Économie – Social

Toulouse : ils vivent dans une résidence fissurée de toute part. "Rien d’alarmant" répond le bailleur

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse lundi 15 août 2016 à 17:39

Plusieurs balcons sont soutenus par des étais.
Plusieurs balcons sont soutenus par des étais. © Radio France - Rémi Vallez

Les habitants d’une résidence HLM de La Faourette sortie de terre depuis cinq ans, se retrouvent avec des balcons soutenus par des étais et des murs fissurés depuis un mois. Habitat Toulouse parle d’usure normale, mais sur place l’inquiétude est grande.

"La résidence de l’horreur " comme l’appellent certains de ses occupants n’a que cinq ans d’existence. De son vrai nom "Rozès de Brousse", elle contient 40 logements sociaux. Mais au début de l’été, une rupture de canalisation en sous-sol a entraîné un affaissement des bâtiments. Depuis, de larges fissures sont apparues sur les murs, des balcons penchent légèrement vers le sol et sont soutenus par des étais.

Ben a rebaptisé sa résidence : "la résidence de l'horreur" - Radio France
Ben a rebaptisé sa résidence : "la résidence de l'horreur" © Radio France - Rémi Vallez

Dominique vit au rez-de-chaussée d'un des bâtiments de "Rozès de Brousse", toutes les nuits elle s’enferme dans sa chambre et imagine le pire : "Je ne sors plus mon chien sur la terrasse, je ne reçois plus mes petits-enfants. Moi le soir je vais dans ma chambre, je ferme la porte, j’angoisse. J’ai peur que ça se fissure, que quelque chose se passe". Il faut dire que des étais soutiennent le balcon de sa voisine du dessus. Ben qui vit là depuis 2012, montre la fissure qui parcourt le balcon de la voisine sur toute sa largeur. Il passe toute sa main entre les parois en béton : "vous voyez la dalle-là, si ça tombe ça arrache tout !". Malik est arrivé il y a 6 mois seulement. Il sera bientôt papa, et assure qu’il va déménager : "j’espère que tout le monde sorte de là car cet immeuble n’est pas bien. Ils seront obligés de reconstruire."

Habitat Toulouse : "ça n’est pas anormal, un immeuble ça vit"

"Ils" c’est le bailleur Habitat Toulouse qui n’a pas du tout la même lecture du problème. L’organisme a fait poser tout récemment des étais sur les balcons et terrasses, mais sa responsable dans le quartier La Faourette parle de "mesures de précaution". Marie-Christine Fall ajoute : "Nous qui livrons environ 700 logements par an, nous savons que nous pouvons rencontrer au bout d’un an, 2 ans, 10 ans , 20 ans après livraisons des désordres superficiels ou non. Nous savons qu’une immeuble ça vit, et ça va réagir parfois au niveau de certains composants. Nous aurions condamné l’accès et l’usage aux balcons s’il y avait eu le moindre risque. Et donc il faut que nous revenions vers nos locataires pour réexpliquer beaucoup mieux tous ses éléments-là".

Pas cher, mal fait, qui c’est qui va déguster ? Ce sont les locataires ! — Dominique, locataire à la résidence Rozès de Brousse

Une explication qui ne convainc pas de toute façon Dominique : "mais où on va là ? On signale que les bâtiments sont délabrés et on continue ! De toute façon je vais vous dire : pas cher, mal fait… qui c’est qui va déguster ? Ce sont les locataires…"

Un premier rapport sur l'état de la résidence doit être rendu cette semaine. L’agglomération toulousaine accueille 15.000 nouveaux habitants par an, la métropole et les bailleurs poussent les feux au maximum pour éponger cet afflux mais à peine 3000 logements sociaux sortent de terre chaque année. Des projets mêlant logement social et privé comme Malepère (6.000 logements en projet), la Cartoucherie (3.000 logements) doivent répondre à la demande dans les prochaines années.

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