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Économie – Social

Toulouse : moins de squats, mais toujours autant de gens dedans, selon le Cedis

lundi 13 mars 2017 à 9:00 Par Bénédicte Dupont et Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie

France Bleu révélait il y a deux mois l'existence d'un squat de 400 personnes aux Arènes, le plus grand jamais vu à Toulouse. Ce squat a été le théâtre d'un incendie la semaine dernière et les conditions de vie y sont toujours difficiles.Analyse du Cedis, le collectif qui intervient sur place.

Le squat des Arènes devrait être évacué et démoli d'ici l'automne 2017.
Le squat des Arènes devrait être évacué et démoli d'ici l'automne 2017. © Radio France - Vanessa Marguet

Toulouse, France

L'incendie dans un des logements de fortune du squat des arènes prive 80 personnes d'un toit. Dans ces locaux où s'entassent 400 personnes d'une vingtaine de nationalités différentes, la situation est de plus en plus tendue. Le Cedis 31, le collectif d'entraide et d'innovation sociale, intervient sur place. L'un de ses membres, Thomas Couderette, était l'invité de France Bleu Toulouse ce lundi 13 mars. Il est interrogé par Bénédicte Dupont.

Thomas Couderette, du Cédis, invité de France Bleu ce lundi 13 mars. - Radio France
Thomas Couderette, du Cédis, invité de France Bleu ce lundi 13 mars. © Radio France - Alban Forlot

L'INVITÉ EN UN CLIC - T. Couderette du Cédis "Il y a moins de gens à la rue aujourd'hui"

Bénédicte Dupont : Vous disiez au mois de janvier : "il faut faire quelque chose, un jour il y aura un incendie dans ce squat". Vous aviez malheureusement raison. Les conditions sanitaires et de sécurité n’ont donc pas évolué ?

Thomas Couderette: "Les conditions se sont légèrement améliorées en terme de suivi social.Mais en terme de sécurité électrique, le lieu reste très dangereux. Heureusement il n'y a pas eu de blessés graves lors de cet incendie, mais cela aurait pu être bien plus grave.

Vous parlez de "progrès en terme de suivi social", cela veut dire une meilleure prise en charge ?

C'est beaucoup dire mais en effet depuis janvier, il y a au moins une association financée pour aller sur place et informer les gens de leurs droits pour qu'ils entament des démarches. Ce n'était pas le cas encore l'an dernier.

Des solutions de relogement ont-elles été trouvées pour tout le monde ?

Les familles ont été accueillies dans des gymnases puis des hôtels. Il s'agit surtout de familles bulgares (ressortissants eurpéens précaires), qui seront prises en charge par la Mairie. En revanche, il y a des personnes isolées abandonnées après une ou deux nuits d'hôtel.

Le bâtiment appartient à la banque Natixis. - Radio France
Le bâtiment appartient à la banque Natixis. © Radio France - Vanessa Marguet

Toulouse, "l'une des rares villes où le nombre de personnes à la rue (squats, bidonvilles, SDF) recule"

Que va t-il se passer aux Arènes ? Une expulsion ?

Oui sans doute, l'idée du propriétaire (NDLR la banque Natixis), et sans doute des pouvoirs publics est de ne pas trop se presser, de peur que le lieu soit de nouveau occupé. On imagine qu'il y aura une évacuation d'ici la fin de été, avec une démolition du bâtiment, des relogements partiels. Les personnes auront probablement droit à quelques nuits d'hôtel avant d'être remises discrètement à la rue.

Le problème des squats est-il sans fin ?

On le croit souvent, c'est faux. Quand il y a des solutions de relogement, il n'y a pas d'appel d'air. Les dernières années le montrent : on a beaucoup moins de personnes dans les bidonvilles (un tiers en moins) et même dans la rue, Toulouse est l'une des rares villes où il y a moins de gens à la rue. Il existe des solutions durables. Le nombre de squats a baissé, même si le nombre de personnes qui y vivent est identique. Le vrai progrès à Toulouse concerne les terrains occupés, les bidonvilles.

Quand les gens ont le temps de se poser, les démarches administratives et professionnelles s'accélèrent. Quand ils bougent tout le temps d'endroit, c'est impossible.

Combien de personnes vivent dans des squats à Toulouse ?

Environ 800 dans des squats, s'ajoutent à eux 100 ou 150 qui vivent à la rue, et environ 900 dans des bidonvilles. Mais les situations sont très différentes selon les squats, certains sont auto-organisés de façon plutôt satisfaisante où les gens peuvent se concentrer sur la recherche d'emploi et la scolarisation des enfants. Cela prouve que lorsque les gens ont le temps de se poser et de se concentrer sur leurs démarches de logement et d'emploi, tout s’accélère. Alors que quand ils ne savent où ils vont, c'est impossible pour eux de s'investir dans des démarches administratives et professionnelles.

L'Etat, la Mairie de Toulouse, le Conseil Départemental de Haute-Garonne en font-ils assez selon vous pour régler le problème des squats ?

Ça n'est pas assez mais la Mairie et la Préfecture ont une démarche plutôt volontaire ces derniers temps, et cela porte ses fruits. En revanche, c'est plus compliqué avec le Conseil Départemental, il y a eu une délibération l'an passé qui a mis à la rue des publics vulnérables comme des femmes isolées, ou enceintes ou avec des bébés, ou des mineurs. Cela montre que quand on fait des choses, cela marche, faut-il en avoir la volonté politique.

LIRE/ECOUTER le reportage de France Bleu Toulouse au squat des Arènes