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Économie – Social

Toiles de Mayenne : de la nostalgie et de l'espoir à Fontaine-Daniel

mercredi 13 juin 2018 à 17:13 Par Martin Cotta, France Bleu Mayenne

On connaîtra le nom du repreneur des Toiles de Mayenne, à Fontaine-Daniel, le 21 juin. Ce mercredi, le tribunal de commerce de Laval examine six offres. En attendant, les habitants oscillent entre espoir et nostalgie d'une entreprise qui rythme la vie du village depuis 1806.

Les 180 habitants de Fontaine-Daniel attendent impatiemment la décision du tribunal de commerce de Laval
Les 180 habitants de Fontaine-Daniel attendent impatiemment la décision du tribunal de commerce de Laval © Radio France - Martin Cotta

Fontaine Daniel, Saint-Georges-Buttavent, France

L'avenir des Toiles de Mayenne à Fontaine-Daniel sera scellé le 21 juin. Le tribunal de commerce de Laval décidera du nom du repreneur de l'entreprise de tissu haut-de-gamme. Six offres sont sur la table, dont celle d'Alain Bourguignon, un nantais du groupe Frémaux-Delorme, suivi notamment par quelques chefs d'entreprise de la Mayenne. La société est présente depuis 1806 à Fontaine-Daniel. 

"On est tous un peu tisserands"

Dans la commune, les habitants parlent évidement quotidiennement du devenir de l'entreprise. Lorsqu’on habite à Fontaine-Daniel, "on est tous un peu tisserands" déclare même Élise, qui tient une épicerie bio à deux pas de l'usine Toiles de Mayenne. "Nous, nous vivons dans les bâtiments qui ont été construits pour les ouvriers. Aujourd'hui on en est là, dans ce beau village, grâce à cette entreprise et au travail de ses salariés depuis 210 ans" termine la co-gérante du magasin. 

"Nous, nous vivons dans les bâtiments qui ont été construits pour les ouvriers. Aujourd'hui on en est là, dans ce beau village, grâce à cette entreprise et au travail de ses salariés depuis 212 ans"

L'entreprise est le pilier du village. Marie-Hélène est boulangère depuis 35 ans, et malgré les difficultés la vendeuse espère un avenir radieux. "C'est ce que je désir du plus profond de mon cœur" confie-t-elle. Il y a quelques années, on se bousculait dans son magasin, non pas pour le pain, mais pour son thé. "Dans mon salon de thé, il y avait souvent des gens des grandes villes, de l'extérieur, assez loin d'ici qui faisait leur pause après leurs achats aux Toiles de Mayenne, et avant de repartir" raconte la dame. La question du repreneur se pose même dans le salon de coiffure de Pascal. "Il y a de l'inquiétude oui c'est sûr. Les gens ont peur de ce qu'il va se passer" explique-t-il. 

Marie-Hélène la boulangère de Fontaine-Daniel - Radio France
Marie-Hélène la boulangère de Fontaine-Daniel © Radio France - Martin Cotta

En attendant la décision du 21 juin, Gérard, tisserand et magasinier pendant 44 ans aux Toiles de Mayenne, raconte avec nostalgie la vie de son entreprise et son impact à Fontaine-Daniel. "On était à peu près 400 employés [85 en France aujourd'hui, ndlr], beaucoup mangeaient dans le réfectoire, puis on se retrouvait dehors. On jouait même au ballon entre 13h et 13h30, c'était formidable" sourit le retraité. Toiles de Mayenne et Fontaine Daniel c'est une histoire d'amour, l'histoire d'une certaine France ouvrière.

Toiles de Mayenne est présente depuis 1806 à Fontaine-Daniel. Dans ce village, la salle des fêtes et la place du village appartiennent à l'entreprise. Mais en vue de la future reprise des Toiles de Mayenne, le maire Gérard Brodin (élu aussi à Saint-Georges Buttavent et La Chapelle Au Grain) a été contacté pour que ces deux patrimoines repassent sous pavillons public. "On nous a sollicité pour le devenir de la salle. Pourquoi pas ! En même temps, il faut voir le contexte local. Elle est à sept kilomètres de Saint-Georges, donc la gestion des salles à distance est relativement complexe" d'après le maire. 

Gérard Brodin le maire de Saint-Georges-Buttavent