Économie – Social

Trois ans après, les abattoirs de Sarreguemines rouvrent leurs portes

Par Lucas Valdenaire, France Bleu Lorraine Nord lundi 19 septembre 2016 à 18:29

Une vingtaine d'emplois ont été créés pour la réouverture des abattoirs de Sarreguemines
Une vingtaine d'emplois ont été créés pour la réouverture des abattoirs de Sarreguemines - Communauté d’Agglomération de Sarreguemines Confluences

Ils étaient fermés depuis novembre 2013 : les abattoirs de Sarreguemines ont rouvert ce lundi avec une vingtaine d'emplois à la clé. Une très bonne nouvelle pour les éleveurs du territoire.

Après trois ans d'inactivité, les abattoirs de Sarreguemines reprennent du service. Ils ont officiellement rouvert leurs portes ce lundi. Il s'agit d'une Société publique locale (SPL) gérée par la Ville et la CASC, la Communauté d’Agglomération de Sarreguemines Confluences. Avec leurs 10.000 m², les abattoirs du Pays de Sarreguemines font partie des plus importants de France.

Gagner du temps et de l'argent

A leur fermeture en novembre 2013, le département ne comptait plus que deux abattoirs : à Metz et à Sarrebourg. Un coup dur pour les éleveurs du territoire, contraints d'allonger les distances pour abattre leurs animaux. C'est le cas d'Alain Fotré, exploitant à Hundling, juste à côté de Sarreguemines. Jusqu'à maintenant, il était obligé de se tourner vers un autre abattoir : celui de Sarrebourg, à 60km de là !

Avant, on mettait 20 minutes. Maintenant, c'est 1h15. Forcément, (la réouverture) c'est un gain de temps extrêmement appréciable et un gain d'argent aussi

Des économies également pour Laurent Wagner. Avec sa femme, il gère une exploitation de près de 150 bovins à Nousseviller-Saint-Nabor. Il fait appel à un marchand pour transporter ses bêtes. De sa ferme jusqu'à l'abattoir de Sarrebourg, il doit payer 200 euros par tête. En une année, 35 bovins sont abattus : cela représente une économie de 7.000 euros. Revenir à Sarreguemines pour Laurent Wagner : "cela nous enlève une vraie épine du pied".

"Recréer de l'emploi" 

Pour la réouverture, une vingtaine d'emplois ont été créés. L'activité de départ n'est pas à son maximum, le temps de retrouver un rythme de croisière. Le lundi est consacré à l'abattage des ovins, le mardi à celui des bovins et le mercredi à la mise en quartiers. Quand ils étaient en fonctionnement, les abattoirs de Sarreguemines figuraient parmi les plus importants de France : en 2010, année record, ils avaient traité jusqu'à 25.000 tonnes de viande.

Pour le député-maire de Sarreguemines Celeste Lett, il ne fallait donc surtout pas laisser tomber cet abattoir pour remplir "un double objectif"  :

Répondre à une demande réelle des éleveurs et recréer des emplois pour un outil qui est un des plus performants, un des plus modernes de France

Le député-maire se veut enfin irréprochable sur le traitement réservé aux animaux. Après les derniers scandales de maltraitance dans plusieurs abattoirs de France, Céleste Lett assure que les contrôles de l'Etat et des services vétérinaires seront assurés en toute transparence. "Nous avons connus deux grands scandales, explique-t-il. Celui de la viande de cheval et plus récemment, ces comportements indignes d'abattage. Alors, on est particulièrement sous la loupe et c'est normal. Nous devons être exemplaires."