Économie – Social

Tupperware, une boîte hermétique à la crise

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne et France Bleu vendredi 23 octobre 2015 à 14:46

Les équipes de Tupperware vous accueillent vendredi et samedi à la Toison d'Or
Les équipes de Tupperware vous accueillent vendredi et samedi à la Toison d'Or © Radio France - Arnaud Racapé

C'est la marque phare de nos mamans et de nos grands-mamans. Les fameuses boîtes de conservation Tupperware envahissent nos cuisines depuis plus de 55 ans. Et en France, la société américaine se porte bien : une campagne de recrutement de 100 conseillers vient d'être lancée à Dijon.

Avec 58 concessions et un réseau de 37.000 conseillers et conseillères sur tout le territoire, Tupperware affiche une santé presque insolente. Pourtant, vous ne croiserez jamais ces produits dans les rayons des supermarchés, ou dans une publicité à la télévision : la firme fondée en 1946 par Earl Tupper a depuis longtemps tourné le dos à la vente traditionnelle, pour lui préférer la vente directe à domicile :  ces célèbres ateliers durant lesquels des conseillères culinaires (les femmes sont très largement majoritaires) invitent leurs amis ou les amis de leurs amis chez elles, et cuisinent devant eux à l'aide des produits de la marque, avant de les proposer à la vente.

Un modèle économique original et porteur

Depuis vendredi matin, les représentantes Côte-d'Oriennes de Tupperware ont posé leurs valises et leurs boîtes en plastique à la Toison d'Or, avec un objectif : recruter des conseillères et des conseillers culinaires. Et les arguments ne manquent pas pour attirer les talents : 0 euro d'investissement, une gamme de produits offerts pour commencer son business, une libre organisation du temps, voire une voiture de fonction, sans oublier la promesse d'évoluer très vite vers des postes de manager d'équipe. Christiane Ritsh est la concessionnaire Tupperware en Bourgogne, elle a gravi tous ces échelons depuis 1992 et vante cette formule économique : "c'est une réelle opportunité de travail, bon nombre de nos managers d'équipes et conseillères ont un vrai salaire, et peuvent évoluer, j'en suis la preuve, vers le rôle de chef d'entreprise. La conseillère reçoit 20% de commission sur le chiffre d'affaires réalisé lors d'ateliers, ce qui veut dire que pus la personne va faire d'ateliers, plus sa rémunération sera importante."

Une centaine d'euros par atelier en moyenne

Qu'on se le dise, les premiers pas de conseillère sont loin d'apporter la richesse. Mais au fur et à mesure que le réseau se crée, il est possible de gagner plus que correctement sa vie. En moyenne, chaque atelier rapporte à la conseillère culinaire une centaine d'euros, parfois 200. Tout dépend de la vente du soir. En tout cas le système est parfaitement rôdé : une conseillère se tisse un réseau, attire ainsi de nouvelles conseillères et se voit récompensée par des primes supplémentaires et un statut d'animatrice, puis de manager, avec un statut officiel de vendeuse à domicile indépendante (VDI). 

Le réseau et la convivialité sont notre créneau

La formule marche si bien que la marque envisage de recruter jusqu'à 6.000 conseillers (surtout conseillères en fait) supplémentaires, plus d'une centaine en Bourgogne. Pour Christiane Ritsh, Tupperware est tout simplement sur un créneau redevenu très porteur : "la cuisine, le fait-maison, la convivialité, qui est notre créneau. Se trouver entre amis, entre copines, apprendre à utiliser des produits qui sont parfois techniques.. et à l'issue de cet atelier les personnes testent les produits, dégustent les recettes réalisées, et font des achats ou pas. Et on se retrouve plus tard chez une autre personne pour faire un autre atelier.On s'adresse aussi bien à des femmes actives qu'à des cordons bleus."

La marque surfe sur le succès des émissions culinaires diffusées à la télévision

Ringard il y a encore quelques années, ce modèle économique sans publicité et hors des sentiers battus est donc revenu dans l'air du temps, et attire désormais des profils différents. Ainsi on ne devient plus conseiller par défaut mais par choix, à l'image de Catherine Bérard, manager de la toute nouvelle antenne de Dijon. Dans une vie précédente, elle était technicienne de laboratoire, et enseignante à l'université de Bourgogne. Aujourd'hui, elle gagne 1.500 à 2.000 euros par mois, et possède sa voiture de fonction : _"Je pense que toutes les émissions de _télé-réalité sur la cuisine ont largement contribué à notre évolution et au maintien de notre activité. Il y a eu un retour en arrière sur ça, le fait-maison compte énormément, et finalement, les conseillères comme les clientes y trouvent leur compte. La clientèle qui vient aux ateliers aujourd'hui c'est aussi bien des très jeunes que des personnes âgées qui justement contribuent à transmettre le virus Tupperware."

En Bourgogne, la marque revendique 410 conseillers et managers.