Économie – Social

Toulouse : SFR et Téléperformance Blagnac, même combat

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse mardi 6 septembre 2016 à 18:42

Quelques salariés de TéléPerformance Blagnac ont débrayé une heure pour dire leur inquiétude devant le plan social chez leur plus gros client, SFR
Quelques salariés de TéléPerformance Blagnac ont débrayé une heure pour dire leur inquiétude devant le plan social chez leur plus gros client, SFR © Radio France - Stéphanie Mora

L’intersyndicale a organisé une heure de débrayage ce mardi devant la plateforme de Téléperformance à Blagnac. Les salariés s’inquiètent de l’impact du plan social annoncé chez SFR Numéricâble. Sud et la CGT assurent que les licenciements augmentent depuis quelques semaines à Blagnac.

Ils n’étaient pas nombreux sur le parvis de l’immeuble mais leur inquiétude est grande. Depuis que SFR Numéricâble a confirmé le départ de 5000 salariés du groupe, on sait que 3000 postes seront supprimés chez les sous-traitants. Or SFR est l’un des deux gros clients de la plateforme Téléperformance de Blagnac.

A ce jour, la direction assure aux délégués du personnel qu’il n’y a aucun plan social en cours et que SFR reste un gros client de la plateforme d’appel et de service après-vente, mais Fouad, secrétaire Sud au CHSCT doute : "Vous avez la courbe de la part de marché de SFR chez le sous-traitant qui diminue et parallèlement - et bizarrement ! - celle des licenciements qui augmente. Excusez-moi, mais j’aimerais bien qu’on m’explique ! Déjà en 2015, plus de 110 salariés ont quitté l’entreprise, donc plus de 1/3 des effectifs de Téléperformance Blagnac. On détient le record de licenciement pour inaptitude : 45 sur une seule année, 32 pour faute grave. Bien évidemment, on considère qu’il y a à un plan de licenciement économique déguisé ! Dans un seul but : éviter un plan social très coûteux".

"La courbe de la part de marché est inverse de celle des licenciements" - Fouad, secrétaire SUD au CHSCT

70% d’absentéisme et 45 licenciements pour inaptitude selon Sud et la CGT

Aujourd’hui 400 personnes travaillent à Téléperformance Blagnac, une grosse partie pour SFR. Les téléconseillers gèrent les appels d’abonnés SFR-Numéricâble mécontents, ils doivent les retenir, obtenir qu’ils se réengagent chez l’opérateur, veiller à ce que tous le foyer soit client SFR, d’autres assure le service clientèle classique. "C’est de plus en plus dur, explique Grégory qui travaille depuis 14 ans chez Téléperformance pour SFR. On rentre le soir stressé, on récupère les erreurs faites par les plateformes off-shore, et les ¾ des appels sont des clients mécontents. L’entreprise ne reconnait pas cette pression. 14 ans de boîte, toujours le même salaire et on n’arrive même pas à se loger. Je suis inquiet : on ne sait pas ce qu’on va devenir l’année prochaine… On est à bout quoi !"

Téléperformance Blagnac emploie environ 400 personnes. Selon Sud, un tiers de l'effectif en CDI a quitté l'entreprise en 2015. - Radio France
Téléperformance Blagnac emploie environ 400 personnes. Selon Sud, un tiers de l'effectif en CDI a quitté l'entreprise en 2015. © Radio France - Stéphanie Mora

On demande du respect et de la reconnaissance. — Madjouba Bounab, déléguée CGT à Téléperformance à Blagnac.

Selon les syndicats, le site de Téléperformance à Blagnac connait jusqu’à 70% d’absentéisme. Le contrôle du travail des téléconseillers via deux logiciels est mal vécu, Madjouba Bounab, déléguée du personnel CGT : "on est écouté en permanence par SFR et par Téléperformance. On doit traiter trois clients par heure alors qu’il faut en moyenne 30 minutes par client pour le satisfaire. Les objectifs imposés sont de 50% de réengagement".

Une action en justice est en cours auprès du TGI de Toulouse à propos justement des logiciels qui "surveillent" l'activité des salariés. "Nos salaires n’ont pas évolué depuis des années mais au moins qu’on ait la reconnaissance de nos employeurs, réclame Samira Alaoui de la CGT. Et que le gouvernement arrête de verser le CICE à des sociétés qui licencient !"

La direction n'a pas donné suite pour l'instant à nos sollicitations.