrainte

Depuis le 3 novembre, les organisations syndicales et patronales négocient pour trouver un cadre au télétravail. "Mais le Medef refuse", regrette la responsable départementale de la CGT dans les Hautes-Pyrénées, Angélique Samaran. "Nous aurions besoin que les paroles du gouvernement soient suivies d'actes. Au vu de la crise sanitaire mais aussi sociale que nous traversons, nous devons nous mettre d'accord sur comment on télétravaille. Si nous n'avons pas les moyens, que ce soit au niveau du mobilier, du droit à la déconnexion ou des aides concernant la consommation d'électricité par exemple, de le mettre en place, le télétravail peut engendrer, et engendre déjà d'ailleurs, de l'absentéisme. Ce n'est bon pour personne. Cela va des troubles musculosquelettiques aux troubles psychologiques", alerte-t-elle. Avant de conclure : "Toutes les confédérations syndicales sont d'accord sur ce point, c'est assez rare pour être souligné". 

Qu'on ne nous oblige pas à des quotas, des obligations, des contrôles... C'est ça le problème !

Si le représentant du Medef en Béarn et Soule, Jean-Marc Roy, est d'accord sur le fait qu'il faut un "cadre juridique" au télétravail, il s'oppose, comme son siège national, à toute mesure contraignante. "Qu'on ne nous oblige pas à des quotas, des obligations, des contrôles... C'est ça le problème !" Le Medef doit rendre sa liste de propositions ce lundi 23 novembre. 

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