Économie – Social

Toulouse : les premières sorties des emplois d'avenir à la loupe

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse mardi 4 octobre 2016 à 18:59

La SNCF Midi-Pyrénées a embauché en CDI 8 de ses 17 contrats d'avenir.
La SNCF Midi-Pyrénées a embauché en CDI 8 de ses 17 contrats d'avenir. © Radio France - Bénédicte Dupont

C'est l'une des mesures-phares du quinquennat Hollande lancée fin 2012 : les emplois d'avenir, ces contrats aidés de trois ans à destination de jeunes peu ou pas qualifiés. En Haute-Garonne, 4.435 contrats d'avenir ont été signés, près de 850 sont arrivés à leur terme. Que sont-ils devenus ?

Les contrats d'avenir (ou emplois d'avenir) sont des contrats de trois ans qui servent de tremplin, de formation, un premier vrai contrat de travail en fait pour ces jeunes qui peinent à trouver une première expérience. Ce sont des 16-25 ans (jusqu'à 30 ans pour les travailleurs handicapés), sans emploi et sans diplôme, ou avec un BEP/CAP, ou pour les diplômés jusqu'à bac+3 issus des zones prioritaires. En Haute-Garonne, plus de 4.400 jeunes en ont signé ces quatre dernières années, 850 ont terminé leur contrat (mille d'ici la fin de l'année).

►►► Illustration avec Emmanuel, embauché à la SNCF après son emploi d'avenir, reportage de Bénédicte Dupont

Reportage au Technicentre régional de la SNCF, à Toulouse avec Bénédicte Dupont

Emmanuel, par exemple, a 23 ans. Il y a trois ans, avec son CAP Electricien, il enchaîne les petits boulots en intérim. La mission locale de Jolimont à Toulouse, lui propose un emploi d'avenir à la SNCF, il accepte. Après avoir été formé, Emmanuel vient de signer un CDI. Comme lui, ils sont huit à avoir été recrutés de façon pérenne sur les 17 contrats d'avenir signés par la SNCF Midi-Pyrénées.

Ceux que nous n'avons pas embauché sont soit partis d'eux-mêmes après leur contrat car ils ne voulaient pas rester, soit ils ont refusé d'aller en région parisienne, où sont localisés la plupart des emplois de service. — Jacques Rascol, directeur régional de la SNCF

En Haute-Garonne, 37% des jeunes venus à la fin de leur contrat d'avenir sont en situation d'emploi un mois après leur sortie. Ce taux grimpe à 50% six mois après leur sortie. Les services de l'Etat trouve l'expérience convaincante.

On parle de jeunes qui n'avaient rien au départ, ni projet, ni qualification, ni première expérience. Aujourd'hui, ils l'ont cette première expérience, ils sont formés. C'est à cela que servent les emplois d'avenir, davantage un tremplin qu'un emploi pérenne. — Elisabeth Franco-Millet directrice départementale de la Direccte, la direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi

Il est plus facile pour la SNCF d'embaucher dans la maintenance, comme Emmanuel, que dans le service en Midi-Pyrénées. - Radio France
Il est plus facile pour la SNCF d'embaucher dans la maintenance, comme Emmanuel, que dans le service en Midi-Pyrénées. © Radio France - Bénédicte Dupont

Les employeurs partagés

En contrepartie, pour les employeurs, 35 à 75% du Smic est financé par l'Etat (35% pour le secteur marchand, 75% pour les collectivités et associations). Corinne Labit est directrice d'une crèche à Bouloc, au nord de Toulouse. Elle vient d'embaucher Marion, 21 ans, ex-stagiaire qui a terminé son contrat d'avenir : "On a pu prévoir le budget pour embaucher Marion qu'on voulait garder. Sans contrat aidé, on en l'aurait pas prise."

À l'inverse, Olivier Dini gère une entreprise paysagiste à Montaut, à 40 kilomètres au sud de Toulouse. En 2013, il prend un jeune handicapé mental comme contrat d'avenir. Au bout d'un an, il décide de ne pas renouveler le contrat sur les deux années suivantes. L'expérience n'est pas concluante, mais surtout Olivier dit n'avoir touché les aides que tardivement : "Avancer la trésorerie sur des coups de pouce où on s'engage à former ces jeunes pour avoir des ouvriers qualifiés, c'est décourageant. Je ne réitérerai pas l'expérience de l'emploi d'avenir."

80% des emplois d'avenir signés en Haute-Garonne l'ont été dans le secteur non marchand (collectivités, associations). Mais paradoxalement, elles embauchent au final moins que les entreprises. "Les mairies cherchent à garder ces jeunes ensuite, hors pour beaucoup c'est juste un tremplin. Après leur contrat d'avenir, ils s'en vont d'eux-mêmes pour travailler ailleurs", justifie le préfet, Pascal Mailhos.

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