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Économie – Social

Après 18 jours de grève de la faim, Thomas, infirmier rouennais du Rouvray, va bien "physiquement et moralement"

lundi 11 juin 2018 à 20:01 Par Valentine Joubin, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

Il est celui qui a tenu le plus longtemps à l'hôpital psychiatrique du Rouvray. Après 18 jours sans s'alimenter et un accord trouvé avec la direction, Thomas, infirmier de 50 ans, se sent fatigué mais "bien moralement". Il espère que son combat pourra donner espoir à d'autres.

Après dix-huit jours de grève au CH du Rouvray, Thomas se repose chez lui à Rouen avec sa compagne Sophie.
Après dix-huit jours de grève au CH du Rouvray, Thomas se repose chez lui à Rouen avec sa compagne Sophie. © Radio France - Valentine Joubin

Rouen, France

Quatre jours après la fin du conflit, comment vont les grévistes de la faim de l'hôpital psychiatrique du Rouvray? Certes, les sept salariés ont obtenu victoire avec la création de trente postes et des unités spéciales pour adolescents et détenus. Mais on ne se remet si facilement de deux semaines sans s'alimenter et même dix-huit jours pour Thomas, 50 ans. Cet infirmier, embauché il y a 20 ans, avait dû être hospitalisé vendredi dernier au CHU de Rouen. Il est sorti le lendemain et commence à se réalimenter petit à petit. Le Rouennais nous a ouvert la porte de son salon.

Je suis soulagé que personne n'ait eu de complication.

"Je me sens nettement mieux que lorsque la grève de la faim s'est terminée, explique Thomas, mais il reste encore énormément de fatigue". L'infirmier se réalimente petit à petit, comme le lui ont conseillé les médecins du CHU de Rouen, en évitant les aliments trop gras et l'alcool. Un régime frugal qui lui convient bien. Et psychologiquement? "Je me sens vraiment moralement bien". Le quinquagénaire est soulagé d'avoir obtenu des créations de postes mais aussi "que personne n'ait eu de complications" et il ajoute "Je suis soulagé d'en sortir, tout simplement".

J'ai comme une forme de dégoût envers l'hôpital lui-même.

Parmi les sept grévistes de la faim, certains ne se sentent pas aussi bien que Thomas, "C'est assez variable. Certains sont un peu au creux de la vague. On est pas égaux dans la manière de réagir et peut-être que ça va évoluer dans le temps aussi". Lui ne se sent pas prêt à retourner travailler au CH du Rouvray dans l'immédiat, "Je ne suis pas en état physiquement et puis il y a aussi le fait d'avoir été entre quatre murs pendant deux semaines. J'ai comme une forme de dégoût envers l'hôpital lui-même".

Je suis content de servir d'exemple à des gens qui pourraient se dire, c'est plié on ne pourra jamais rien faire.

Thomas et ses six collègues grévistes sont devenus, au fil de leur combat, le symbole d'un monde hospitalier en souffrance. "Ce n'était pas le but", tempère l'infirmier rouennais tout en soulignant que le combat du Rouvray a touché de nombreux salariés bien au delà du secteur médical, "des travailleurs sociaux, des gens de l'enseignement même, les cheminot évidemment". Thomas se rend bien compte que lui et ses collègues ont employé un mode d'action "radical" mais il est "content de servir d'exemple à des gens qui pourraient se dire, c'est plié on pourra jamais rien faire. On peut toujours faire des choses".