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Économie – Social

Transhumance et élevage d'abeilles : les apiculteurs s'adaptent aux difficultés du métier

lundi 6 novembre 2017 à 8:33 Par Nolwenn Quioc, France Bleu Occitanie

En Occitanie, première région apicole de France, les producteurs font face à des conditions de plus en plus compliquées : frelon asiatique, aléas climatiques, baisse de la biodiversité... Alors le métier évolue drastiquement. Reportage à la Foire au miel de Toulouse.

Avec 165 000 ruches et 1890 tonnes de miel produites chaque année, l'Occitanie est la première région apicole de France
Avec 165 000 ruches et 1890 tonnes de miel produites chaque année, l'Occitanie est la première région apicole de France © Radio France - Nolwenn Quioc

Toulouse, France

2017 sera une nouvelle année difficile pour les apiculteurs. Pas aussi terrible que 2014, année noire dans la mémoire des producteurs de miel, mais pas vraiment meilleure que 2016. "De toutes façons on ne fait plus de supers récoltes de miel" lâche Didier Adalid, apiculteur à Saussenac, près d'Albi. Même constat chez Frédéric Garcia, installé à Fenouillet dans les Pyrénées Orientales : "On est vraiment en perte de vitesse par rapport à la production. L'année dernière, on a fait -40% par rapport à 2015. Cette année, on fait encore -20%".

Frédéric Garcia et son neveu, Enzo, apiculteurs à Fenouillet, non pas en Haute-Garonne mais dans les Pyrénées Orientales - Radio France
Frédéric Garcia et son neveu, Enzo, apiculteurs à Fenouillet, non pas en Haute-Garonne mais dans les Pyrénées Orientales © Radio France - Nolwenn Quioc

En cause : le frelon asiatique, les aléas climatiques, mais surtout, les pesticides, qui malgré les réglementations agissent de manière catastrophique sur les essaims : " On a des ruches qui vont patiner a cause des pesticides, explique Olivier Ravaud, apiculteur à Puybegon dans le Tarn. On n'a plus de pertes sèches, avec des colonies entières qui meurent comme c'était le cas il y a quelques années. Maintenant les produits agissent sur la fertilité des mâles, des choses comme ça. Les abeilles ne meurent plus dans les ruches, elles meurent dans les champs".

La transhumance ce n'est pas que pour les brebis

Il faut donc être beaucoup plus vigilant à la santé des essaims, et agir dès que l'on voit un affaiblissement des ruches. "Le métier est beaucoup plus technique, confirme Didier Adalid. Avant, un apiculteur, c'était plus un cueilleur de miel. Maintenant on est obligés de faire de la transhumance et de l'élevage. C'est un travail beaucoup plus minutieux et pointu qu'à l'époque".

De l'élevage d'essaims, pour renouveler les 30% de ruches qui meurent chaque année en moyenne, et la transhumance des ruchers, qu'on déplace à quelques kilomètres ou à l'autre bout de la région pour avoir toujours des fleurs à butiner. C'est une des conséquences de la baisse de la biodiversité. "Rappelez-vous, quand vous étiez enfant, vous voyiez des champs de coquelicots partout ? maintenant, plus rien" poursuit Didier Adalid.

La transhumance a donc été fortement encouragée par l'Etat, pour avoir une production plus constante au long de l'année et éviter une mortalité importante des abeilles si une zone est infestée par le frelon asiatique ou contaminée par des pesticides. Eric Carion, apiculteur dans les Monts d'Alban, au Nord-est du Tarn, change de place à ses ruches environ trois fois dans l'année. "On les mets dans des zones où elles butinent des fleurs différentes : mettons, un colza et un acacia en début de saison, suivi d'un châtaigner, et en fin de saison un tournesol".

Des évolutions essentielle pour la survie du métier... mais aussi des abeilles, et donc de la planète. Car comme dit marie Miras, ancienne apicultrice qui cite Einstein, "Si les abeilles disparaissent de la surface de la terre, l'humanité n'en a plus que pour quelques années".