Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

TÉMOIGNAGE : "De l'eau et deux yaourts dans le frigo", la faim en plein confinement

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

Avec l'épidémie de coronavirus, plusieurs familles en Seine-Saint-Denis n'arrivent plus à assurer les dépenses liées aux courses alimentaires. Des associations de quartiers se mobilisent pour leur venir en aide.

Photo d'illustration courses alimentaires
Photo d'illustration courses alimentaires © Maxppp - Maxppp

"Dans mon frigo, il y a de l'eau, du jus d'orange et deux yaourts", nous confie Viviane au téléphone. Cette habitante de Stains (Seine-Saint-Denis), âgée de 62 ans, est en arrêt longue maladie et elle ne touche que 784 euros par mois. Elle avait bien fait les démarches pour obtenir des aides sociales en début d'année "mais tout est bloqué depuis début mars avec le confinement", explique-t-elle.

Rarement trois repas par jour

Comme si ça ne suffisait pas, elle a aussi eu des symptômes du Covid-19 qui l'ont empêchée de sortir pendant plusieurs jours de chez elle. Durant toute cette période, affaiblie, seule à la maison, elle n'a pas pu se nourrir correctement. Le budget est trop serré, "tout est devenu trop cher", dit-elle. Alors quand elle achète des aliments, c'est le strict minimum : "Les fruits je m'en passe, le poisson aussi". Deux amies passent chaque midi pour lui apporter un déjeuner, parfois le seul repas de sa journée. "Ensuite, je prends un bon goûter à quatre heures et le soir je me démerde, s'il y a un repas, je prends, sinon, il n'y en a pas... Je bois un thé et je vais me coucher gentiment". 

Plus de monde aux Restos du Cœur

Viviane a demandé un geste à son bailleur, pour qu'il suspende son loyer le temps du confinement, mais la demande a été refusée. Il y a deux jours, elle a sollicité l'aide des Restos du Cœur, près de chez elle. Elle les connaît bien : elle est bénévole là-bas. Maintenant, elle est aussi de l'autre côté. Selon Antonio Rodriguez, le responsable des Restos dans le 93, "le nombre de personnes accueillies dans les différents centres de distribution du département a augmenté de 20% en moyenne depuis le début du confinement".

Les associations de quartiers mobilisées...

En Seine-Saint-Denis, 28% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Comme Viviane, d'autres habitants font appel aux associations notamment celles présentes au quotidien dans les quartiers. Beaucoup d'entre elles se sont "reconverties" depuis le début du confinement dans l'aide alimentaire. À Saint-Denis, elles sont plusieurs à distribuer des fruits, des légumes, des plats cuisinés parfois. Sur le terrain, on peut croiser les bénévoles de Force Mentale, 7 Dreams, ou encore La Petite Liberté qui intervient dans le quartier Saussaie-Floréal-Courtille. "On livre en moyenne 200 à 300 personnes par jour, en ce moment. Souvent ce sont des enfants qui appellent parce que les parents n'osent pas, ils ont honte", explique Christophe Durieux, l'un de ses membres.

"On a reçu des photos de frigos vides" - Christophe Durieux membre de La Petite Liberté à Saint-Denis

Distribution de fruits et de boissons aux habitants du Franc-Moisin à Saint-Denis
Distribution de fruits et de boissons aux habitants du Franc-Moisin à Saint-Denis - Diangou Traore

Pour Diangou Traore, membre de l'Association Franc-Moisin Citoyenne, beaucoup de familles monoparentales sont également victimes de ce confinement, "des parents dont les enfants déjeunaient à l'école et c'était un repas payé 15 centimes ou 30 centimes alors que là, l'enfant est à la maison et ça coûte plus cher forcément". Le 10 avril dernier, son collectif a distribué plus de 300 kilos de fruits et des boissons à 200 familles du quartier. "Des jeunes sont venus décharger les paquets, les déposer directement chez les habitants", insiste-t-elle. Elle en est sûre, sans cette solidarité et ce travail des associations, la situation serait encore plus catastrophique pour de nombreuses familles à Saint-Denis.

En Seine-Saint-Denis, les associations de quartiers aident les familles les plus modestes en plein confinement

Distribution de fruits et boissons au Franc-Moisin à Saint-Denis
Distribution de fruits et boissons au Franc-Moisin à Saint-Denis © Radio France - Diangou Traore

Une aide exceptionnelle pour les foyers les plus modestes

Quant à l'aide exceptionnelle promise lundi soir par Emmanuel Macron, aux familles et aux étudiants les plus précaires, Viviane attend des précisions et espère y avoir droit : "L'État doit aider parce que les gens sont en train de mourir à petit feu".

De son côté, le conseil départemental va verser une aide financière de 60 euros aux familles de 25.000 collégiens de la Seine-Saint-Denis. La mesure concerne les foyers les plus modestes dont les enfants mangeaient habituellement à la cantine et ne payaient pas leur repas plus de 2,50 euros. Selon la préfecture du département, plus de 250.000 chèques services, financés par l'État, ont également été distribués depuis le début du confinement, dans le cadre des dispositifs d'hébergement d'urgence.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu