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Économie – Social DOSSIER : Le G7 à Biarritz

Participants, manifestations, enjeux, sécurité : tout savoir sur le G7 qui se déroule à Biarritz du 24 au 26 août

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Pays Basque, France Bleu Béarn

Le G7, qui réunit les chefs d'État des pays les plus riches de l'occident, se déroule à Biarritz du 24 au 26 août. De quoi vont parler les chefs d'État ? A quoi sert vraiment ce rendez-vous, placé sous très haute sécurité ? France Bleu vous explique tout ce qu'il faut savoir sur le sommet.

Le G7 se tient de samedi soir à lundi à Biarritz.
Le G7 se tient de samedi soir à lundi à Biarritz. © Radio France - Bixente Vrignon

Pendant trois jours, les projecteurs du monde entier vont être braqués sur la côte basque. Le G7 commence à Biarritz ce samedi 24 août, et va durer jusqu'à ce lundi 26. Le contre-sommet, à Hendaye et Irun, a débuté ce mercredi. Qui participe à ce sommet international ? De quoi vont parler les chefs d'État ? À quoi sert le G7 ? Qui sont les anti-G7 ? Quelles sont les mesures de sécurité ? France Bleu vous explique tout sur cet événement. 

A quoi sert le G7 ? 

Le G7 est une sorte de club très restreint de chefs d'état du monde occidental. Il réunit les sept pays les plus industrialisés du monde : les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie et le Japon. Les chefs d'États du G7 se retrouvent pour parler des grands enjeux diplomatiques et économiques du monde et décider des grandes orientations à mener.

Jusqu'ici, le G7, comme de nombreux sommets internationaux, se concluait par une déclaration commune des chefs d'États sur des objectifs à atteindre. Mais en 2018 au Canada, dans l'avion du retour, Donald Trump a brutalement retiré son soutien à la déclaration commune. La présidence française du G7 devrait donc, cette fois, faire l'impasse sur la déclaration finale. D'autant que les divergences sur les enjeux internationaux et la fragilité de plusieurs chefs d'États dans leur pays rendent une déclaration commune quasi impossible. Emmanuel Macron veut d'ailleurs réformer le format du G7 : il souhaite, cette fois, tenter de favoriser l'émergence de "coalitions de pays acteurs" désireux de "proposer des solutions concrètes sur les grands défis", selon une source française qui s'est confiée à l'AFP.

Qui participe au G7 de Biarritz ?

Les sept pays membres du G7 participent évidemment au sommet : États-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, et Japon. La Russie, qui a fait partie du G8, en a été exclue en 2014, après l'annexion de la Crimée. Mais si Vladimir Poutine ne fait plus partie du club, il a été reçu par Emmanuel Macron lundi au fort de Brégançon. Le président français a d'ailleurs affirmé qu'il était favorable à un retour de la Russie dans le groupe, si une solution est trouvée à la crise en Ukraine. Donald Trump le souhaite également, sans condition particulière.

Il faut aussi compter avec les invités. Plusieurs chefs d'état qui ne font pas partie du G7 sont conviés à Biarritz : le Premier ministre indien Narendra Modi, pour évoquer la crise entre son pays et la région du Cachemire, à laquelle il a retiré son autonomie. Le président chilien Sebastian Piñera, l'égyptien Abdel Fattah al-Sissi, et les dirigeants africains Paul Kagame (Rwanda), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) et Macky Sall (Sénégal) sont aussi invités. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a annulé sa venue pour raison de santé. 

L'Inde participera aux sessions sur le climat et le numérique. C'est la première fois qu'une nation invitée participe aux sessions formelles du G7. Emmanuel Macron souhaite accorder une place plus large au pays, "qui joue un rôle clé sur les sujets globaux".

Plusieurs ONG environnementales, comme France nature environnement, Greenpeace, la Ligue pour la protection des oiseaux, Oxfam France, le Secours catholique ou WWF, réunies au sein du Réseau action climat, devaient aussi participer au sommet, mais ont laissé planer le doute sur un éventuel boycott.

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© Visactu -

De quoi vont parler les chefs d'État ? 

"On va parler des grands sujets stratégiques de sécurité, de commerce et d'économie mondiale de manière très informelle, se dire les choses", a résumé Emmanuel Macron mercredi soir. L'intitulé officiel du sommet est "la lutte contre les inégalités". Mais les sujets de discussion sur les enjeux internationaux ne manquent pas : urgence climatique, Brexit, tensions autour de l'Iran et des pays du Golfe, guerre commerciale entre Washington et Pékin, crise à Hong-Kong, crise entre le Cachemire et l'Inde, crise en Ukraine...

Le climat, qui figurait déjà en bonne place, devrait être au cœur des discussions, au moment où les incendies en Amazonie font réagir dirigeants et citoyens partout dans le monde. "Tous les membres, à l'exception des Etats-Unis, vont s'engager à mettre en oeuvre et accélérer l'accord de Paris sur le climat, soutenir le sommet des Nations-Unies pour le climat en septembre, et défendre la biodiversité", anticipe John Kirton, directeur du G7 research Group de l'université de Toronto, dans une interview à l'AFP. 

