Économie – Social

TGV Bordeaux-Paris : élus, entreprises, associations, tous contre la SNCF en Aquitaine

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde et France Bleu lundi 12 octobre 2015 à 17:50

Il n'y a toujours pas assez de TGV en gare de Bordeaux pour Alain Rousset
Il n'y a toujours pas assez de TGV en gare de Bordeaux pour Alain Rousset © Radio France - Clément Carpentier

Après Alain Juppé, Alain Rousset attaque de front la SNCF. Lors du congrès ITS des transports intelligents la semaine dernière, il a transmis un courrier en main propre au président Guillaume Pépy. Le socialiste demande plus de dessertes directes entre Paris et Bordeaux.

Alain Rousset critique le nombre de dessertes directes Bordeaux-Paris. D'abord, estimé à 11, la médiation de l'ancien ministre Jean Auroux en propose désormais 13,5, mais c'est toujours insuffisant pour Alain Rousset qui en veut plus : 19. Le président de la région Aquitaine a convaincu le monde économique et une association d'usagers à signer cette lettre, respectivement la Chambre de Commerce et d'Industrie et la Fédération nationale des associations des usagers des transports. 

"Il n'y a pas que Bordeaux qui compte"

Laurent Courbu, président de la CCI Aquitaine, est agacé : "Le programme tel qu'il est prévu par la SNCF est catastrophique. 13 allers-retours entre Bordeaux et Paris, ce n'est pas mieux que ce qui est fait actuellement, mais pire les horaires prévus au départ de Bordeaux ne permettent plus une liaison, une coordination avec les TER qui arrivent à Bordeaux. Il n'y a pas que Bordeaux qui compte. Il est très important de faire profiter à tous les Aquitains de l'effet TGV. Ce serait un échec, si on en reste là."

Pour justifier ce nombre de dessertes, le président de la SNCF évoque une perte d'exploitation de 150 à 200 millions d'euros par an. C'est de l'intox pour Christian Broucaret, représentant en Aquitaine de la fédération nationale des usagers des transports en commun : "On pense que la perte prévisionnelle ne sera pas d'autant. On pense qu'il devrait être pas loin de l'équilibre, pour la bonne et simple raison c'est qu'ils vont utiliser des TGV avec deux étages mais un seul conducteur."

Christian Broucaret défend aussi une politique de l'offre :

 Quand vous allez dans un supermarché, s'il n'y a pas  d'offre vous n'allez pas acheter, s'il y a de l'offre on va  voir comment les usagers se positionnent et après il sera toujours temps de réduire l'offre si on voit que ce n'est pas rentable.

Et le temps presse selon la Fnaut puisque les horaires des TGV doivent être fixés pour la fin de l'année soit un an et demi avant l'entrée en vigueur de Bordeaux-Paris en 2h05. Pour l'heure, à la SNCF, personne n'a souhaité réagir à notre micro.

Ils dénoncent un "programme catastrophique" pour le TGV Bordeaux-Paris

Alain Juppé avait ouvert le bal de ces protestations. Le membre du parti Les Républicains a tapé du poing sur la table, après l'annonce du nombre de dessertes, pour la future ligne TGV Bordeaux Paris qui entrera en service en 2017. Le maire de Bordeaux estime que la proposition faîte par la SNCF de "13 allers-retours directs" par jour est "tout à fait insuffisante". Il revendique lui aussi 19 allers-retours. 

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