Économie – Social

Un artisan doreur icaunais expose au Louvre

Par Élisa Brinai, France Bleu Auxerre mercredi 2 novembre 2016 à 20:18

Stéphane Christophéry travaille aussi parfois sur des objets plus insolites, comme ici, une raquette à neige, qu'il a dorée à l'or fin.
Stéphane Christophéry travaille aussi parfois sur des objets plus insolites, comme ici, une raquette à neige, qu'il a dorée à l'or fin. © Radio France - Elisa Brinai

Stéphane Christophory fait parti des cinq artisans icaunais retenus pour le salon du patrimoine culturel, qui s'ouvre ce jeudi au Caroussel du Louvre à Paris. Doreur à l'or fin depuis sept ans, il gère bien son affaire, entre les commandes des particuliers, des églises et des châteaux.

Le salon du patrimoine culturel s'ouvre demain à Paris. C'est un évènement dédié aux professionnels de la restauration et de la sauvegarde du patrimoine . Il attire chaque année près de 25 000 visiteurs au Caroussel du Louvre. Cinq artisans icaunais ont été sélectionnés pour exposer leurs travaux lors de cette 22ème édition, qui se tient du 3 au 6 novembre 2016. Parmi eux, le doreur Stéphane Christophory, qui a ouvert son atelier en 2009 à Auxerre. Il restaure des meubles et des cadres anciens, en les dorant à la feuille d'or fin. Une technique ancienne mais encore très prisée aujourd'hui, à en juger par les affaires qui marchent.

Du Canada à l'Yonne

Stéphane Christophory est franco-canadien. Il grandit au Canada, et découvre le métier de doreur à l'or fin grâce à sa grand-mère. "Elle était comptable et avait un client qui était doreur. A 17 ans, j'ai fait un stage chez lui et essayé pour la première fois cette technique", raconte-t-il. Plus tard, il se met à exercer. Après avoir travaillé dix ans à Vancouver au Canada et fait un passage à New-York, il vient s'établir en France. "Ma mère est Auxerroise et j'ai de la famille dans l'Yonne", explique l'artisan. Il décide de s'installer à Auxerre et reprend en 2009 la boutique d'un doreur qui part à la retraite. L'atelier est situé rue Cochois, juste à côté de la préfecture.

La restauration du château de Fontainbleau

Le jeune doreur hérite de la clientèle de son prédécesseur mais très vite il développe son propre carnet de commandes. Il se met à travailler pour des gros chantiers de restauration du patrimoine:

J'ai travaillé pour le châteaux de Fontainebleau , celui de Compiègne et beaucoup pour les églises du coins. Pour les châteaux, je restaure surtout du mobilier ancien. Pour les églises,je m'occupe des reliques et pour les particuliers, il s'agit le plus souvent de cadres à dorer."

"Comme nous sommes peu de doreurs, il y a beaucoup de demandes", Stépahne Christophory

C'est d'ailleurs un cadre baroque, à moulures épaisses, que rénove Stéphane en ce moment. Avant de procéder au travail de dorure, il applique une colle de peau de lapin et de l'argile. "L'argile donne une couleur rouge en sous-couche et quand la dorure s'efface avec le temps, c'est ce qui rend le côté patiné", précise Stéphane. Il faut ensuite appliquer les feuilles d'or avec le plus grand soin: "les feuilles sont tellement fines, qu'on ne peut pas la magner avec les mains. Elles font un micron d'épaisseur". Alors, Stéphane utilise un pinceau large et très fin, avec lequel il rappe la feuille d'or, qui va ensuite s'accrocher grâce à la colle. Pour restaurer un cadre, il peut prendre quelques heures, comme plusieurs jours, selon la taille et le style de la bordure.

Les feuilles d'or, que Stéphane utilise , sont toutes fabriquées en France. Elles sont plus ou moins précieuses, selon leur grammage: "on utilise le plus souvent des alliages à base d'argent ou d'autres métaux. Mais il m'arrive aussi d'avoir des feuilles d'or pur de 24 carats." C'est cette matière première exceptionnelle qui l'a toujours fasciné: "les feuilles d'or sont si fines...Quand on voit le travail que l'on peut faire avec, on est bluffé", s'exclame-t-il.

Pour faire découvrir son métier passion, Stéphane Christophory accueille depuis cette année des clients ou des simples amateurs dans son atelier. Il propose des stages de pratique et d'observation, allant d'une journée à une semaine.

Ecoutez le reportage d'Elisa Brinai sur l'atelier de dorure de Stéphane Christophory