Parmi les thèmes économiques abordés, les dirigeants pourraient aussi avancer sur un accord concernant la taxation des géants du numérique. 

Le Brexit devrait aussi être au centre des rencontres entre Boris Johnson et Donald Trump, Emmanuel Macron et Angela Merkel. Emmanuel Macron a reçu, ce jeudi, le premier ministre britannique à l'Elysée en amont du sommet. Les droits de douanes, comme ceux que les États-Unis disent vouloir imposer au vin français, seront aussi au programme des rencontres plus ou moins formelles du week-end. 

La diplomatie entre les lignes 

La liste officielle des participants augure d'un sommet agité : le président américain Donald Trump est toujours aussi imprévisible, capable de décisions déconcertantes. Pour son premier G7, Boris Johnson, le nouveau Premier ministre Britannique, est en plein psychodrame du Brexit. Angela Merkel est en bout de course après 14 ans de pouvoir. L'Italie, elle, se retrouve sans gouvernement, alors que Giuseppe Conte a démissionné ce mardi, et fera figure de spectateur.

Mais comme souvent dans ce genre de réunion, la teneur des relations entre les chefs d'État se mesurera à l'aune des rencontres informelles et des images symboliques : les poignées de main seront-elles chaleureuses, longues ou glaciales ? Une étreinte maladroite créera-t-elle un incident diplomatique ? Qui rencontrera qui en tête-à-tête, entre deux réunions ou autour d'un petit-déjeuner privé ? Boris Johnson va-t-il faire les yeux doux à Donald Trump pour assurer ses arrières en cas de Brexit sans accord ? Le président américain sera-t-il aussi isolé que lors du G7 au Canada ? Angela Merkel sera-t-elle victime d'une nouvelle crise de tremblements en public ? 

Qu'est-ce que le contre-sommet ? 

Comme à chaque grand sommet international, les mouvements alternatifs organisent un contre-sommet. Il a lieu à Hendaye et Irun, de chaque côté de la frontière espagnole. Les organisateurs espèrent y accueillir 10.000 participants. Un camp est installé à Urrugne pour les participants. Associations, partis politiques de gauche et collectifs proposent des rencontres et des stands sur les thèmes des alternatives au capitalisme, de l’environnement, de la langue et de l'identité basque, ou encore du féminisme. Les "anti-sommet" dénoncent le paradoxe d'un sommet placé sous le signe de la lutte contre les inégalités, alors que, selon eux, Emmanuel Macron les creuse avec une politique trop libérale.

Aurélie Trouvé, porte-parole d’Alternatives G7, la plateforme organisatrice du contre-sommet, explique : "Voilà des chefs de l'Etat enfermés dans leur tour d'ivoire et face à ça, ce que nous voulons montrer, c'est un contre G7 ouvert, pluriel, revendicatif, ancré dans le territoire car nous l'avons organisé avec la grande majorité des acteurs sociaux de ce territoire". 

Les participants prévoient une grande manifestation pacifique samedi entre Hendaye et Irun. Dimanche, ils comptent occuper les places publiques plus près de Biarritz, couvert par un très large périmètre d’interdiction de manifestation. Mais ces derniers jours, des petits groupes, principalement antifascistes et anarchistes, ont quitté la plateforme officielle du contre-sommet, qu'ils jugent trop contrôlée par l'Etat. Ils veulent s'exprimer en dehors de ce cadre. Des black blocs pourraient faire partie de ces groupes.

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Pourquoi une sécurité aussi drastique ? 

Biarritz est transformé en véritable forteresse, et les forces de sécurité seront présentes de Bayonne à Hendaye. Au total, 13.200 policiers, épaulés par des militaires, sont mobilisés pour assurer la sécurité sur la côte basque ce week-end. 400 sapeurs-pompiers et 13 équipes mobiles d'urgence et de réanimation seront également déployés.

Outre la sécurité des chefs d'États à assurer, les autorités craignent des débordements lors des manifestations des anti-G7, mais plutôt de la part des black blocs que de la part des altermondialistes. Les autorités n'excluent pas non plus des actions de gilets jaunes. 

u cas où les manifestations dégénèrent, le dispositif judiciaire est également massif, avec 70 avocats, 17 procureurs et plus de 300 places en cellule de garde à vue mobilisés.

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Combien coûte le sommet ? 

Le sommet va coûter 36,4 millions d'euros à la France, a indiqué mercredi Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement. Des chiffres "inférieurs à ce que l'on rencontre habituellement dans les sommets internationaux", a tenu a précisé la porte-parole. Dans un souci de "préservation des deniers publics", le gouvernement a "fait le choix de (s')appuyer sur des structures existantes" pour limiter le nombre de constructions à réaliser. Le gouvernement a également "fait appel au mécénat d'un certain nombre de grandes entreprises", a précisé la porte-parole. Sibeth Ndiaye a aussi insisté sur le "souci de gestion éco-responsable" du G7, avec notamment l'implication des commerces de bouche "au coeur de la fourniture des repas" des participants.

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