Économie – Social

A Toulouse, les pompiers en poste devant les bureaux de vote de la primaire

Par Stéphanie Mora et Stéphane Garcia, France Bleu Toulouse dimanche 29 janvier 2017 à 11:25

Les pompiers en grève, ici devant la mairie annexe quartier Saint-Cyprien à Toulouse.
Les pompiers en grève, ici devant la mairie annexe quartier Saint-Cyprien à Toulouse. © Radio France - Stéphane Garcia

En grève depuis trois mois, les pompiers de Haute-Garonne s’invitent dans la campagne et distribuent des tracts ce dimanche midi devant quelques bureaux de la belle alliance pour rappeler que leurs revendications ne sont pas entendues par leur patronne socialiste.

Ils ne sont pas là pour éteindre le feu au PS entre les deux courants Valls et Hamon mais bien pour informer la population sur leur mouvement commencé en novembre. Les pompiers haut-garonnais sont dans l'impasse avec leur direction. Ils jugent que la cinquantaine de nouveaux postes annoncés et le recrutement de pompiers volontaires est un projet insuffisant. La proposition a été rejeté par les 2/3 des pompiers grévistes.

Ouvrir un débat à l'approche des élections

Jeudi dernier, en séance du Conseil départemental, la présidente du SDIS Emilienne Poumirol aurait expliqué que le temps d’intervention des soldats du feu était dans la moyenne nationale. Christophe Brunet, délégué CGT des sapeurs-pompiers n’est pas de cet avis : "un fourgon met 13 minutes en moyenne, mais en Haute-Garonne on met 35 minutes. Faut pas mentir aux gens! Sans compter que dans le Comminges les équipes partent en mode dégradé, c’est-à-dire trois camions au lieu de quatre comme le veut la procédure".

Les pompiers, on les aime mais faut pas qu’ils fassent trop de bruit ni qu’ils coûtent cher ! — Christophe Brunet délégué CGT

Le Conseil Départemental qui finance le service d’incendie et de secours 31 ne veut pas aller plus loin dans les négociations. Alors les pompiers s'invitent à la primaire pour parler aux électeurs de gauche. Ils distribuent des tracts devant quelques bureaux de la primaire comme dans le quartier St Cyprien où se trouve la caserne Vion (une des plus mobilisées) ou en centre-ville de Toulouse. "Il faut qu’on rentre dans le débat. Lorsqu’on nous dit que le département gagne 15 000 habitants par an, il faut des moyens : des collèges, des voiries par contre on [le Conseil départemental de Haute-Garonne, NDLR] veut pas mettre des pompiers supplémentaires. Emilienne Poumirol veut construire cinq casernes sans embaucher. Au niveau du département, les pompiers coûtent 59€ par an et par habitant alors que la moyenne en France est de 80€".

Christophe Brunet, délégué CGT des pompiers de Haute-Garonne, veut ouvrir un débat public sur les moyens du SDIS 31.

En parallèle les procédures de sanctions continuent selon la CGT. Les pompiers de Ramonville risquent un avertissement pour avoir reconstitué cette semaine un cimetière de croix blanches et pendu un mannequin en tenue dans l'enceinte de leur centre de secours. Vingt-huit pompiers ont reçu un avertissement ou un blâme pour avoir déversé de la mousse sur la place du Capitole lors d'une manifestation fin 2016.