Économie – Social

Thiais : manifestation devant Ikea pour de meilleures conditions de travail

Par France Bleu Paris, France Bleu Paris Région samedi 17 décembre 2016 à 17:25

Les manifestants se sont rassemblés pendant une grosse demi-heure.
Les manifestants se sont rassemblés pendant une grosse demi-heure. © Radio France - Louis Belenfant

Une cinquante de personnes se sont réunies ce samedi midi à l'appel de la CGT pour dénoncer les mauvaises conditions de travail dans le magasin Ikea de Thiais, dans le Val-de-Marne.

C'est une tentative de suicide il y a quelques semaines qui a poussé ce samedi une dizaine de salariés du Ikea de Thiais à se mettre en grève. Ils ont reçu le soutien d'un peu plus de 40 militants CGT de la section du Val-de-Marne, et d'ailleurs en France.

"Ça fait mal au cœur"

Pour les salariés mobilisés, cette tentative du suicide illustre le climat qui règne dans le magasin. "Quand vous voyez votre collègue en train d'agoniser à vos pieds, qui s'est pris une plaquette de cachetons parce qu'elle s'est plaint de harcèlement et que personne n'a rien fait, ça fait mal au cœur", s'emporte Sami, un nom d'emprunt pour ce salarié qui redoute des sanctions s'il s'exprime à visage découvert.

La direction, elle, refuse de parler pour le moment de tentative de suicide ou de harcèlement. Elle explique avoir diligenté une enquête auprès d'un cabinet extérieur pour déterminer les responsabilités de chacun dans l'entreprise. "Si la salariée revient, il n'y aura plus de possibilité de communication avec le manager incriminé", précise Carine Larde, directrice adjointe du magasin. "Nous l'avons missionné dans un département éloigné."

"Stop aux pratiques de voyous"

Mais pour les grévistes, cet évènement n'est que le dernier d'une longue liste. "Stop aux pratiques de voyous", réclame Benamar Mokeddem délégué syndical CGT. Il accuse la direction de travail dissimulé :

Il y a quelques semaines, on demandait aux salariés de venir sans badger.

Il dénonce également le racket orchestré par un responsable sur plusieurs salariés, "de 5 000 à 8 000 euros". J'ai eu plusieurs témoignages des salariés du service. On leur demandait de l'argent, sinon c'était : 'Tu n'auras pas d'augmentation, je vais te pourrir la vie, te faire un mauvais planning, etc...'"

Surprise de la direction

Sauf que du côté de la direction, Carine Larde assure "ne pas avoir eu écho" de ces différentes pratiques. "Je suis surprise parce que ça ne fait pas partie de la politique de l'entreprise." Et si jamais de tels comportements avaient lieu dans son magasin, elle promet de mettre en place très rapidement "toutes les mesures nécessaires" pour y mettre fin.