Économie – Social

Un couple de boulangers à la retraite obligé de se remettre au travail à Moëlan-sur-mer

Par Leila Mechaouri, France Bleu Breizh Izel et France Bleu lundi 12 octobre 2015 à 22:54

Marie-Louise et Fanch Gouyec renoncent à la retraite pour leur boulangerie.
Marie-Louise et Fanch Gouyec renoncent à la retraite pour leur boulangerie. - Leïla Méchaouri

Après six mois de retraite, un couple de boulangers a dû se résoudre à reprendre le travail vendredi dernier à Moëlan-sur-mer. Après 6 mois d'exploitation, le repreneur a jeté l'éponge.

Certains ont la chance de partir en préretraite, eux retournent au travail, après six mois de retraite ! C'est l'histoire d'un couple de boulangers de Moëlan-sur-mer.

En mars dernier, Marie-Louise et Fanch Gouyec ont loué leur boulangerie à un repreneur censé racheter le fonds de commerce. Ces jeunes retraités ont donc pu enfin lever le pied après 40 ans de dur labeur. A eux les voyages et les grasses matinées ! Enfin, c'est ce qu'ils pensaient ... Parce qu'au bout de six mois, le repreneur en question a rompu le contrat de location gérance.

"Un entracte qu'on espère le plus court possible"

A 64 et 65 ans, Marie-Louise et Fanch ont donc pris la décision de renfiler le tablier ! D'abord pour leurs trois salariés, mais aussi pour ne pas laisser mourir la boulangerie familiale, achetée par le grand-père de Fanch en 1905. "On prend un entracte qu'on espère le plus court possible, explique Marie-Louise. On ne regarde pas derrière et on fonce". Un entracte facilité par les nombreux témoignages de sympathie des clients, poursuit la commerçante : "la première cliente est arrivée à 7h30 avec un bouquet de fleurs et un petit poème. Nous étions presque en larmes dès l'ouverture".

"Fêter Noël le 25 décembre"

Depuis vendredi, il a fallu se réhabituer au réveil qui sonne à 3h du matin. "On commençait juste à apprécier de se lever avec le soleil", plaisante Fanch. Mais le couple reste optimiste et philosophe malgré tout. "Si ça ne s'est pas fait, c'est que ça ne devait pas se faire, relativise Marie-Louise. Ce n'était peut-être pas le bon moment pour partir". En attendant de retrouver leur retraite bien méritée, les boulangers de Moëlan-sur-mer rêvent aux voyages qu'ils aimeraient faire, "une semaine à Ouessant", et aux plaisirs simples auxquels ils aimeraient goûter, "comme fêter Noël le 25 décembre, et non en janvier".