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Économie – Social DOSSIER : General Electric dans le Territoire de Belfort

Trois questions à... Nicolas Mercier délégué CFE CGC chez General Electric à Belfort

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard

Les salariés de l'ancienne usine d'Alstom rachetée en 2015 par General Electric se mobilisent ce mardi matin à Belfort. Ils craignent 800 à 1 000 suppressions d'emplois sur les 1 900 que compte la branche "Gas Power System" de GE à Belfort.

Les salariés de General Electric à Belfort se mobilisent ce mardi pour "obliger M. Macron à se positionner contre les suppressions d'emplois"
Les salariés de General Electric à Belfort se mobilisent ce mardi pour "obliger M. Macron à se positionner contre les suppressions d'emplois" © Maxppp - Maxppp

Belfort, France

Les salariés de General Electric à Belfort se mobilisent ce mardi pour "obliger M. Macron à se positionner contre les suppressions d'emplois", explique Nicolas Mercier délégué CFE CGC, syndicat majoritaire chez General Electric à Belfort, et élu CSE de GE EPF. Il espère rencontrer le président de la République dans le courant de la semaine. Nicolas Mercier s'exprimait ce mardi matin chez nos confrères de franceinfo.

Pourquoi vous mobilisez-vous aujourd'hui ?

"La mobilisation d'aujourd'hui a un but principal : obliger monsieur le président Macron à se positionner contre les suppressions d'emplois qui sont annoncées. GE a repoussé ses annonces après les élections européennes mais malgré cela, M. Bruno Le Maire a indiqué qu'il n'y avait pas d'autres choix. C'est un aveu de faiblesse flagrant. On considère à l'inverse que les suppressions évoquées sont un pur non-sens et qu'au vu des factures industrielles actuelles, il faut à l'inverse embaucher. La turbine à gaz  a de l'avenir dans le monde."

GE dit que la conjoncture est mauvaise. Où en est votre carnet de commandes ? 

"C'est un petit peu le problème que l'on a depuis 12 ou 24 mois. On voit le marché accusé de tous les maux et seulement le marché. Le marché de la turbine à gaz est un marché cyclique. C'est un fait. Malgré tout, il y a des signes de reprise en Europe, notamment en Allemagne qui nous a passé plusieurs commandes depuis quelques mois, une première depuis maintenant plusieurs années. La reprise du marché est là, tous les experts s'accordent à le dire. Et on a plusieurs arguments pour expliquer pourquoi ces suppressions d'emplois seraient injustifiables et qu'à l'inverse il faut embaucher."

Cette branche de GE est la plus profitable. On a fait plus de 90% des bénéfices"  

"200 personnes sont parties sur 2018 et n'ont pas été remplacées. On considère que le PSE 2018 a eu lieu de manière masquée. On a atteint un seuil critique aujourd'hui. Monsieur Hugues Bellay, le nouveau patron de GE France a confirmé aux organisations syndicales il y a quinze jours qu'il n'y avait aucun transfert d'activité envisagé vers les États-Unis ou ailleurs. Cette branche de GE est la plus profitable. On a fait plus de 90% des bénéfices. Le déficit qu'on nous accuse de faire est purement un montage financier de manière à rapatrier les bénéfices ensuite."

Que craignez-vous ? Une fermeture ?

"Pour l'instant, on est dans l'expectative. On peut tout craindre dans l'absolu. Maintenant on estime que ces chiffres qui sont annoncés, de 800 à 1 000 (suppressions d'emplois) sont irréalistes, ça générerait des suppressions d'entités entières, et surtout irréalistes d'un point de vue industriel : la turbine à gaz est le binôme idéal du renouvelable qui est en plein essor, par rapport à son démarrage rapide notamment et qui permettrait d'absorber les pics de consommation. De plus, Siemens a annoncé sortir sa branche gaz du conglomérat. Du côté de leurs clients, ça va générer des latences pour certainement plusieurs mois, voire plusieurs trimestres, et que ça représente des opportunités sur GE."