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Économie – Social

Toul : les salariés de Brenntag toujours en grève pour dénoncer des suppressions de postes

mercredi 10 janvier 2018 à 17:50 Par Lucas Valdenaire, France Bleu Sud Lorraine

Une quinzaine de salariés de l'usine Brenntag à Toul poursuivent leur grève entamée ce lundi 8 janvier. Le site de stockage de produits chimiques va changer d'activité et plusieurs postes seront supprimés. La direction confirme mais n'avance aucun chiffre. Les élus locaux se mobilisent, eux aussi.

Une quinzaine de salariés sont en grève depuis ce lundi 8 janvier.
Une quinzaine de salariés sont en grève depuis ce lundi 8 janvier. - Sébastien Gazelle (opérateur au centre toulois de Brenntag)

Toul, France

La grève se poursuit à Toul sur le site de Brenntag. Une quinzaine de salariés ont écrit plusieurs slogans sur des draps blancs accrochés aux grilles de l'usine spécialisée dans le stockage de produits chimiques. "On n'allume pas de feu évidemment", ajoutent les grévistes. Pour cause : l'usine est classée Seveso 2.

"Il n'y aura plus grand monde sur le site"

Depuis ce lundi 8 janvier, une quinzaine de salariés sont en grève : ils craignent plusieurs suppressions d'emplois dans les prochains mois. En cause : une "phase de réorganisation au niveau national" indique l'entreprise, dont le siège social français est basé dans le Rhône (69). La maison-mère du groupe, quant à elle, est installée en Allemagne.

A Toul, le site de stockage va bientôt se transformer en plateforme logistique. Si tous les accords sont donnés, le changement d'activité se fera avant l'été prochain. Conséquence : des suppressions d'emplois sont envisagées. 

Une nouvelle réunion de négociations est organisée ce jeudi à Paris. - Aucun(e)
Une nouvelle réunion de négociations est organisée ce jeudi à Paris. - Sébastien Gazelle (opérateur au centre toulois de Brenntag)

Selon Sébastien Gazelle, opérateur du centre toulois : "il va y avoir des suppressions d'emplois mais on ne sait pas le nombre exact, on ne sait pas qui est concerné. Il y a des fuites comme quoi 15 ou 20 personnes seraient concernées. C'est clair qu'il n'y aura plus grand monde sur le site !"

L'usine meurthe-et-mosellane compte actuellement une quarantaine d'employés. 

"A la base on devait avoir un site tout neuf, poursuit Sébastien Gazelle. Et ça fait sept ou huit ans qu'ils en parlent mais c'est tombé à l'eau !"

"On a de la colère, on a l'impression qu'on s'est fait berner, qu'on nous a raconté des salades. Maintenant, on se bat pour ça et pour les prises en charges, les indemnités... Parce que pour l'instant, ils veulent nous donner le minimum de chez minimum !"

"Les négociations sont toujours en cours"

La direction du groupe confirme : il y aura effectivement des conséquences sur l'emploi à Toul. Mais selon Yves Merolle, président du directoire de Brenntag France, il n'est pas question de supprimer une vingtaine d'emplois, comme l'évoquent certains grévistes. 

"Comme il s'agit d'un projet, il y a encore des négociations en cours, explique Yves Merolle. Il est donc très difficile de préciser le nombre d'emplois impactés." 

"En tout cas sur ce site, les négociations que nous avons sont avant tout faites pour minimiser l'impact sur l'emploi. L'accent est mis sur le retour à l'emploi, sur les reclassements internes et externes." 

Une nouvelle réunion de négociations est organisée ce jeudi à Paris. Des membres de l'intersyndicale touloise seront présents. Une autre réunion est envisageable dans les prochains jours, si les négociations n'aboutissent pas. Le président du directoire Yves Merolle se rendra lui-même sur le site toulois d'ici une quinzaine de jours. Il présentera les mesures prises et rencontrera les salariés ainsi que les élus locaux. 

Le président du directoire de Brenntag France se rendra à Toul d'ici quinze jours pour rencontrer élus et salariés. - Aucun(e)
Le président du directoire de Brenntag France se rendra à Toul d'ici quinze jours pour rencontrer élus et salariés. - Sébastien Gazelle (opérateur au centre toulois de Brenntag)

"On a la rage"

Le député socialiste Dominique Potier et le président de la communauté de communes du toulois Fabrice Chartreux sont venus soutenir les grévistes en début de semaine. Ce lundi, les deux élus se sont rendus sur le site de Brenntag. Ils rappellent que les collectivités ont mis sérieusement la main à la poche pour permettre le développement du projet : 1,2 millions d'euros ont été investis par la communauté de communes. Des terres agricoles ont même été mobilisées pour l'occasion. "C'est pour ça qu'aujourd'hui on a la rage," lâche son président Fabrice Chartreux, également maire de Domgermain, près de Toul.

"C'est une grande déception, poursuit le député Dominique Potier. Le territoire s'est démené pour trouver un terrain, acheter du foncier, faire ce qu'il fallait pour que Brenntag développe un projet qui crée des emplois."

"Et quelques années après, on apprend cette nouvelle d'une restructuration sans concertation. Il y a un sentiment d'une parole trahie (...) Nous vivons ça comme une véritable injustice. Avec le président de la communauté de communes, nous avons écrit au board allemand pour lui dire que, ni sur le fond ni sur la forme, ce sont de bonnes manières."

De son côté, la direction affirme qu'elle a toujours été de bonne volonté dans le développement d'un nouveau projet. "Je ne reviendrai pas dans le détail sur les raisons qui nous ont empêchées de faire cet investissement, déclare le président du directoire Yves Merolle. Il y a eu un certain nombre de contraintes, notamment administratives, sur lesquelles nous n'avons pas pu avancer suffisamment pour avoir un projet aussi compétitif que nous l'avions élaboré". 

"Brenntag France a également investi et dépensé certaines sommes pour la préparation de ce pré-projet. Je comprends le point de vue des élus, mais ce sont des éléments que nous avons déjà eu l'occasion de discuter ensemble."