Économie – Social

Tourisme : à Vaux-le-Vicomte, « On n'a jamais vécu une telle baisse »

Par Géraldine Houdayer, France Bleu Paris Région lundi 8 août 2016 à 4:00

Des touristes japonais se prennent en photo devant le Château de Vaux-le-Vicomte
Des touristes japonais se prennent en photo devant le Château de Vaux-le-Vicomte © Radio France - Géraldine Houdayer

L'été s'annonce très sombre pour le tourisme en île de France. Si les sites parisiens sont touchés, c'est aussi le cas des attractions de la petite et de la grande couronne. En Seine-et-Marne, le château de Vaux-le-Vicomte enregistre une forte baisse de fréquentation.

L'été s'annonce catastrophique pour le secteur du tourisme en Île-de-France. Le secrétaire d'état chargé de la promotion du tourisme, Matthias Fekl, l'a confirmé dans le Journal du dimanche : le nombre de nuitées des touristes étrangers en France est en baisse de 10 % pour les six premiers mois de l'année. En juillet, cette tendance se confirme, avec le même chiffre. La région la plus touchée est Paris et l’Île-de-France. D'après le baromètre du comité régional du tourisme, 56 % des professionnels du secteur annoncent des réservations mauvaises pour le mois d'août.

 "Je suis surprise de voir aussi peu de monde!" Valérie, qui visite Vaux-le-Vicomte

Si la fréquentation des grands sites parisiens est en baisse, les sites de la petite et de la grande couronne souffrent tout autant. C’est le cas de Vaux-le-Vicomte. Dans les couloirs du château de Seine-et-Marne, on croise Valérie, une Américaine qui vit à Paris. « Ça me surprend de voir si peu de monde, s’étonne-t-elle. Dans les jardins à la française, derrière son kiosque à sandwiches, Corinne confirme. « Il y a beaucoup  moins de monde cette année, le chiffre d’affaires est moindre," se désole l’employée. Pourtant Suzanna, venue de Hollande, préfère encore Vaux-le-Vicomte aux sites parisiens : « On ne va pas à Paris, souffle la mère de famille. Avec tout ce qui s'est passé, on ne veut pas y aller cette année. Avec les enfants, je n'ai pas envie de me retrouver dans des situations risquées. Ici c'est plus calme, on se sent plus en sécurité."

 "On est plombé et on ne va pas le cacher" Alexandre De Vogüe, copropriétaire du château

Que ce soit à cause des attentats, du mauvais temps ou des grèves, Alexandre de Vogüe, copropriétaire du château, admet une baisse de fréquentation. « On est plombé et on ne va pas le cacher, avoue le châtelain. _On a une baisse importante, comme on ne l’a jamais vécue. Ça nous inquiète. On était à moins 20 % en avril, aujourd’hui, on est à moins 10 % de fréquentation par rapport à l’an dernier."  _Conséquence de ces rentrées d'argent en moins, le château suspend ses restaurations pendant au moins un an et demi. Seul le mécénat pourra en financer certaines.

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