Économie – Social

Tiers payant généralisé : bientôt, on ne paiera plus chez le médecin

France Bleu mercredi 18 juin 2014 à 8:11

Médecin généraliste en milieu rural
Médecin généraliste en milieu rural © MaxPPP

La nouvelle loi de santé publique doit être dévoilée demain jeudi par la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. Mais on en connait déjà la principale mesure, et celle qui crispe le plus les syndicats de médecins : le tiers payant généralisé. Si la loi est adoptée, plus aucun Français ne devra avancer les frais de consultation chez le médecin.

Ne plus avoir à payer les 23€ forfaitaires à la fin d'une consultation chez son médecin généraliste : c'est en tout cas ce que souhaite la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. Le tiers payant généralisé est l'une des mesures phares de la nouvelle loi de santé publique, dont les grandes lignes seront présentées jeudi, et qui sera examinée par le Parlement en 2015.

Les médecins directement payés par la Sécurité sociale

Le principe du tiers payant, déjà en vigueur dans les pharmacies notamment, stipule que c'est directement l'Assurance maladie, et le cas échéant la complémentaire santé du patient, qui rémunère les soins. Les médecins, eux, pratiquent déjà le tiers payant dans certains cas , en particulier lorsque le patient est couvert par la Couverture maladie universelle, la CMU ; ou encore lors de grandes campagnes nationales de sensibilisation.

Actuellement, 30 à 40% des consultations des généralistes (et environ 20% pour les spécialistes) ne sont pas payées par le patient en fin de consultation. Ce chiffre passerait donc à terme à 100%. En février dernier, Marisol Touraine avait affirmé qu'il y aurait une étape intermédiaire , avec la mise en place du tiers payant pour les personnes qui bénéficient de l'Aide pour une complémentaire santé (ACS) avant la fin de l'année.

"Déresponsabiliser le patient ? "

Mais les syndicats de médecins sont farouchement opposés à cette mesure. "Transformer la carte Vitale en carte de paiement, c'est déresponsabiliser le patient et banaliser l'acte médical (...). La gratuité induit des comportements différents " , explique dans les colonnes du Parisien Jean-Paul Ortiz, président d'un syndicat de médecins, qui met également en avant la difficulté de coordonner les complémentaires santé, qui devront elles aussi prendre part au projet.

De nombreuses autres mesures seront instaurées par cette loi de santé publique : notamment la mise en place d'une expérimentation "d'une ou plusieurs salles de consommation à moindre risque " – comprenez les très controversées "salles de shoot" – ou encore la création d'un code couleur à apposer sur les aliments en fonction de leurs bienfaits nutritionnels. Le paquet de cigarettes neutre, souhaité par la ministre, ne serait pas en revanche une "piste privilégiée " dans ce texte. 

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