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Économie – Social

Toulouse : la Ville assouplit, un peu, son "Plan Terrasses"

lundi 9 janvier 2017 à 5:00 - Mis à jour le lundi 9 janvier 2017 à 8:27 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

Toulouse compte 900 terrasses. La nouvelle réglementation en la matière devait entrer en vigueur ce 1er janvier à Toulouse avec pour but de réduire leur nombre. Application retardée car, après avoir entendu les doléances des gérants de cafés/restaurants, la Ville a mis un peu d'eau dans son vin.

La place St Georges est l'un des endroits préférés des toulousains pour prendre un verre en terrasse, été comme hiver.
La place St Georges est l'un des endroits préférés des toulousains pour prendre un verre en terrasse, été comme hiver. © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse, France

Ce n'est pas tout à fait la pleine saison des terrasses, mais la nouvelle réglementation (après l'arrêté municipal de juillet dernier) en la matière devait entrer en vigueur ce 1er janvier à Toulouse. Elle le sera a priori à la fin du mois car elle a été quelque peu remaniée. Désormais, la Ville, via les policiers municipaux, a la main pour sanctionner les propriétaires de bars, cafés et restaurants dont les terrasses déborderaient trop, ce qui est plutôt bien accueilli par les professionnels. En revanche, ce "plan terrasses" a surtout pour but de réduire la taille des surfaces dédiées aux tables extérieures pour laisser la place aux piétons. Car Toulouse compte 900 terrasses, elle en gagné 200 ces sept dernières années. Après des années d'indulgence, les restaurateurs et cafetiers ont un peu de mal avec cette sévérité administrative qui, vues leurs doléances, a été un peu adoucie.

Après des années d'indulgence, les restaurateurs et cafetiers ont un peu de mal avec cette sévérité administrative qui, vue leurs doléances, a été un peu adoucie, Bénédicte Dupont

Dans un premier temps, la Ville avait prévu un minimum légal d'un mètre 40 de largeur de trottoir dédiée aux piétons assorti d'un minimum de la moitié de ce trottoir, une "règle des 50%" qui passait très mal auprès des gérants comme Benjamin Serra, patron d'un restaurant place St Georges "Je perdrais 16 à 20 couverts chaque midi et chaque soir. Cela ferait 120.000 à 150.000 euros de pertes annuels" . Le restaurateur est d'autant plus amer qu'il paie une redevance annuelle de 6.000 euros justement pour pouvoir exploiter une terrasse, l'ensemble de la place Saint-Georges rapporte d'ailleurs à la Ville de Toulouse 70.000 euros chaque année en "taxe terrasse".

Je ne suis pas sûr que réduire les terrasses à Toulouse améliore la vie des riverains. Les nuisances sont beaucoup liées aux fumeurs à l'extérieur. C'est à la police municipale d'éduquer les Toulousains, pas à nous. — Benjamin Serra restaurateur, trésorier de l'Association des Cafetiers-Restaurateurs Toulousains (ACRT)

Il faut laisser au moins 1 mètre 40 de trottoir aux piétons, et jusqu'à la moitié même du trottoir dans les rues passantes. - Radio France
Il faut laisser au moins 1 mètre 40 de trottoir aux piétons, et jusqu'à la moitié même du trottoir dans les rues passantes. © Radio France - Bénédicte Dupont

La "règle des 50%" appliquée uniquement dans les zones très passantes

Après plusieurs réunions de concertation, l'adjoint au maire en charge du commerce, Jean-Jacques Bolzan a revu sa copie. La Ville maintient l'impératif du mètre quarante minimum pour tous. En revanche, la "règle des 50%" est assouplie : si nécessaire, dans les endroits où il y a le plus de flux piétons, l'espace réservé aux passants sera de minimim 1.40 mètres et pourra aller jusqu'à 50% de la largeur du trottoir. Autrement dit, les restaurateurs et cafetiers installés dans des rues plus calmes seront moins impactés.

On n'est pas à pour tuer les commerces, pénaliser les cafetiers. On veut redonner la place aux piétons, trouver le juste milieu avec une réglementation souple.

La mairie maintient la suppression progressive des platelages, ces petites terrasses en bois surélevées sur des places de stationnement, il y en a 50 à Toulouse. Pierre Cohen les avait autorisés pendant les beaux jours, Jean-Luc Moudenc les a autorisés toute l'année. Mais l'actuel maire n'en veut plus, pour pouvoir récupérer des places de stationnement. Les professionnels espéraient pouvoir obtenir un sursis de douze mois. Pas de suppression radicale : les établissements qui en ont peuvent les garder mais les propriétaires récents (ceux qui ont acheté après l'été dernier) et les futurs acquéreurs devront les enlever. De quoi rendre plus difficile la vente pour des gérants qui devront soustraire la valeur de leur terrasse au prix de vente.

Les établissements qui ont des platelages comme ici devront les supprimer en cas de changement de propriétaire pour libérer les places de stationnement. - Radio France
Les établissements qui ont des platelages comme ici devront les supprimer en cas de changement de propriétaire pour libérer les places de stationnement. © Radio France - Bénédicte Dupont

La création d'une commission des débitants de boisson dans laquelle siègent les syndicats permet d'asseoir la concertation. Cela évitera des fermetures administratives abruptes et très sévères pour les établissements. Il vaut mieux obliger un bar à fermer à 23 heures pendant quinze jours plutôt que de le fermer complètement pendant une semaine. — Philippe Belot, président régional du Synhorcat, le syndicat des hôteliers, restaurateurs et cafetiers

Philippe Belot, président du Synhorcat en Occitanie - Radio France
Philippe Belot, président du Synhorcat en Occitanie © Radio France - Alban Forlot

L'INVITÉ EN UN CLIC - Philippe Belot, président régional du Synhorcat

Les nouveaux arrêtés devraient être délivrés à la fin du mois de janvier.

► LIRE notre article de septembre dernier : Le "plan terrasses" de la mairie inquiète les professionnels mais plaît aux riverains