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Dossier : General Electric dans le Territoire de Belfort

TÉMOIGNAGES : ces salariés qui veulent ou vont quitter General Electric à Belfort

Les salariés de General Electric à Belfort et Bourogne peuvent à partir de ce lundi se manifester auprès de leur entreprise s'ils souhaitent quitter le groupe dans le cadre du plan social. Ils pourront bénéficier d'une indemnité allant jusqu'à 40 mois de salaire.

Le plan social prévoit la suppression de 485 postes dans la filière turbine à gaz de General Electric
Le plan social prévoit la suppression de 485 postes dans la filière turbine à gaz de General Electric © Radio France - Wassilla Guittoune

"Je suis en train de réfléchir pour savoir si je ne vais pas prendre rendez-vous avec le cabinet des ressources humaines, commencer à regarder à l'extérieur de mon côté, je me suis déjà connecté sur des outils web pour ça" explique Hervé*, un cadre de General Electric de Belfort. Le quinquagénaire a la possibilité depuis ce lundi de déposer un dossier auprès d'une commission paritaire du groupe afin de prétendre à un départ volontaire.

Le plan social prévoit la suppression de 485 postes d'ici la fin de l'année 2020 dans la filière turbine à gaz. Des démarches qu'il effectue avec "un pincement au cœur. C'est une entreprise qu'on a fait vivre, on a fait vivre nos investisseurs. Si on remonte 10 ans avant, moi le travail qu'on faisait, j'en étais fier".

A LIRE AUSSI - General Electric à Belfort : un an de conflit social à revivre en vidéo

Plus de 300 départs volontaires d'ici fin mars 2020

Nicolas*, un autre cadre du groupe américain, s'est déjà renseigné auprès de cabinets de Ressources Humaines pour savoir s'il était éligible à un départ à la retraite anticipé. Réponse positive. Il devait prendre sa retraite à taux plein à 63 ans, il le fera finalement dans le courant de l'année à 60 ans.

"On ne connaît pas l'avenir de GE, j'ai dû mal à me projeter. Comme j'ai du mal à me projeter, je vais prendre le wagon en route". Après près de 20 ans passés au sein de l'entreprise, le futur retraité délaissera les turbines à gaz pour consacrer son temps libre à ses petits-enfants ou à sa passion pour la musique. Non sans un certain sentiment de "gâchis".

Une fin programmée ?

Les deux hommes évoquent chacun à leur manière une sorte de nostalgie des années passées à GE : "On avait tout le potentiel, _on ramenait tout le cash des Américains_, on faisait mieux que les Américains" explique Nicolas. Selon ce cadre, "on nous a pris les outils, ce sont des décisions de management, des choix qui nous ont amenés à cette situation là". 

Hervé partage la même analyse : "Petit à petit, on a découpé les activités, on a externalisé en Inde par exemple. _Aujourd'hui on fonctionne dans un système où il n'y a plus de qualité, et ça c'est peut-être le pire__. Les choses sont de plus en plus forcées, de moins en moins dans les règles de bonnes pratique_s".

Un moral au plus bas

Hervé, actuellement cadre chez GE, travaille notamment sur les questions de qualité au sein du groupe, dans un secteur où l'erreur est impossible :  "Le fait d'être comme ça éloigné de ses convictions, c'est trop, je ne peux pas, je ne peux pas signer du rouge pour du bleu. J'ai de plus en plus de mal à me convaincre qu'on arrivera à travailler dans les conditions telles qu'elles le sont."

"Aujourd'hui, la direction a estimé qu'un certain nombre de personnes était de trop, mais dans ces gens-là, il y a des gens qui sont essentiels dans le fonctionnement de l'entreprise. Je ne vois pas comment on va pouvoir travailler. En plus on va devoir collaborer avec des gens de plus en plus à l’extérieur : des Chinois, des Indiens. Déjà aujourd'hui on n'a pas le temps de travailler, alors demain ce sera impossible. Ce sera dans la douleur" conclut-il. 

*Les prénoms ont été changés par souci d'anonymat

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