Économie – Social

A Toulouse, le planning familial réduit de moitié ses permanences

Par Clémence Fulleda, France Bleu Toulouse vendredi 21 juillet 2017 à 5:30

Delphine, Aurore et Fanny, respectivement salariées et membre du conseil d'administration du Planning familial de Toulouse.
Delphine, Aurore et Fanny, respectivement salariées et membre du conseil d'administration du Planning familial de Toulouse. © Radio France - Clémence Fulleda

Auparavant ouvert au public quatre après-midi par semaine, le Planning familial de Toulouse, à côté de la médiathèque, n'assure plus ses permanences (gratuites, anonymes et sans rendez-vous) que les lundi et mercredi après-midi. Explications.

Depuis juin, le Planning familial de Toulouse n'assure plus quatre mais deux permanences par semaine.
Les trois salariées ne peuvent accueillir ceux et celles qui se posent des questions sur leur sexualité, sur la contraception ou encore l'IVG que le lundi de 13h30 à 17h et le mercredi de 13h30 à 18h, dans le local de l'association situé au 23 rue Moiroud, à Marengo.
Les "consultations" restent anonymes, gratuites et sans rendez-vous, mais sur des plages considérablement réduites.

Un budget spécifique en baisse

Cela fait 43 ans que cette association (créée en 1956 au niveau national) existe à Toulouse. Le Planning familial a en effet ouvert ses portes en 1964, juste avant l'adoption de la loi Veil pour le droit à l'avortement.

Cette fois, la situation est différente de 2015, date à laquelle l'association a failli tout simplement baisser définitivement le rideau.
C'est en fait le budget spécifiquement lié aux permanences qui baisse car certaines subventions ont été ré-allouées sur d'autres actions ; mais le budget global n'a pas baissé. Il est d'environ 100 000 euros et environ 75% sert à rémunérer les salariées.

Le budget pour les permanences a donc fondu, il est passé de 45 000 euros en 2016 à environ 20 000 euros en 2017. Les employées ont ainsi arrêté la moitié des permanences pour tirer la sonnette d'alarme, pour dire qu'elles ne peuvent pas travailler gratuitement..

Il y a cinq ans les permanences du planning familial de Toulouse étaient ouvertes six jours par semaine, puis on est passé à quatre et enfin à deux en juin 2017... - Radio France
Il y a cinq ans les permanences du planning familial de Toulouse étaient ouvertes six jours par semaine, puis on est passé à quatre et enfin à deux en juin 2017... © Radio France - Clémence Fulleda

Un crève-cœur pour les salariées

Mais fermer autant de créneaux est un crève-coeur pour Aurore, salarié depuis décembre dernier :

Les permanences sont le cœur de notre métier. On informe les gens sur la contraception, l'IVG... Et parfois cela se joue à trois jours près, il y a des situations d'urgence. - Aurore, une salariée du Planning.

L'an dernier pas moins de 1500 personnes sont venues demander conseil.

Vers des financements privés

Pour trouver les 20 000 euros manquant , sur 45 000, et ré-ouvrir quatre permanences par semaines, l'association a décidé de s'adresser à des fondations privées. Mais elle espère que les acteurs publics sauront reconnaître l'importance des permanences, même si les subventions sont de moins en moins distribuées pour des dépenses de fonctionnement et de plus en plus pour des projets spécifiques.