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Économie - Social

Un collectif dénonce les conditions d'accueil des mineurs isolés du centre d'Ouzouer-sur-Loire

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Par , France Bleu Orléans

"Affamés, coupés du monde", le COJIE dénonce les conditions de vie de la quarantaine de mineurs isolés hébergés au centre d'Ouzouer-sur-Loire, près d'Orléans.

Le centre pour mineurs isolés a ouvert en septembre.
Le centre pour mineurs isolés a ouvert en septembre. © Radio France - Manon Derdevet

Les mineurs isolés hébergés à Ouzouer-sur-Loire, près d'Orléans, sont-ils "enfermés" dans ce centre ? C'est en tout cas ce que dénonce le COJIE. Le Collectif de soutien aux jeunes isolés étrangers du Loiret a adressé une lettre, le 28 décembre dernier, au président du conseil départemental du Loiret. 

Dans ce courrier, il alerte sur les conditions de vie de la quarantaine d'adolescents "en souffrance" qui y réside. Ségolène Petit, membre du collectif, pointe de nombreux dysfonctionnements.

Ce sont des jeunes, tous adolescents, qui ont besoin d'être nourris correctement. Ils sont tous affamés.

Elle évoque un "problème très grave de _dénutrition_" chez certains jeunes, qui aurait été constaté par une infirmière à l'intérieur du centre. Et les problèmes ne s'arrêtent pas là, selon elle.

"Ce centre fait vraiment penser à un lieu d'enfermement"

Ségolène Petit affirme que dans le centre, les jeunes sont "coupés du reste du monde".

Ils n'ont pas la possibilité de téléphoner, de regarder la télévision, d'avoir le wifi, etc., alors qu'on sait qu'aujourd'hui, ce sont des moyens de communication qui aident à la socialisation.

Elle ajoute que les chambres manquent de mobilier, "les jeunes ne disposent que de caisses en plastique pour ranger leurs affaires". Mais aussi que les fenêtres de ces chambres sont "condamnées". 

Ce centre fait vraiment penser à un lieu d'enfermement. Il y a un total désœuvrement sur place.

La situation que décrit Ségolène Petit viendrait de signalements issus de l'intérieur du centre, huit "canaux différents : des enseignants, des éducateurs, des infirmières et des riverains qui connaissent ces jeunes."

Un accès au centre interdit aux externes ?

Le collectif n'a pas pu constater par lui-même. Ségolène Petit affirme que l'accès leur y est refusé, ce que dément le président du conseil départemental du Loiret, Marc Gaudet. Il dit n'avoir "rien à cacher" et assure par ailleurs s'être rendu dans le centre d'hébergement d'Ouzouer-sur-Loire. Et son constat est bien différent de celui dressé par le COJIE.

"Je trouve que _les termes employés par le COJIE sont assez exagérés_", à commencer par la question de la nourriture servie dans le centre, estime Marc Gaudet.

Les jeunes disent qu'ils n'ont pas assez à manger, c'est faux ! Ils n'aiment pas forcément ce qui leur est proposé donc un effort a été fait de la part du centre, mais évidemment, on ne mange pas que des frites ! 

Pour Marc Gaudet, ils doivent apprendre à vivre comme les autres jeunes qui résident à la campagne. "On me dit qu'ils sont loin de tout. Bah oui ! Comme les enfants qui vivent dans des villages éloignés de 30-40 km de Montargis, de Gien ou d'Orléans. Ces jeunes-là arrivent à s'épanouir à la campagne."

Des améliorations promises

Sur la question des équipements, Marc Gaudet l'assure, ils ont accès à la télévision. Mais ils n'ont pas forcément le choix du programme.

Certains voudraient regarder la télé-réalité ou des matchs de foot, pourquoi pas. Mais il faut que l'accès soit limité. L'idée d'Imanis - l'association qui gère le centre d'Ouzouer-sur-Loire - est quand même de faire en sorte qu'ils puissent voir des films culturels pour apprendre le français.

Le président du conseil départemental dit avoir exposé tous ces arguments aux adolescents du centre, le jour de sa visite. "Je leur ai expliqué qu'ils sont mineurs et que, donc, _ils doivent obéir à certaines règles_. J'ai fonctionné comme ça avec mes enfants, ça me paraît évident."

Le président du Conseil départemental promet des améliorations sur certains points, comme l'installation d'armoires à vêtements dans les chambres ou encore la mise en place du wifi, à condition que l'accès des jeunes à internet soit limité et contrôlé. Mais pour le COJIE, un autre problème majeur persiste : la question de l'utilité première de ce centre. 

Un accueil devenu permanent

A l'origine, il a été conçu pour être un "centre de mise à l'abri", selon le COJIE, c'est-à-dire destiné à héberger des jeunes dans l'attente d'une évaluation de leur âge, avec une prise en charge de 5 jours en moyenne. Mais aujourd'hui, la situation est bien différente assure Ségolène Petit. 

Les jeunes ne sont plus placés dans ce centre de manière provisoire. Désormais, une fois confiés à l'Aide sociale à l'enfance, ils y restent un an, deux ans, trois ans s'il le faut.

Lorsque le centre a ouvert, il y a 4 mois, en septembre 2019, il devait simplement prendre le relais des hôtels d'Orléans, parfois insalubres, dans lesquels étaient logés ces jeunes. Mais il ne devait pas devenir un centre d'hébergement permanent reconnait le président du conseil départemental du Loiret.

"Ce centre était prévu pour les jeunes qui arrivaient sur le sol français donc on servait de premier accueil dans le département, tient à rappeler Marc Gaudet. Mais comme il restait des places, nous avons décidé d'enlever des enfants logés en hôtel pour leur proposer une intégration dans ce centre."

Le président du conseil départemental envisage désormais de reloger une partie de ces jeunes. Aujourd'hui, dans le Loiret, 70 logements de fonction dans les collèges sont vacants. Marc Gaudet souhaite en mettre "une trentaine" à disposition des mineurs les plus "autonomes".

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