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Économie - Social

Toujours plus de précaires pour la 35ème campagne d'hiver des Restos du Cœur

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Par , France Bleu Paris

Pour la 35ème année, Les Restos du Coeur ont lancé leur nouvelle campagne hivernale. Repas et chaleur humaine sont distribués à de plus en plus de pauvres et précaires. Reportage dans l'antenne du Soleil, dans le 20ème arrondissement de Paris.

© Radio France -

Paris, France

La 35ème campagne d'hiver des Restos du Cœur a commencé ce lundi. En 2018, ils ont accueilli dans tout le pays 900 000 personnes (13.500 à Paris), mais avec le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France qui a encore augmenté (9,3 millions de personnes), 2019 s'annonce pire. Environ 2 000 centres d’accueil et antennes Restos du cœur continuent avec acharnement à lutter contre la détresse et la précarité. 

A Paris, sept centres distribuent des colis alimentaires, trois lieux proposent des repas chauds le midi et deux le soir. Cinq camions se déplacent dans la capitale tous les jours pour offrir là encore des repas chauds. En 2018, 1,8 millions de repas ont été distribués dans Paris (+6% par rapport à 2017) grâce à l'implication de 2.600 bénévoles.

De la dignité même dans la difficulté

On se presse à l'entrée du local rue du Soleil dans le 20ème arrondissement de Paris. Cette antenne accueille en particulier les femmes seules avec enfants, les personnes âgées et les handicapés. Les repas ont été préparés dans la demi heure avant leur arrivée. Au menu : compote ou banane ; salade de riz au thon ou salade de pâtes au thon ; nuggets de poulet avec nouilles ; yaourt à boire ou fromage blanc ; chocolat chaud.

  - Radio France
© Radio France -

C'est un vieux monsieur bien connu ici qui se présente à l'entrée parmi les premiers. Ralph est handicapé, des bleus sur les mains et le visage, il se déplace avec une béquille. Mais il insiste pour tenir son plateau comme tout le monde. Pas de traitement de faveur, de la dignité même dans la difficulté. Quand on lui sert des pâtes, il contrôle bien la quantité. "Un peu moins, je ne veux pas gâcher", lance t-il a la bénévole qui le sert et lui répond avec un grand sourire.  

A son coup, un joli foulard, façon dandy français. Une coquetterie qu'il tient de son ancienne vie de danseur et chorégraphe. Il ne se fait pas prier pour conter ses histoires, ses débuts dans un cabaret à Marseille, ses rencontres avec Maurice Béjart ou Alain Delon, ses voyages aux Etats-Unis, en Allemagne, en Turquie. Une vie d'artiste.

Un repas assis et de la chaleur humaine

"J'ai beaucoup travaillé, mais on ne m'a jamais fait de contrat de travail. J'ai bien gagné ma vie mais rien n'a été déclaré... Je me disais que les artistes de toute façon ça vole comme les oiseaux... Je n'ai pas de retraite, mais heureusement je n'ai jamais flambé, j'ai toujours fait des économies", explique le vieil homme. Pas assez. Ça fait presque 20 ans qu'il vient régulièrement aux Restos du Cœur. Impossible de faire autrement, son dos de danseur le fait souffrir, il a des frais médicaux importants. Dans les antennes des Restos, il trouve des repas assis mais surtout de quoi nourrir son cœur. 

"Les gens ici sont bénévoles et rendent service. Quelques fois par exemple, je viens prendre une deuxième soupe. Je les vois toutes sourire et je leur dis que je reste là non pas parce que je veux plus de soupe mais parce que je sais qu'elles sont bénévoles et qu'elle sourient avec passion. C'est agréable car les gens comme moi qui viennent ici ne sourient pas forcément"

Ces petites attentions, chaque bénévole en est conscient. Depuis 2 ans qu'elle est présente tous les dimanches, Marie-Claude sait bien qu'ils ne sont pas là que pour distribuer des repas : "on a des gens avec des profils totalement différents, des situations familiales différentes, des origines différentes, qui ont un parcours de vie difficile mais qui gardent le moral. Alors en plus du repas, on leur offre du temps et une oreille. On essaye aussi de connaître leurs goûts pour leur ramener un bouquin, une veste, un pull. Ce dont ils ont besoin."

  - Radio France
© Radio France -

Monique Gassorelli, la responsable de la distribution rue du Soleil confirme : "au-delà du repas, ils viennent chercher de la chaleur humaine. Ils viennent discuter, avec les bénévoles et avec ceux qui viennent comme eux. Pendant deux heures, ils vont prendre le temps de parler, de rire. Ils ont eu des tas de problèmes dans la journée donc ils arrivent avec un stress. Et c'est à nous bénévoles de faire en sorte que ce stress disparaisse. Deux heures de bonne humeur, de gentillesse, de bienveillance, d'empathie."

Pour les bénévoles un seul regret tout de même. Constater chaque année, que les mêmes sont encore là et que d'autres précaires viennent agrandir les tablées. Marie-Claude : "ce qui est dur c'est de voir qu'en 2019 on a toujours pas trouvé la solution à leurs problèmes. Au bout de 35 ans, on en est encore là. C'est inadmissible. Le 115 est submergé. On a des gens ici qui viennent de Roissy prendre un repas. On a des personnes âgées qui vivent dans des caves. C'est effrayant. Coluche, je ne serai pas ce qu'il en penserait..." Les Restos du Cœur d'ailleurs sont toujours en recherche de bénévoles et de locaux pour accueillir des distributions. Celui du Soleil va fermer en juin prochain pour travaux. La mairie y installera à terme une administration. Les Restos cherchent un nouveau local.

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